ActualitésActionsL'action Tesla (TSLA) recule alors que le kilométrage du Robotaxi accuse un retard de 10,5 fois sur Waymo avant le lancement du Cybercab

L'action Tesla (TSLA) recule alors que le kilométrage du Robotaxi accuse un retard de 10,5 fois sur Waymo avant le lancement du Cybercab

Auteur: Coincentral·

Points clés

  • Tesla a reculé de 0,72 % à 336,87 dollars alors que les investisseurs évaluaient ses efforts en matière de Robotaxi face à l'avantage d'échelle de Waymo.
  • Tesla a enregistré environ 380 000 miles payés sans supervision humaine, tandis que Waymo parcourt environ 4 millions de miles par semaine sans conducteur.
  • Waymo exploite des services payants dans 10 villes et rapporte environ 500 000 courses payées par semaine, contre six villes pour Tesla en opérations sans supervision.
  • Tesla pourrait lancer ce mois-ci des trajets en Cybercab réservés aux employés à Austin, le service public suivant potentiellement plus tard.
  • Les règles de sécurité américaines et les enquêtes de la NHTSA sur le logiciel Full Self-Driving de Tesla et ses opérations Robotaxi ajoutent une incertitude réglementaire au déploiement.
L'action Tesla (TSLA) recule alors que le kilométrage du Robotaxi accuse un retard de 10,5 fois sur Waymo avant le lancement du Cybercab

Les actions Tesla (TSLA) ont été sous pression mardi alors que les investisseurs pesaient les ambitions croissantes de l'entreprise en matière de Robotaxi face à un écart important d'activité de conduite autonome par rapport au Waymo d'Alphabet. Le titre a reculé de 0,72 % à 336,87 dollars, alors même que des rapports évoquaient un possible déploiement du service Cybercab de Tesla en août à Austin.

Les derniers chiffres mettent en évidence le défi auquel Tesla est confrontée pour transformer sa stratégie de conduite autonome en une véritable activité commerciale. Tesla a accumulé environ 380 000 miles payés parcourus sans supervision humaine, tandis que Waymo enregistre environ 4 millions de miles par semaine sans conducteur à bord. Sur cette mesure, le kilométrage hebdomadaire de Waymo représente environ 10,5 fois le total cumulé sans supervision de Tesla.

Cet écart reflète aussi deux paris d'ingénierie différents. Les véhicules de Waymo combinent lidar, radar et caméras avec des zones de service cartographiées à l'avance, une approche bâtie autour de zones d'exploitation strictement délimitées, tandis que le système de Tesla repose sur des caméras et des réseaux de neurones que l'entreprise estime pouvoir être répliqués sur l'ensemble de sa flotte à moindre coût. Cette différence de stratégie explique en partie pourquoi le kilométrage sans supervision est devenu un étalon commun pour comparer les deux programmes.

L'échelle du Robotaxi reste déterminante

Cette différence de kilométrage compte, car les investisseurs regardent de plus en plus au-delà de la capacité de Tesla à fabriquer des véhicules autonomes et s'interrogent sur la possibilité que ces véhicules génèrent une activité commerciale régulière. Une flotte importante ne garantit pas à elle seule des revenus significatifs si les véhicules passent trop de temps à l'arrêt ou nécessitent des interventions humaines fréquentes.

Tesla a indiqué que ses opérations au Texas pourraient à terme produire plus de 125 000 Cybercabs par an. Cette capacité pourrait offrir à l'entreprise une marge d'expansion considérable, à condition que les approbations réglementaires, la demande des clients et les performances autonomes évoluent comme prévu.

Les chiffres actuels du Robotaxi de Tesla montrent toutefois que l'entreprise reste derrière Waymo en termes d'échelle opérationnelle. Tesla a rapporté près de 2,5 millions de miles Robotaxi payés jusqu'au deuxième trimestre, mais seulement environ 380 000 de ces miles ont été parcourus sans supervision. Waymo, de son côté, a établi une empreinte commerciale plus vaste, exploitant des services payants dans 10 villes contre six villes pour Tesla en opérations sans supervision, et s'est développée en partie grâce à des partenariats, ses services d'Austin et d'Atlanta étant réservés via l'application Uber. Waymo a également rapporté environ 500 000 courses payées par semaine, offrant aux investisseurs une image plus claire de son utilisation commerciale actuelle.

L'effort commercial propre de Tesla reste jeune : l'entreprise a commencé à facturer des trajets Robotaxi à Austin en juin 2025, d'abord avec des agents de sécurité à bord, avant d'étendre le service à d'autres marchés. Le paysage concurrentiel s'élargit également : Zoox, propriété d'Amazon, teste un robotaxi conçu spécialement, et l'Apollo Go de Baidu exploite des courses payées dans plusieurs villes chinoises.

Le déploiement du Cybercab à l'épreuve

Le déploiement à venir du Cybercab de Tesla pourrait constituer un test important de la capacité de l'entreprise à combler cet écart. Des rapports indiquent que Tesla pourrait lancer ce mois-ci des trajets à Austin réservés aux employés, les opérations publiques pouvant suivre peu après.

Le Cybercab, dévoilé pour la première fois par Tesla en octobre 2024, rompt radicalement avec les véhicules conventionnels, car il est conçu sans volant ni pédales, et Tesla a indiqué viser un prix inférieur à 30 000 dollars pour ce véhicule deux places. Cette conception rend le véhicule fortement dépendant des systèmes autonomes, de l'assistance à distance et de l'infrastructure de flotte associée. Un lancement réservé aux employés donnerait donc à Tesla l'occasion de tester le véhicule en conditions réelles avant de tenter un déploiement commercial plus large. Un tel déploiement ne démontrerait toutefois pas nécessairement que Tesla a atteint le niveau d'utilisation nécessaire pour rivaliser avec les opérateurs de Robotaxi établis.

La réglementation ajoute une couche supplémentaire. Les normes américaines de sécurité des véhicules à moteur ont été rédigées en partant du principe que les voitures disposent de commandes de direction, et le processus d'exemption pour les véhicules qui en sont dépourvus a historiquement été plafonné à 2 500 véhicules par an, soit une petite fraction de la capacité texane évoquée par Tesla. La National Highway Traffic Safety Administration a en outre ouvert des enquêtes concernant le logiciel Full Self-Driving de Tesla et ses opérations Robotaxi, ajoutant une dimension réglementaire au déploiement à Austin.

Les investisseurs attendent des preuves plus solides

Les actions de Tesla restent bien en deçà de leur plus haut sur 52 semaines de 498,83 dollars, malgré l'optimisme persistant entourant l'intelligence artificielle et la conduite autonome. Les attentes de Wall Street demeurent également partagées, reflétant l'incertitude sur la rapidité avec laquelle Tesla peut convertir ses capacités technologiques et industrielles en un réseau de Robotaxi à grande échelle.

La capacité de l'entreprise à produire des milliers de Cybercabs pourrait à terme réduire l'écart opérationnel avec Waymo, mais la capacité de production n'est qu'une partie de l'équation. Les investisseurs devraient se concentrer de plus en plus sur des indicateurs tels que les miles sans supervision, les courses par véhicule, les taux d'utilisation et les revenus générés par trajet.

Pour Tesla, le déploiement du Cybercab pourrait marquer une transition importante, des promesses en matière de conduite autonome vers une performance commerciale mesurable. Tant que l'entreprise ne démontre pas une croissance soutenue de l'activité sans supervision, l'écart de kilométrage de 10,5 fois avec Waymo restera un obstacle majeur pour son scénario d'investissement Robotaxi.

Source : CoinCentral