Le Qatar envoie six méthaniers vers le Golfe alors qu'une reprise des exportations se profile
Points clés
- •Les données de suivi des navires de Kpler montrent six méthaniers vides se dirigeant vers le Qatar, dont un qui a franchi le détroit d'Ormuz en direction de la côte qatarienne.
- •QatarEnergy a déclaré la force majeure et réduit sa production de GNL après les frappes iraniennes sur le complexe de Ras Laffan et l'une de ses installations pendant le conflit avec les États-Unis et Israël.
- •Le détroit d'Ormuz est la seule voie maritime permettant au GNL qatarien d'atteindre l'océan ouvert, ce qui fait de la sécurité du transport dans cette zone la principale contrainte sur les exportations.
- •QatarEnergy a indiqué à ses clients en juin qu'elle pourrait rétablir environ 50% de sa capacité en un mois après le retour d'une navigation sûre dans Ormuz et 80% en deux mois, mais deux mois plus tard, le trafic n'a pas repris et les attaques contre les tankers continuent.
- •Une reprise durable des chargements qatariens de GNL serait significative pour les équilibres mondiaux de l'offre gazière, le Qatar étant l'un des plus grands fournisseurs au monde pour les acheteurs d'Asie et d'Europe.

Six méthaniers vides de gaz naturel liquéfié (GNL) font route vers le Qatar, ce qui pourrait indiquer que QatarEnergy se prépare à reprendre les chargements, selon Bloomberg, citant les données de suivi des naviers de Kpler.
Selon ces données, six tankers ayant des liens avec l'Iran se trouvent actuellement dans le golfe d'Oman ou s'en approchent, tandis qu'un autre tanker a récemment franchi le détroit d'Ormuz et se dirige vers la côte qatarienne, a indiqué Bloomberg.
Fin juillet, QatarEnergy est parvenu à expédier une cargaison de GNL à travers le détroit d'Ormuz, trois semaines après qu'un de ses méthaniers a été touché dans ce passage maritime, selon Bloomberg. Le navire était resté immobilisé dans le détroit depuis début juillet, mais l'a franchi avec ses dispositifs de géolocalisation activés. Ce passage n'a toutefois pas marqué la reprise des flux de GNL du troisième exportateur mondial. L'absence prolongée du Qatar sur le marché a des répercussions bien au-delà du Golfe : le pays est depuis longtemps l'un des plus grands fournisseurs de GNL au monde, servant des acheteurs majeurs en Asie et en Europe, de sorte que toute reprise durable des chargements qatariens constituerait un indicateur important pour les équilibres mondiaux de l'offre gazière, qui absorbent cette perturbation depuis des mois.
Le Qatar est impatient de relancer ses exportations de GNL après avoir déclaré la force majeure à la suite des frappes iraniennes sur le complexe de Ras Laffan, dans les premiers jours de la guerre avec les États-Unis et Israël. QatarEnergy, l'entreprise d'État qui a réduit sa production de GNL début mars avant qu'une de ses installations ne soit frappée par des missiles iraniens à la mi-mars, a informé ses clients en juin qu'elle pourrait rétablir environ 50% de sa capacité de production en un mois après le rétablissement d'une navigation sûre dans le détroit d'Ormuz, et retrouver 80% de sa capacité en deux mois, comme Bloomberg l'avait rapporté à l'époque.
Deux mois plus tard, le trafic dans Ormuz n'a pas été rétabli et les attaques contre les tankers ont repris alors que l'Iran et les États-Unis échangent des frappes. Le détroit d'Ormuz est la seule voie maritime permettant au GNL qatarien d'atteindre l'océan ouvert, c'est pourquoi la sécurité du transport dans cette zone, et non la seule capacité de production, a constitué la contrainte déterminante pour les exportations qatariennes tout au long du conflit. Le Qatar, entre-temps, a continué de charger des méthaniers, mais n'en a fait sortir aucun par le détroit d'Ormuz. Selon de précédents rapports fondés sur des données de suivi des navires, ceux-ci sont soit immobilisés dans le passage maritime, soit envoyés vers le Koweït.
Par Irina Slav pour Oilprice.com