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La guerre fait baisser la production pétrolière saoudienne et grimper ses recettes

Auteur: OilPrice.com·

Points clés

  • Le déficit budgétaire du T2 de l’Arabie saoudite est tombé à 34,3 milliards de riyals contre 125,7 milliards de riyals au T1, grâce à une hausse trimestrielle de 28% des recettes pétrolières et à une baisse des dépenses de 3,5%.
  • La fermeture du détroit d’Ormuz après des attaques iraniennes a perturbé les exportations saoudiennes et fait reculer le secteur pétrolier de près de 25%, entraînant l’ensemble de l’économie.
  • Le Royaume a contourné le détroit en acheminant son brut via son oléoduc Est-Ouest vers le port de Yanbu, sur la mer Rouge, ce qui lui a permis d’obtenir des prix nettement plus élevés sur des volumes réduits.
  • EFG Hermes estime que l’Arabie saoudite a désormais besoin de prix du pétrole proches de 115 dollars le baril pour couvrir ses dépenses, contre environ 96 dollars l’an dernier.
  • Le FMI prévoit que la hausse des prix compensera largement la baisse des volumes exportés, ramenant le déficit à 3,7% du PIB cette année et à 3,1% en 2027.
La guerre fait baisser la production pétrolière saoudienne et grimper ses recettes

Le déficit budgétaire trimestriel de l’Arabie saoudite a diminué de près des trois quarts au deuxième trimestre, porté par l’envolée des prix du pétrole provoquée par le même conflit qui a frappé l’industrie pétrolière du Royaume et entraîné sa plus forte contraction économique depuis la pandémie de COVID-19.

Le ministère des finances a fait état d’un déficit de 34,3 milliards de riyals (9,1 milliards de dollars) sur les trois mois se terminant en juin, en nette baisse par rapport aux 125,7 milliards de riyals enregistrés au premier trimestre. Les recettes pétrolières ont augmenté de 28% par rapport au trimestre précédent, à mesure que les prix du brut montaient, tandis que les dépenses publiques ont reculé de 3,5%. Les revenus pétroliers représentent généralement la majeure partie des recettes de l’État saoudien, ce qui rend la situation budgétaire du Royaume très sensible aux variations du marché du brut.

Le conflit s’est révélé pénalisant pour la production, mais favorable aux prix. La production pétrolière saoudienne reste bien inférieure à son niveau d’avant-guerre après les attaques iraniennes et la fermeture du détroit d’Ormuz, un point de passage par lequel transite normalement environ un cinquième de l’offre mondiale de pétrole, ce qui a gravement perturbé les exportations. Le secteur pétrolier s’est contracté de près de 25% au cours du trimestre, entraînant le reste de l’économie dans son sillage.

L’Arabie saoudite a néanmoins trouvé des solutions pour acheminer au moins une partie de ses barils vers le marché. Et le prix ? Plutôt avantageux. Le Royaume a redirigé son brut via des oléoducs jusqu’au port de Yanbu, sur la mer Rouge, en contournant le détroit grâce à son infrastructure du pipeline Est-Ouest, ce qui lui a permis d’obtenir des prix nettement plus élevés sur des volumes réduits. Le Brent s’échangeait près de 90 dollars le baril jeudi et affiche une hausse de plus de 47% depuis le début de l’année.

Le budget n’est toutefois pas encore équilibré. EFG Hermes estime que l’Arabie saoudite a désormais besoin d’un prix du pétrole proche de 115 dollars le baril pour couvrir ses dépenses, contre environ 96 dollars l’an dernier. Riyad a dépensé massivement au cours des premières semaines de la guerre, et les dépenses du deuxième trimestre restaient 11% supérieures à celles de la même période l’an dernier.

Le Royaume a déjà संकेत qu’une partie des projets Vision 2030 pourrait être retardée, réduite ou abandonnée si les chiffres cessent d’être cohérents.

Le FMI estime que la hausse des prix compensera largement la baisse des volumes exportés, ramenant le déficit à 3,7% du PIB cette année et à 3,1% en 2027.

L’Arabie saoudite produit moins de pétrole, en tire davantage de revenus et affiche un déficit plus faible alors même que son économie se contracte. La logique pétrolière, tout simplement.

Par Julianne Geiger pour Oilprice.com