Des informations indiquent que le directeur de la CIA John Ratcliffe a effectué un déplacement secret à Moscou, tandis que le Kremlin nie des discussions
Points clés
- •Le directeur de la CIA John Ratcliffe, entré en fonction en janvier 2025, aurait effectué une visite non annoncée à Moscou, ce qui en ferait le déplacement le plus élevé en Russie d’un responsable de l’administration Trump depuis janvier.
- •Des données de suivi aérien citées par Al Jazeera montrent qu’un C-17 militaire américain a volé de Riga, en Lettonie, à Moscou en environ 74 minutes avant de repartir le même jour.
- •Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a nié qu’une telle réunion ait été prévue et a dit ne disposer d’aucune information sur l’atterrissage signalé de l’avion militaire américain, tandis que la CIA n’a pas commenté.
- •Selon Axios, Washington a prévenu l’Ukraine à l’avance du déplacement de la délégation et a demandé à Kyiv de suspendre ses frappes jusqu’au départ du groupe du territoire russe.
- •Si elle est confirmée, cette visite serait la première d’un directeur de la CIA en exercice à Moscou depuis le déplacement de William Burns en novembre 2021 ; Ratcliffe a joué un rôle discret mais central dans plusieurs récents échanges de prisonniers entre les États-Unis et la Russie.

Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, aurait effectué mardi un déplacement secret à Moscou, marquant la visite la plus élevée d’un responsable de l’administration Trump en Russie depuis janvier, alors même que le Kremlin affirmait qu’aucune réunion de ce type n’avait lieu.
CBS News et Axios ont tous deux rapporté la présence de Ratcliffe dans la capitale russe, citant des sources familières avec l’affaire. Aucun des deux médias n’a identifié avec qui il a rencontré ni ce qui a été discuté. Ratcliffe a auparavant servi comme directeur du renseignement national pendant le premier mandat de Trump, avant d’être investi directeur de la CIA en janvier 2025.
Selon Al Jazeera, des données de suivi aérien ont montré qu’un C-17 militaire américain avait quitté Riga, en Lettonie, tôt mardi matin et atterri à Moscou environ 74 minutes plus tard, avant de repartir plus tard dans la journée.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a démenti qu’une telle rencontre ou de tels pourparlers aient été prévus. Interrogé à ce sujet, il a déclaré : "No, there are no such plans." Lorsqu’on l’a pressé plus précisément au sujet de l’atterrissage signalé de l’avion militaire américain à Moscou, Peskov a affirmé ne pas avoir "no such information."
Axios a rapporté que Washington avait informé à l’avance l’Ukraine du déplacement de la délégation de haut niveau et avait demandé à Kyiv de suspendre ses frappes jusqu’à ce que le groupe ait quitté le territoire russe.
Cette visite présumée intervient alors que les discussions parrainées par les États-Unis visant à mettre fin à l’invasion russe de l’Ukraine restent bloquées. Une réunion tenue en février 2025 à Riyad entre le secrétaire d’État Marco Rubio et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov constituait le contact direct de plus haut niveau entre les États-Unis et la Russie depuis le début de l’invasion, mais ni ces discussions ni le sommet de la mi-août entre le président Trump et Poutine à Anchorage, en Alaska, n’ont abouti à un cessez-le-feu. Plus tôt ce mois-ci, Moscou a libéré un ancien Marine américain détenu depuis 2022, selon des informations attribuant cette décision à des préoccupations de santé.
Les échanges de prisonniers ont été l’un des rares domaines de coopération fonctionnelle entre Washington et Moscou depuis le début de la guerre, allant de l’échange d’août 2024 à l’aéroport d’Ankara — le plus important échange Est-Ouest depuis la guerre froide, qui a permis la libération du journaliste du Wall Street Journal Evan Gershkovich et de l’ancien Marine Paul Whelan — à la libération de l’enseignant américain Marc Fogel en février 2025. Ratcliffe a joué discrètement mais de manière centrale dans plusieurs échanges de prisonniers très médiatisés entre Washington et Moscou depuis le retour du président Trump au pouvoir en janvier 2025, notamment la libération de la binationale Ksenia Karelina l’an dernier. Si elle est confirmée, cette visite serait la première d’un directeur de la CIA en exercice à Moscou depuis le déplacement de William Burns en novembre 2021, lorsque l’ancien ambassadeur des États-Unis en Russie avait délivré des avertissements sur les conséquences d’une invasion à grande échelle. Burns a également rencontré Sergueï Narichkine, chef du service de renseignement extérieur russe SVR, à Ankara en novembre 2022 lors d’une séance que des responsables américains ont décrite comme un avertissement contre une escalade nucléaire.
La CIA a refusé de commenter ces informations.