Le Qatar prolonge la force majeure alors que la crise du détroit d’Ormuz bloque toujours le trafic de GNL
Points clés
- •QatarEnergy a prolongé de plusieurs semaines sa force majeure sur les livraisons de GNL dans un contexte de perturbations persistantes au détroit d’Ormuz.
- •Les acheteurs au Pakistan et au Bangladesh ont été informés que les annulations de cargaisons se poursuivraient jusqu’en octobre.
- •Certaines livraisons de GNL vers l’Europe sous contrats à long terme ont été annulées au-delà de septembre, et Edison a indiqué que la prolongation court jusqu’au début de novembre.
- •La dernière prolongation signifie que la force majeure dépasse désormais septembre et continue d’affecter les expéditions de GNL sous contrat.
- •Reuters a estimé que les exportations de GNL du Qatar ont chuté jusqu’à 96 %, entraînant environ 24 milliards de dollars de pertes de ventes sur six mois.

La société publique qatarie QatarEnergy a prolongé de plusieurs semaines sa force majeure sur les livraisons de gaz naturel liquéfié à ses clients, alors que les flux de GNL via le détroit d’Ormuz restent bloqués malgré l’augmentation des expéditions de pétrole.
QatarEnergy a informé cette semaine des acheteurs au Pakistan et au Bangladesh que les annulations de cargaisons de GNL se poursuivraient jusqu’en octobre, ont indiqué vendredi à Bloomberg des traders connaissant le dossier. Certaines livraisons vers l’Europe prévues dans le cadre de contrats à long terme ont également été annulées au-delà de septembre. Edison, en Italie, a déclaré que la force majeure et les annulations de cargaisons avaient été prolongées jusqu’au début de novembre.
Fin juillet, Edison a indiqué que QatarEnergy avait annulé trois cargaisons supplémentaires de GNL et que la période de force majeure avait été prolongée jusqu’en septembre. Au 28 juillet, un total de 24 cargaisons de GNL destinées à Edison étaient soumises à la force majeure depuis avril, représentant environ 3 milliards de mètres cubes de gaz naturel.
La dernière prolongation signifie que la période de force majeure s’étend désormais au-delà de septembre, ce qui souligne que les perturbations de l’approvisionnement en GNL dans le détroit d’Ormuz continuent d’affecter les livraisons contractuelles, même si le commerce du pétrole brut dans ce passage s’est adapté plus rapidement. Contrairement au pétrole brut, le GNL ne peut pas être acheminé par navette à travers Ormuz puis rechargé via des transferts de navire à navire, comme l’ont fait ces derniers mois des producteurs du Golfe persique, dont le Qatar, pour expédier du pétrole à leurs clients par des méthodes et des routes alternatives.
Six mois après que la guerre en Iran a paralysé les exportations de GNL du Qatar via le détroit d’Ormuz, le deuxième exportateur mondial de gaz naturel liquéfié a perdu 24 milliards de dollars de ventes, ses exportations ayant chuté jusqu’à 96 %, selon des calculs de Reuters publiés plus tôt cette semaine. Le nombre de cargaisons de GNL que le Qatar a réussi à exporter est tombé à seulement 18, contre 509 cargaisons expédiées sur la même période l’an dernier, selon des données de la société de renseignement ICIS citées par Reuters.
Par Charles Kennedy pour Oilprice.com