L’administration Trump entre dans une nouvelle phase surréaliste, alors que le président défie les tribunaux, ses alliés et l’opinion publique
Points clés
- •La Cour suprême a jugé les droits de douane de Trump illégaux, mais le président continue de les présenter publiquement comme un succès.
- •Le taux d’approbation de Trump est resté sous les 50 % depuis le début du régime tarifaire le 1er avril 2025, les principaux sondages le situant actuellement entre 33 % et 38 %.
- •La procureure fédérale Jeanine Pirro a abandonné des accusations de vandalisme liées au bassin réfléchissant après qu’un dépôt au tribunal a attribué les dégâts à une mauvaise installation par un entrepreneur, ce qui a conduit Trump à la critiquer publiquement malgré l’absence de fondement factuel des accusations.
- •Le président Trump a refusé une aide en cas de catastrophe à des États dirigés par les démocrates, rompant avec une pratique bipartisane antérieure que des juristes jugent potentiellement illégale.
- •Après une cyberattaque iranienne contre des systèmes d’eau dans sept États, Trump a imputé l’incident au Minnesota plutôt qu’à l’Iran, une accusation rejetée par les responsables du Minnesota comme non fondée.

L’administration Trump est entrée dans ce que des critiques décrivent comme une nouvelle phase surréaliste, caractérisée par le refus du président de reconnaître des faits qui contredisent ses préférences — même lorsque ces faits concernent des décisions de justice, des taux d’approbation ou des membres de sa propre administration. Les épisodes ci-dessous illustrent un écart grandissant entre les affirmations présidentielles et les faits établis, soulevant des questions sur le fonctionnement du système constitutionnel de freins et contrepoids lorsqu’un président refuse de se soumettre à l’autorité judiciaire.
Droits de douane et taux d’approbation
Les droits de douane ont été une source importante de controverse. La Cour suprême les a jugés illégaux, mais lorsqu’on l’interroge sur son message économique, Donald Trump continue d’affirmer : "Tariffs have been incredible."
Le taux d’approbation de Trump a atteint pour la dernière fois la parité le 11 mars 2025, selon The New York Times. Depuis le 1er avril 2025 — date de début du régime tarifaire — son approbation est restée sous l’eau. The Times l’évalue actuellement à 38 %, tandis que l’AP la chiffre à 33 %. Une majorité d’Américains opposés aux droits de douane et à la hausse des prix qui en résulte devrait se retourner contre son parti lors des prochaines élections de mi-mandat. Les élections de mi-mandat de 2026, au cours desquelles le contrôle des deux chambres du Congrès sera en jeu, constitueront le premier test électoral national de la politique tarifaire et de l’orientation générale de l’administration.
L’incident du bassin réfléchissant
Les conséquences de l’approche présidentielle de la réalité se sont étendues à ses propres nominations. Jeanine Pirro, procureure des États-Unis pour le district de Columbia, avait pour mission de trouver un bouc émissaire pour la rénovation chaotique du bassin réfléchissant du Lincoln Memorial par l’administration. Elle a inculpé David Hearn, ancien Olympien, pour vandalisme.
Vendredi, Pirro a abandonné toutes les charges. Selon The Washington Post, un dépôt au tribunal indiquait que "the peeling of the liner was the result of a botched installation by a contractor rushing to finish the project ahead of celebrations to mark the nation's 250th anniversary." Le semi-quincentenaire — marquant les 250 ans de la Déclaration d’indépendance du 4 juillet 1776 — a été un moteur important de projets d’infrastructure et de commémoration à Washington, D.C. Pirro a reproché au secrétaire à l’Intérieur Doug Burgum de l’avoir induite en erreur. Burgum a ensuite contredit publiquement le dépôt judiciaire, affirmant qu’il s’agissait bien d’un vandalisme.
Trump a ensuite critiqué Pirro — ancienne personnalité de Fox News — en disant qu’elle avait "choked" et "folded like an umbrella," malgré l’absence de fondement factuel des accusations visant Hearn. Le président a réaffirmé son autorité par cette déclaration : "I'm the president and you're not."
Aide en cas de catastrophe et gouvernance partisane
Trump a accusé des villes et des États dirigés par les démocrates d’être "really the threat to the country". Il a également refusé une aide en cas de catastrophe à des États dirigés par les démocrates, ce que des juristes ont signalé comme potentiellement illégal. Les déclarations fédérales de catastrophe sont régies par le Robert T. Stafford Disaster Relief and Emergency Assistance Act, et les présidents des deux partis les ont historiquement approuvées sans tenir compte de l’orientation politique de l’État touché, ce qui fait de ces refus une rupture nette avec la pratique antérieure.
Attribution de la cyberattaque
L’Iran aurait lancé une cyberattaque contre des systèmes d’eau au Minnesota et dans six autres États, selon The New York Times. Cependant, Trump n’a pas accusé l’Iran — un pays avec lequel les États-Unis sont déjà en conflit. Il a plutôt accusé le Minnesota, suggérant que l’État s’était attaqué lui-même.
"You know who's behind it?" a déclaré Trump. "Minnesota, because they're grossly incompetent." Les responsables du Minnesota, dont le gouverneur Tim Walz, ont rejeté l’accusation comme non fondée. Les cyberattaques visant des infrastructures critiques comme les réseaux d’eau constituent une préoccupation croissante pour les agences fédérales de sécurité, et l’attribution exacte de tels incidents est considérée comme essentielle à la fois pour la dissuasion et pour une réponse coordonnée.
Conseils alimentaires pour les puissants
The New York Times Magazine a récemment publié un article sur Sean O'Mara, qui fournit des conseils alimentaires à des personnes décrites comme "the most powerful men in America" et qui suivent un régime consistant à "eating only steak and sauerkraut." O'Mara a qualifié ce régime de "eating healthy" et a déclaré au journaliste Willy Staley : "you don't need toilet paper." Il a également décrit les résultats digestifs de ses clients comme "nearly orgasmic."
Le portrait qui se dégage de ces épisodes — des droits de douane jugés illégaux mais loués, des accusations abandonnées puis critiquées, une cyberattaque étrangère imputée à l’État victime, et des habitudes alimentaires mises en avant dans des publications de prestige — est celui d’une administration qui agit selon ses propres termes, indépendamment des faits, des décisions de justice ou de l’opinion publique.