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Les États insulaires du Pacifique exhortent l’OMI à considérer le fonds net zéro comme essentiel aux mesures de réduction des GES du transport maritime

Auteur: Ship & Bunker·

Points clés

  • Six États insulaires du Pacifique ont estimé que le Fonds net zéro de l’OMI est une exigence fonctionnelle pour des mesures à mi-parcours visant à réduire les émissions de GES du transport maritime.
  • Le cadre net zéro proposé associe une norme mondiale sur les carburants à un mécanisme de tarification des GES, les navires les plus émetteurs devant contribuer au fonds.
  • Les États du Pacifique proposent d’allouer au moins 51 % des recettes disponibles du fonds, après coûts administratifs, au soutien de la transition juste et équitable pour les pays en développement.
  • La soumission demande des garde-fous, notamment des seuils minimaux d’allocation pour les petits États insulaires en développement et les pays les moins avancés, afin d’éviter une captation disproportionnée des fonds.
  • Le calendrier du Comité de la protection du milieu marin de l’OMI vise une approbation des mesures à mi-parcours en 2025, avec une entrée en vigueur attendue en 2027.
Les États insulaires du Pacifique exhortent l’OMI à considérer le fonds net zéro comme essentiel aux mesures de réduction des GES du transport maritime

Six États insulaires du Pacifique ont indiqué à l’Organisation maritime internationale (OMI) que le projet de Fonds net zéro constitue une « exigence fonctionnelle » pour toute mesure à mi-parcours destinée à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) du transport maritime tout en garantissant une transition juste et équitable.

Fidji, Kiribati, Nauru, Palaos, Tuvalu et Vanuatu ont présenté cet argument à l’OMI le mois dernier, avant la 22e session de son groupe de travail intersessions sur les émissions de GES des navires, prévue en septembre. Cette réunion s’inscrit dans le travail de l’OMI en vue d’adopter des mesures à mi-parcours dans le cadre de sa stratégie révisée de 2023 sur les GES, qui vise des émissions nettes nulles du transport maritime international d’ici 2050, ou autour de cette date.

Les pays ont indiqué que le fonds est au cœur des mesures à mi-parcours de l’OMI dans le cadre du Net-Zero Framework (NZF) et qu’il devrait être élaboré parallèlement à des lignes directrices sur l’intensité en GES des carburants, ainsi que sur les carburants et technologies à zéro et quasi zéro émission.

« Le cadre net zéro de l’OMI est un ensemble qui ne peut pas fonctionner sans tous ses éléments nécessaires », ont-ils déclaré.

Le groupe a également qualifié le fonds de « garantie unique que la transition ne laissera pas les États membres de côté ».

« Sans le Fonds net zéro de l’OMI, les pays en développement, en particulier les petits États insulaires en développement (PEID) et les pays les moins avancés (PMA), devront supporter l’intégralité du coût de la transition, sans aucune garantie du soutien dont ces pays ont besoin », indique la soumission.

Pour les nations insulaires du Pacifique, qui font face à des menaces existentielles liées à l’élévation du niveau de la mer, la dimension d’équité de la décarbonation du transport maritime est indissociable des impacts climatiques qu’elles subissent déjà.

Structure du cadre net zéro

Le NZF proposé combine une norme mondiale sur les carburants avec un mécanisme de tarification des GES. Les navires dépassant certains seuils d’émissions pourraient être tenus d’effectuer des paiements au Fonds net zéro de l’OMI. Le fonds utiliserait ensuite ces recettes pour récompenser les navires à faibles émissions et aider les pays en développement à gérer la transition. Ce cadre figure parmi les éléments les plus controversés de l’agenda climatique de l’OMI, les États membres restant divisés sur la manière de collecter et de répartir les recettes.

51 % des recettes du fonds proposés pour la transition juste et équitable

Selon la proposition des États du Pacifique, au moins 51 % des recettes disponibles après coûts administratifs seraient alloués au soutien de la transition juste et équitable (JET).

« Après les coûts administratifs, au moins 51 % des recettes disponibles devront être allouées au soutien JET, le solde étant alloué aux récompenses ZNZ », précise la proposition.

Le reste financerait des récompenses pour les technologies, carburants et sources d’énergie à zéro et quasi zéro GES.

La proposition appelle également à des garde-fous afin d’éviter qu’une part disproportionnée du financement ne soit captée par un petit nombre de bénéficiaires ou par des candidats disposant de capacités plus élevées. Ces garde-fous comprendraient des seuils minimaux d’allocation spécifiquement pour les PEID et les PMA.

En outre, les États du Pacifique demandent un soutien ciblé pour la modernisation des flottes nationales et des infrastructures portuaires dans les pays en développement, ainsi qu’une assistance pour les États confrontés à des coûts de transport disproportionnellement plus élevés du fait de la transition. L’issue du groupe de travail de septembre alimentera le calendrier plus large du Comité de la protection du milieu marin, qui prévoit l’approbation des mesures à mi-parcours en 2025, avec une entrée en vigueur en 2027.

Source: Ship & Bunker