L’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie vont signer un accord de coopération de défense
Points clés
- •L’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie devraient signer vendredi un accord de coopération de défense commun, dans un contexte de tensions régionales croissantes liées au conflit impliquant l’Iran.
- •Le pacte trilatéral marque une étape importante dans les relations entre Ankara et Riyad, qui sont restées tendues pendant des années après le meurtre de Jamal Khashoggi en 2018, avant qu’un rapprochement ne commence en 2021.
- •Chaque partenaire apporte des atouts stratégiques majeurs à l’alliance, l’Arabie saoudite étant le premier exportateur mondial de pétrole, la Turquie la deuxième force militaire de l’OTAN et le Pakistan le seul pays musulman doté de l’arme nucléaire.
- •Le trafic maritime dans le détroit d’Hormuz a encore diminué cette semaine, avec seulement six pétroliers de brut ayant franchi le détroit en sortie, dans un contexte d’incertitude autour des négociations entre les États-Unis et l’Iran.
- •Le parlement iranien examine des propositions qui interdiraient aux navires américains et israéliens de transiter par le détroit d’Hormuz et imposeraient des compensations à d’autres pays jugés hostiles à l’Iran.

L’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie devraient signer vendredi un accord de coopération de défense commun, selon Reuters, citant des sources proches du dossier. L’accord intervient dans un contexte de troubles croissants au Moyen-Orient déclenchés par la guerre en cours impliquant l’Iran.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan est arrivé vendredi à Djeddah pour une visite officielle, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.
Les engagements précis de chaque pays dans le cadre de l’accord n’étaient pas immédiatement clairs. Les trois pays, majoritairement des puissances musulmanes sunnites, ont exprimé une inquiétude croissante face à l’instabilité régionale découlant du conflit entre les États-Unis et Israël d’une part, et l’Iran, majoritairement musulman chiite, d’autre part. L’alignement trilatéral marque une étape notable pour Ankara et Riyad, dont les relations ont été tendues pendant des années après le meurtre en 2018 du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat saoudien d’Istanbul, avant qu’un processus de rapprochement ne commence en 2021.
Chaque pays apporte un poids stratégique important à ce partenariat. L’Arabie saoudite est le premier exportateur mondial de pétrole brut, la Turquie dispose de la plus grande armée de l’OTAN après les États-Unis, et le Pakistan est le seul pays à majorité musulmane doté de l’arme nucléaire. Le Pakistan et l’Arabie saoudite entretiennent des liens de défense de longue date, Islamabad considérant historiquement la sécurité territoriale du royaume comme une priorité stratégique.
Le conflit au Moyen-Orient recompose les alliances régionales, les pays cherchant à se protéger des attaques et à s’assurer des partenaires puissants pour contrer les menaces émergentes. Le Pakistan a tenté de jouer les médiateurs dans les discussions entre les États-Unis et l’Iran tout en négociant avec Téhéran le passage de cargaisons de produits énergétiques à travers le détroit d’Hormuz. Le détroit, qui assure normalement environ un cinquième de la consommation mondiale quotidienne de pétrole, reste largement fermé, le trafic étant resté faible plus de cinq mois après le début de la guerre, le 28 février.
Le trafic maritime dans le détroit d’Hormuz a encore reculé cette semaine par rapport à la semaine précédente, sur fond d’incertitude entourant les négociations entre les États-Unis et l’Iran et d’une éventuelle réouverture du principal point d’étranglement du pétrole et du GNL au Moyen-Orient. Selon des données de suivi maritime de Kpler citées par Reuters, seulement six pétroliers transportant du brut ont franchi le détroit d’Hormuz en sortie à ce stade de la semaine.
Le trafic maritime dans le détroit d’Hormuz et dans le détroit de Bab el-Mandeb s’est fortement détérioré plus tôt cette semaine, après la revendication des Houthis selon laquelle ils avaient touché un pétrolier saoudien en mer Rouge, et alors que l’on espérait qu’Oman et l’Iran puissent parvenir à un accord sur la gestion conjointe d’Hormuz.
Jeudi, l’Iran a laissé entendre un régime de circulation maritime bien plus restrictif que prévu, avec des propositions examinées par son parlement visant à interdire le transit des navires américains et israéliens dans le détroit, tandis que les autres pays jugés par Téhéran comme lui ayant porté préjudice devraient verser une compensation pour emprunter Hormuz.
Par Charles Kennedy pour OilPrice.com