Trump soutient enfin Infantino alors que le patron de la Fifa fait face à une rébellion du football mondial
Points clés
- •Trump a déclaré qu’il serait une « terrible erreur » de remplacer Infantino, saluant sa gestion de la Coupe du monde la plus réussie à ce jour.
- •Infantino a été contraint de mettre de côté un projet visant à lever 4 milliards de dollars en vendant 20 % de FIFA Forward Enterprise après une forte opposition des grandes confédérations.
- •Trois des quatre plus grandes confédérations de la Fifa ont retiré leur confiance à Infantino, tandis qu’il conserve le soutien de l’Afrique et de l’Amérique du Sud.
- •L’Uefa a accusé Infantino de chercher à s’enrichir après la révélation que Joshua Kushner, frère du gendre de Trump, figurait parmi les investisseurs proposés.
- •La Fifa prévoit un chiffre d’affaires de 15 milliards de dollars pour le cycle 2023-26, porté par la prochaine Coupe du monde, avec les prix de billets les plus élevés de l’histoire du tournoi.

Le président américain Donald Trump a publiquement apporté son soutien à Gianni Infantino, président de la Fifa, estimant qu’il serait « une terrible erreur » de remplacer le dirigeant fragilisé alors que trois des quatre plus grandes confédérations de la Fifa retirent leur confiance.
Infantino se bat pour conserver son poste après la réaction hostile suscitée par une proposition visant à vendre des parts dans une société nouvellement créée qui détiendrait les droits commerciaux de la Coupe du monde. La controverse a éclaté il y a deux semaines et s’est depuis intensifiée, l’opposition se renforçant au sein de l’Uefa européenne et d’autres grandes confédérations.
Dans un message sur les réseaux sociaux, Trump a écrit : « Fifa would be making a terrible mistake if, for any reason, they even considered replacing President Gianni Infantino. He is fantastic, having just presided over the most successful World Cup, by four times, ever presented. If he is gone, it will never be as successful or profitable again! »
Le président américain a développé une relation étroite avec Infantino alors que les États-Unis se préparaient à accueillir la Coupe du monde des clubs 2025 et la Coupe du monde 2026. L’an dernier, Infantino a remis à Trump le tout premier FIFA Peace Prize.
Infantino conserve le soutien de l’Afrique et de l’Amérique du Sud à l’approche des élections de l’an prochain. Ce soutien reflète le système de la Fifa fondé sur un membre, une voix, dans lequel chacune des 211 associations membres dispose d’une voix égale, indépendamment de sa taille ou de ses revenus, donnant aux petites fédérations qui bénéficient des programmes de développement de la Fifa une influence importante dans les élections présidentielles. La Fifa a fermement nié la semaine dernière qu’Infantino ait sollicité le soutien de Trump.
Expansion et tensions
Au cours de la décennie d’Infantino à la présidence, la Fifa a élargi les Coupes du monde masculine et féminine et transformé la Coupe du monde des clubs en tournoi à 32 équipes organisé tous les quatre ans. Cette Coupe du monde des clubs élargie, dont le lancement est prévu aux États-Unis en 2025, représente un nouveau produit commercial dont le potentiel de revenus n’a pas encore été éprouvé. Toutefois, cette expansion a généré des tensions avec les confédérations régionales — principalement l’Uefa — ainsi qu’avec les championnats nationaux, les clubs et les joueurs, qui ont exprimé leur frustration face à des décisions parfois unilatérales concernant le calendrier mondial du football et leurs conséquences. Les groupes de défense du bien-être des joueurs, dont le syndicat mondial des joueurs FIFPRO, ont par ailleurs averti de la pression croissante exercée sur les athlètes par un calendrier de plus en plus chargé.
Le point de rupture a été le projet d’Infantino de créer une entité commerciale dérivée, FIFA Forward Enterprise, et de lever 4 milliards de dollars en vendant 20 % du capital à des investisseurs privés. La proposition s’inscrivait dans une vague plus large de capitaux privés entrant dans le sport mondial, des ligues et fédérations du football, du golf et d’autres disciplines explorant des partenariats similaires. Parmi les investisseurs envisagés figurait Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, le gendre de Trump, un détail qui a amplifié la réaction hostile et a conduit l’Uefa à accuser Infantino de chercher à s’enrichir, ainsi que ses proches.
La vive opposition a contraint Infantino à mettre le projet de côté.
Infantino résiste aux appels à quitter la Fifa
La Fifa a défendu les plans désormais abandonnés comme un moyen d’augmenter les distributions financières à tous les pays membres et d’équilibrer les ressources dans l’ensemble du football. Les critiques ont rétorqué que l’organisation pourrait atteindre cet objectif sans investissement extérieur, compte tenu des milliards de dollars de réserves dont elle dispose.
La Coupe du monde de cet été devrait porter le chiffre d’affaires de la Fifa à 15 milliards de dollars pour le cycle 2023-26, soutenu par les prix des billets les plus élevés de l’histoire de la compétition.
Les opposants au sein des confédérations espèrent faire pression sur Infantino pour qu’il se retire, mais il n’a donné aucun signe de démission depuis le début de la crise il y a deux semaines. Avec des élections prévues en 2026, les prochains mois détermineront si la rébellion des confédérations fait émerger un concurrent crédible ou si la base de soutien d’Infantino parmi les associations membres reste solide.