La RBA maintient ses taux à 4,35 %, la gouverneure Bullock avertit qu'une nouvelle hausse est « tout à fait possible »
Points clés
- •La RBA a maintenu son taux directeur à 4,35 % lors d'une deuxième réunion consécutive, un niveau représentant l'un des coûts d'emprunt australiens les plus élevés depuis plus d'une décennie.
- •La gouverneure Michele Bullock a indiqué qu'une nouvelle hausse des taux était « tout à fait possible », le conseil ayant activement discuté d'une hausse lors de cette réunion plutôt que de simplement maintenir le statu quo.
- •Les prévisions révisées de la RBA prévoient un retour de l'inflation dans la fourchette cible de 2 % à 3 % au deuxième semestre de l'année prochaine, pour ralentir à 3,6 % d'ici la fin de l'année et à 2,6 % d'ici la fin de 2027.
- •Les marchés des swaps ont évalué à environ 50 % la probabilité d'une hausse des taux d'ici novembre et à 80 % la probabilité d'un mouvement d'ici le début de l'année prochaine.
- •La posture stricte de la RBA contraste avec une tendance mondiale plus large dans laquelle plusieurs grandes banques centrales ont commencé à signaler ou à mettre en œuvre des baisses de taux.

Par Stella Qiu et Wayne Cole
SYDNEY, 11 août (Reuters) — La Banque de réserve d'Australie (RBA) a maintenu son taux directeur inchangé à 4,35 % lors d'une deuxième réunion consécutive mardi, un niveau qui figure parmi les coûts d'emprunt australiens les plus élevés depuis plus d'une décennie, notant que l'économie ralentissait conformément aux attentes, tout en avertissant qu'une nouvelle hausse des taux reste envisageable s'il est nécessaire de maîtriser l'inflation.
Lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion, la gouverneure de la RBA, Michele Bullock, a adopté une posture stricte, déclarant qu'elle pensait personnellement qu'il était « tout à fait possible » que les taux doivent augmenter à nouveau — gardant ainsi ouverte la perspective d'une quatrième hausse cette année.
« Et nous relèverons les taux à nouveau si nécessaire. Et je pense personnellement qu'il est tout à fait possible que nous devions le faire, mais nous attendrons de voir ce que les données nous disent », a déclaré Mme Bullock.
En clôturant sa réunion de politique monétaire d'août, la RBA a souligné que la demande globale devait rester modérée pour atténuer les pressions sur les capacités. La banque centrale s'est engagée à faire tout ce qui est nécessaire pour ramener l'inflation dans sa fourchette cible, y compris de nouvelles hausses du taux directeur si les risques à la hausse se concrétisent.
La décision unanime de maintenir les taux était largement anticipée. Les marchés s'étaient positionnés pour un statu quo après que les données d'inflation du deuxième trimestre sont ressorties inférieures aux prévisions et que le marché immobilier s'est affaibli plus fortement que ce que les décideurs politiques avaient projeté.
Mme Bullock a noté que, contrairement à juin, le conseil a activement discuté d'une hausse des taux lors de cette réunion, citant la ré-escalade du conflit au Moyen-Orient comme facteur. Elle a déclaré que le conseil réfléchissait sérieusement au moment où il pourrait être approprié de relever les taux.
La RBA a déjà relevé ses taux de 75 points de base cette année, annulant complètement l'assouplissement monétaire mis en œuvre en 2025, alors qu'elle lutte contre des pressions inflationnistes persistantes largement impulsées par la flambée des coûts de l'énergie. Le mois dernier, Mme Bullock a indiqué qu'un ralentissement économique supplémentaire pourrait être nécessaire pour faire baisser l'inflation.
Cette posture stricte contraste avec une tendance mondiale plus large dans laquelle plusieurs grandes banques centrales avaient commencé à signaler ou à mettre en œuvre des baisses de taux, laissant la RBA comme l'une des autorités monétaires les plus explicitement orientées vers le resserrement parmi les économies développées.
Réaction des marchés
Le dollar australien est resté stable à 0,7055 $, tandis que les rendements des obligations d'État à 3 ans ont grimpé de 2 points de base pour s'établir à 4,572 %.
Suite aux commentaires stricts de Mme Bullock, les marchés des swaps ont commencé à évaluer à environ 50 % la probabilité d'une hausse des taux d'ici novembre, avec une probabilité de 80 % d'un mouvement d'ici le début de l'année prochaine.
Ralentissement du logement et risques concurrents
Des coûts d'emprunt élevés ont mis fin brutalement à un boom immobilier record. La baisse des taux de réussite des ventes aux enchères, une chute brutale des demandes de prêt et une diminution des volumes de ventes indiquent tous des conditions de plus en plus difficiles à venir.
Contrebalançant ces signes de faiblesse, la consommation des ménages est restée solide et le marché du travail continue de créer des emplois. Pendant ce temps, la ré-escalade du conflit au Moyen-Orient a maintenu les décideurs en alerte face aux potentiels effets de transmission des prix plus élevés du pétrole vers des secteurs plus larges de l'économie.
Les données d'inflation du deuxième trimestre — étroitement surveillées par les marchés et les décideurs politiques — ont surpris à la baisse, offrant à la RBA une marge de manœuvre pour faire une pause ce mois-ci.
Prévisions d'inflation mises à jour
Les projections révisées de la RBA montrent désormais un retour de l'inflation dans la fourchette cible de 2 % à 3 % au cours du deuxième semestre de l'année prochaine, un calendrier que Mme Bullock a qualifié de « raisonnable » compte tenu de la série de chocs économiques de ces dernières années. Avec une inflation globale encore à 3,9 % au deuxième trimestre — soit près d'un point de pourcentage complet au-dessus du sommet de la fourchette cible — le chemin du retour vers l'objectif reste le défi politique central qui façonne la position de la RBA.
L'inflation des prix à la consommation devrait ralentir à 3,6 % d'ici la fin de l'année, contre 3,9 % au deuxième trimestre, et se réduire davantage pour atteindre 2,6 % d'ici la fin de 2027.
« La décision d'aujourd'hui ne doit pas être interprétée comme un feu vert concernant l'inflation, car la Banque de réserve a signalé qu'elle reste attentive aux risques à la hausse et prête à intervenir », a déclaré Cherelle Murphy, économiste en chef d'EY Océanie. « Nous continuons de voir un risque réel de resserrement monétaire supplémentaire plus tard cette année si, comme nous le prévoyons, l'inflation s'avère plus persistante que ce que la Banque de réserve ne l'anticipe actuellement. »
(Reportage par Stella Qiu et Wayne Cole ; édité par Kevin Buckland)