La Corée du Sud envisage un projet de centrale à gaz de 19,8 milliards de dollars au Texas comme premier investissement aux États-Unis
Points clés
- •Le projet texan devrait être le premier investissement de la Corée du Sud dans le cadre de son engagement stratégique d’investissement aux États-Unis.
- •Le développement prévu à Encinal, au Texas, coûterait 19,8 milliards de dollars et aurait une capacité de production de 6,4 gigawatts.
- •La Corée du Sud devrait investir via une participation dans un véhicule à usage spécial, mais la contribution finale et le niveau de participation restent en discussion.
- •La première phase du projet devrait commencer son exploitation commerciale en 2030, le site et l’approvisionnement en gaz naturel à long terme étant déjà sécurisés.
- •Un complexe de centres de données voisin pourrait générer une demande d’électricité à long terme et soutenir des revenus stables pour le projet.

La Corée du Sud est proche d’une décision de soutenir un projet de centrale électrique au gaz de 19,8 milliards de dollars au Texas, qui constituerait le premier investissement au titre de son engagement stratégique d’investissement aux États-Unis, selon des sources gouvernementales et industrielles mardi.
Le projet, prévu à Encinal, au Texas, aurait une capacité de production de 6,4 gigawatts et fait l’objet de discussions finales entre Séoul et Washington.
La Corée devrait investir dans le projet par le biais d’une participation au capital dans un véhicule à usage spécial, tandis que de grandes entreprises coréennes d’ingénierie et de construction d’installations devraient également y prendre part. L’investissement devrait être financé par le fonds stratégique d’investissement américain de la Corée, mais le montant de la contribution de Séoul et la participation au capital restent en discussion.
Le ministre de l’Industrie Kim Jung-kwan a évoqué le projet avec le secrétaire américain au Commerce Howard Lutnick et le secrétaire à l’Énergie Chris Wright lors d’une visite à Washington du 22 juillet à samedi, alors que les deux parties travaillaient sur sa structure de financement et sa viabilité commerciale.
Selon des sources, le développement comprendrait 1.4 GW de capacité de turbines à gaz et 5 GW de production à cycle combiné. Le site et l’approvisionnement en gaz naturel à long terme ont déjà été sécurisés, et la première phase devrait commencer son exploitation commerciale en 2030.
Le projet suscite l’intérêt à Séoul car il offre une voie relativement claire vers des rendements stables.
Un complexe de centres de données d’une capacité allant jusqu’à 5 GW est prévu à proximité, créant une importante source de demande d’électricité à long terme. Des accords d’achat d’électricité avec des exploitants de centres de données pourraient ապահովer des revenus réguliers pendant plus d’une décennie, contribuant à satisfaire l’exigence de Séoul selon laquelle les investissements à l’étranger doivent être commercialement viables, ont déclaré des responsables du secteur.
Kim a mis en avant cette logique lors de son déplacement aux États-Unis, déclarant aux journalistes que les projets aux flux de trésorerie stables étaient plus attractifs et que les projets énergétiques disposaient d’un avantage sur ce plan.
Pour les États-Unis, le projet ajouterait de nouvelles capacités de production au Texas, alors que la demande d’électricité augmente fortement parallèlement à l’expansion des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle. S’il avançait, il deviendrait également un premier test du cadre d’investissement stratégique Corée du Sud–États-Unis, conçu pour orienter des capitaux sud-coréens à grande échelle vers des projets américains tout en les maintenant sur des bases commerciales.
L’investissement serait réalisé dans le cadre du dispositif d’investissement stratégique Corée du Sud–États-Unis convenu dans le cadre de l’accord tarifaire de l’an dernier. La Corée s’est engagée à investir au total 350 milliards de dollars aux États-Unis dans le cadre de cet accord, dont 150 milliards de dollars pour la coopération dans la construction navale et 200 milliards de dollars pour des projets stratégiques plus larges.
Séoul a depuis adopté une législation pour soutenir le programme d’investissement et lancé la Korea-U.S. Strategic Investment Corp. afin d’en superviser la mise en œuvre.
Le projet texan pourrait être examiné par le comité bilatéral d’investissement stratégique dès août. Il serait ensuite soumis à un examen supplémentaire des États-Unis et à l’approbation présidentielle avant d’être officiellement désigné comme le premier projet dans le cadre de ce dispositif.
Un responsable du ministère de l’Industrie a indiqué que Séoul restait en étroite consultation avec Washington, mais que ni les détails finaux du projet ni le calendrier d’une annonce n’avaient été arrêtés.