ActualitésMatières premières et ForexLes prix du pétrole rebondissent modestement mais se dirigent vers un deuxième recul hebdomadaire consécutif dans le contexte de la crise du détroit d'Ormuz

Les prix du pétrole rebondissent modestement mais se dirigent vers un deuxième recul hebdomadaire consécutif dans le contexte de la crise du détroit d'Ormuz

Auteur: ForexLive·

Points clés

  • L'accord sur le détroit d'Ormuz reste non ratifié, les données de suivi indépendant des navires faisant apparaître des transits journaliers à un seul chiffre depuis le 3 août, reflétant un quasi-arrêt total dans un point d'étranglement responsable d'environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole.
  • L'Iran fait avancer une législation qui interdirait aux navires américains, israéliens et autres navires désignés comme hostiles d'utiliser la voie de transit convenue avec Oman, avec des amendes proposées pouvant atteindre 20 % de la valeur de la cargaison en cas de non-conformité.
  • Le bruté WTI se dirige vers une baisse hebdomadaire de près de 10 % malgré un gain intraday de 1,5 %, les marchés ayant privilégié les titres diplomatiques optimistes par rapport à la perturbation de l'offre physique en cours.
  • Plusieurs navires ont été touchés ou visés par des projectiles lors de leur transit par le détroit, y compris ceux empruntant le couloir omanais désigné, ce qui fait de la perturbation actuelle la plus grave d'une série d'escalades périodiques au cours des dernières années.
  • Les conditions sur le terrain dans le détroit d'Ormuz ont peu changé depuis mars malgré les efforts américains pour présenter la situation comme en progrès, avec cinq semaines supplémentaires de resserrement de l'offre désormais cumulées sur le marché.
Les prix du pétrole rebondissent modestement mais se dirigent vers un deuxième recul hebdomadaire consécutif dans le contexte de la crise du détroit d'Ormuz

L'accord sur le détroit d'Ormuz reste non résolu, malgré des rapports indiquant que les voies de navigation ont été acceptées en principe par l'Iran et Oman. Le texte final de l'accord n'a pas encore été approuvé, et le calendrier de mise en œuvre demeure incertain. Dans l'intervalle, le trafic des navires à travers le détroit — par lequel transite normalement environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole — continue de fonctionner à un quasi-arrêt total.

Les données de suivi indépendant des navires depuis le 3 août font apparaître des moyennes journalières à un seul chiffre de bâtiments transitant par le détroit d'Ormuz. Bien que ces chiffres excluent la flotte fantôme et les transits clandestins — des pétroliers opérant en dehors des systèmes conventionnels de suivi AIS et des cadres d'assurance occidentaux —, ils soulignent la gravité de la perturbation et contrastent fortement avec l'optimisme dégagé par les récentes déclarations du président américain Donald Trump.

Le bras de fer persistant fait suite à de multiples incidents au cours desquels des navires ont été touchés ou visés par des projectiles alors qu'ils tentaient de transiter par le détroit, y compris ceux empruntant le couloir omanais désigné. Le détroit d'Ormuz a été un point de récidive d'incidents de sécurité maritime sur plusieurs années, ce qui fait de la perturbation actuelle la plus aiguë d'une série d'escalades périodiques.

Pour aggraver l'incertitude, l'Iran fait avancer une législation qui interdirait aux navires américains, israéliens et autres navires désignés comme « hostiles » d'utiliser la voie de transit convenue avec Oman. Le projet de loi prévoirait des amendes pouvant atteindre 20 % de la valeur de la cargaison pour les tentatives de transit non autorisées ou non conformes. Une telle mesure, si elle était adoptée, créerait un régime de transit à deux vitesses dans lequel l'éligibilité des navires dépendrait de l'État du pavillon et de la propriété, compliquant la conformité pour les armateurs internationaux.

Malgré ces conditions, les marchés pétroliers ont continué de réagir aux signaux les plus optimistes émanant de Trump. Le bruté WTI se traite 1,5 % plus haut aujourd'hui, mais reste en passe de clôturer la semaine en baisse de près de 10 %, marquant des reculs hebdomadaires consécutifs. Les références mondiales ont évolué en sympathy, le recul hebdomadaire reflétant un réajustement plus large du marché face à l'écart entre les titres diplomatiques et la perturbation de l'offre physique.

Un schéma technique notable s'est dessiné au cours des deux dernières semaines : les prix du pétrole ont ouvert avec des baisses en creux significatives et n'ont pas réussi à combler ces écarts d'ici la fin de chaque semaine. Cela suggère que les traders pondèrent actuellement davantage les titres optimistes que la réalité opérationnelle dans le détroit d'Ormuz. Une dynamique similaire a été observée en juin, avant que les conditions ne changent rapidement en juillet — ce qui soulève la possibilité que les marchés sous-estiment les risques associés à une prolongation de l'impasse actuelle.

À l'échelle horaire, le bruté WTI est repassé au-dessus de sa moyenne mobile de 100 heures aujourd'hui, offrant aux acheteurs une base technique potentielle pour viser le seuil des 80 $.

En fin de compte, la trajectoire dépend de l'évolution des relations entre les États-Unis et l'Iran. Bien que les États-Unis aient cherché à présenter la situation comme progressant vers une fin du conflit, les conditions sur le terrain ont peu changé — voire pas du tout — depuis mars. Au mieux, la situation revient à des circonstances similaires à celles établies à la fin du mois de juin.

La différence clé est que cinq semaines supplémentaires de resserrement de l'offre se sont ajoutées au marché, avec un potentiel de retards supplémentaires. Ce risque est particulièrement prononcé si l'Iran maintient son approche actuelle consistant à prolonger le statu quo dans le détroit d'Ormuz — un point d'étranglement dont la perturbation s'est historiquement traduite par des primes de prix qui persistent bien au-delà de la résolution de l'incident immédiat.