Les frappes américano-iraniennes remettent le pétrole à 100 $ au centre de l’attention
Points clés
- •Les frappes directes entre les États-Unis et l’Iran ont ravivé les craintes d’un conflit au Moyen-Orient pouvant se prolonger jusqu’en 2027.
- •Deux pétroliers transportant du pétrole saoudien ont été touchés près du détroit d’Hormuz, menaçant les flux d’exportation du Golfe.
- •Les rendements obligataires mondiaux ont atteint leurs plus hauts niveaux depuis 2008, le rendement du Treasury américain à 10 ans s’établissant à 4,76 %.
- •Le marché anticipe une probabilité proche de 60 % d’une hausse des taux de la Fed d’un quart de point ce mois-ci.
- •La capacité solaire installée de la Chine a dépassé celle du charbon pour la première fois, atteignant 1 286 GW.

Les frappes américano-iraniennes ont ravivé les inquiétudes selon lesquelles le conflit au Moyen-Orient pourrait s’inscrire dans la durée, les tensions autour du détroit d’Hormuz ayant fait repasser les indices pétroliers régionaux au-dessus de 100 dollars le baril.
La hausse des rendements obligataires transforme le rebond du pétrole en risque pour la demande
Les rendements obligataires mondiaux ont grimpé à leurs plus hauts niveaux depuis 2008, la hausse des prix du pétrole alimentant l’idée que l’inflation restera élevée plus longtemps que prévu. Cela a renforcé les craintes d’une demande plus faible à terme.
Le rallye des obligations s’est accéléré après que le nouveau président de la Réserve fédérale, Kevin Walsh, a déclaré qu’il entendait enfin maîtriser l’inflation américaine, actuellement à 3,4 %. Cela a porté le rendement du Treasury à 10 ans à 4,76 %.
Cette hausse s’est étendue à d’autres marchés développés. Les rendements des obligations d’État japonaises à 10 ans ont atteint un plus haut de 30 ans et sont passés au-dessus de 3 %, tandis que les obligations britanniques à 10 ans ont grimpé à 5,2 %.
Des rendements plus élevés augmentent les coûts d’emprunt pour les ménages et les entreprises, ce qui ralentit les achats de véhicules, le transport aérien, la construction, la fabrication et le fret, autant d’éléments susceptibles de réduire la demande. Dans le même temps, ils renchérissent le coût du forage, des pipelines et des grands projets en amont, laissant le secteur pétrolier face à un environnement de financement plus coûteux au moment même où les risques géopolitiques tendent les routes d’approvisionnement.
Le marché anticipe désormais une probabilité d’un peu moins de 60 % que la Réserve fédérale relève ses taux d’un quart de point lors de sa réunion de ce mois-ci, marquant un retour à une politique monétaire restrictive.
Les mouvements du marché
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Le géant américain du midstream ONEOK (NYSE:OKE) a acquis les actifs de collecte et de traitement de gaz naturel de Brazos Midstream dans l’ouest du Texas pour 4,4 milliards de dollars, augmentant sa capacité de traitement de gaz de 1,2 bcf/d.
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Les majors pétrolières Shell (LON:SHEL) et Chevron (NYSE:CVX) ont signé un accord préliminaire avec le gouvernement du Ghana pour entrer dans le bloc pétrolier South Deepwater Tano, en eaux de 3 000 mètres. Il s’agit de la première nouvelle licence offshore du pays depuis 2018.
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La société pétrolière d’État norvégienne Equinor (NYSE:EQNR) a signé son deuxième accord d’enlèvement contraignant, aux côtés de son partenaire Standard Lithium, pour le projet de lithium du sud-ouest de l’Arkansas. Le contrat avec LG Energy Solution marque une étape importante vers une décision finale d’investissement plus tard cette année.
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Le spécialiste de l’amont coté à Londres Energean (LON: ENOG) serait en négociations exclusives avec le groupe britannique BP (NYSE:BP) pour acquérir une partie du portefeuille amont égyptien de ce dernier, dans une transaction évaluée à environ 1 milliard de dollars.
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L’entreprise norvégienne d’amont DNO (OSL: DNO) doit acheter l’indépendant britannique Capricorn Energy pour 0,4 milliard de dollars après avoir surenchéri sur l’offre du foreur Genel Energy, spécialisé au Kurdistan, élargissant ainsi son portefeuille avec des actifs en Égypte continentale.
Mardi 1er septembre 2026
Le premier échange direct de frappes américano-iraniennes en un mois a ravivé les craintes que le conflit au Moyen-Orient puisse se prolonger jusqu’en 2027. Le président américain Trump a menacé de nouvelles frappes après l’attaque contre l’île de Larak.
Les sanctions de Washington contre Téhéran rendent les transits par Hormuz de plus en plus difficiles, tandis que la tentative de Saudi Aramco d’augmenter les flux en provenance du golfe Persique a été rapidement freinée par les attaques de drones de Téhéran. ICE Brent s’échange actuellement à 92 dollars le baril, tandis que les références du Moyen-Orient sont repassées au-dessus de 100 dollars le baril.
Le rebond à Hormuz s’essouffle après de nouvelles attaques contre des pétroliers
Deux VLCC transportant du pétrole saoudien, Sidr et Senegal Prosperity, ont été touchés par des projectiles en quittant le détroit d’Hormuz mardi. Ces incidents menacent une reprise fragile des exportations pétrolières du Golfe, alors même qu’Aramco a relevé les chargements d’août dans le Golfe à 700 000 b/j.
Trump freine les règles sur la consommation de carburant
L’administration Trump prépare une réduction marquée des exigences américaines en matière d’économie de carburant des véhicules, en revenant sur des normes plus strictes de l’ère Biden et en imposant une moyenne de 34,5 miles/gallon pour l’ensemble du parc d’ici 2031, contre l’objectif précédent de 50,4 miles/gallon.
Les raffineurs du Texas se préparent à Edouard
Motiva, détenue par des intérêts saoudiens, et ExxonMobil (NYSE:XOM) préparent leurs raffineries de Port Arthur et de Beaumont à l’arrivée de la tempête tropicale Edouard, en activant des mesures de réponse aux tempêtes alors qu’Edouard devrait se transformer en ouragan et toucher terre aujourd’hui.
Les États-Unis sécurisent un important accord d’accès au pétrole vénézuélien
Le Venezuela a signé un accord de long terme couvrant 17 champs pétroliers avec plus de 65 milliards de barils de réserves prouvées, accordant aux opérateurs soutenus par les États-Unis (principalement NABEP d’Alejandro Betancourt) un rôle de premier plan dans le développement en amont. À lire aussi : La Norvège veut le marché énergétique de l’Europe, sans en partager les compromis.
Pemex reporte sa dette fournisseurs à la prochaine décennie
Pemex, la société d’État mexicaine, a restructuré environ 15 milliards de dollars d’obligations envers ses fournisseurs et contractants afin d’alléger les tensions de trésorerie immédiates, en repoussant 7,4 milliards de dollars de remboursements au-delà de 2030 et en ramenant son total de paiements de 2027 à 1,3 milliard de dollars.
Trans Mountain cherche une dernière poussée d’expansion
Portée par la demande asiatique, la société de pipelines publique canadienne Trans Mountain a déposé une demande d’extension de son réseau de pipelines de 210 000 b/j supplémentaires, visant à porter la capacité totale à près de 1,2 million b/j d’ici fin 2028, pour un coût estimé à 2,9 milliards de dollars.
La Russie étend sa flotte fantôme de GNL
La Russie a doublé à 20 navires la flotte desservant son projet Arctic LNG 2, soumis à sanctions, accélérant ses efforts pour maintenir les exportations de GNL vers la Chine via la route maritime du Nord malgré les sanctions occidentales, alors même que les chargements de GNL d’août ont bondi à un niveau record de 650 000 tonnes.
Le rallye du zinc atteint un plus haut de quatre ans
Les prix du zinc ont atteint leur plus haut niveau depuis 2022, à 3 980 dollars la tonne cette semaine, alors que les perturbations minières, les restrictions de l’offre iranienne et la baisse de la disponibilité des concentrés ont tendu le marché, signant le cinquième gain mensuel du métal le plus performant de 2026.
Le solaire dépasse le charbon dans la course aux capacités en Chine
La capacité solaire installée de la Chine a dépassé celle du charbon pour la première fois, atteignant 1 286 GW et représentant 31,5 % du parc de production électrique du pays, tandis que la production solaire a augmenté de 15 % sur un an à 802 milliards de kWh sur la période janvier-juillet 2026.
L’Arabie saoudite se tourne vers de nouveaux emprunts dans un contexte de tensions de guerre
L’Arabie saoudite envisage au moins 8 milliards de dollars de nouveaux prêts, soulignant la volonté de Riyad de diversifier ses sources de financement alors que la guerre avec l’Iran pèse sur l’activité économique. Le royaume a enregistré une contraction de 4,8 % de son PIB sur un an au T2 2026.
Bessent signale une offensive hebdomadaire de sanctions contre l’Iran
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a déclaré que Washington prépare de nouvelles sanctions secondaires ciblant l’Iran chaque semaine, visant d’abord les banques et les institutions financières, afin d’intensifier sa campagne de « pression économique maximale » contre Téhéran.
L’industrie européenne demande le report des règles européennes sur le méthane
Vingt associations du secteur de l’énergie demandent à l’UE de reporter de trois ans, jusqu’en 2030, sa réglementation sur les émissions de méthane. Elles avertissent des risques juridiques pour les importateurs de pétrole et de gaz, affirmant que des accords de long terme violeraient volontairement et en toute connaissance de cause le droit européen applicable.
L’Égypte vise une reprise au T4 pour le GNL de Damiette
L’Égypte s’attend à ce que le FSRU de Damiette, endommagé lors d’une attaque de drone en juillet, reprenne ses opérations au T4 2026. Les responsables affirment que la perte de 5 mtpa de capacité de regazéification n’a pas affecté le marché égyptien grâce à la hausse de la production nationale de gaz naturel.
L’économie chilienne ralentit sous l’effet des tempêtes sur la production de cuivre
L’élan économique du Chili s’est nettement affaibli en juillet, des tempêtes hivernales sévères ayant perturbé les opérations minières et ramené la production de cuivre à son plus bas niveau pour un mois de juillet depuis 2011, avec une baisse de 10 % sur un an à 403 424 tonnes métriques.
Par Tom Kool pour Oilprice.com
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