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Les banques centrales européennes réévaluent le stockage de leur or face à la montée des risques géopolitiques

Auteur: Hokanews·

Points clés

  • Les Pays-Bas ont transféré environ 86 tonnes d'or de New York et Ottawa vers Londres entre mars et août 2026 afin de renforcer la préparation aux crises et d'améliorer la négociabilité.
  • La part de Londres dans le stock d'or néerlandais de 612,4 tonnes est passée de 18,1 % à 32,1 %, tandis que les avoirs détenus à New York et Ottawa sont chacun tombés à 18,5 %.
  • La Banque de France a converti 129 tonnes d'or détenues à la Fed de New York en lingots conformes aux normes internationales entre juillet 2025 et janvier 2026, stockés à Paris pour des raisons d'efficience de négociation.
  • Le transfert allemand de 216 tonnes d'or vers Francfort a eu lieu en 2016, et l'Allemagne détenait encore 1 236 tonnes à la Fed de New York à la fin de 2025.
  • Les banques centrales ont acheté 863 tonnes d'or en 2025, en dessous des niveaux de 1 000 tonnes des trois années précédentes, mais très au-dessus de la moyenne annuelle de 473 tonnes de 2010 à 2021.
Les banques centrales européennes réévaluent le stockage de leur or face à la montée des risques géopolitiques

Les banques centrales européennes réévaluent l'endroit où elles conservent leurs réserves d'or dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes, les Pays-Bas ayant transféré 86 tonnes depuis des stockages situés aux États-Unis et au Canada vers Londres afin d'améliorer l'accès au métal en cas de crise potentielle.

Selon des informations publiées par Coin Bureau, ce transfert traduit une réévaluation plus large du stockage de l'or à l'étranger. De Nederlandsche Bank (DNB) a indiqué que l'opération, réalisée entre mars et août 2026, visait à renforcer la préparation aux crises et à améliorer la négociabilité de ses réserves.

Le stockage à l'étranger est depuis longtemps une caractéristique de la gestion des réserves européennes, datant de l'après-guerre, époque où conserver de l'or à New York et à Londres facilitait le règlement des paiements internationaux. Cette organisation reflétait également une vieille maxime de la banque centrale selon laquelle les réserves d'or devraient être conservées à proximité des marchés où elles pourraient réellement être utilisées — une logique aujourd'hui remise en question à mesure que les lignes de fracture géopolitiques se déplacent.

Les Pays-Bas transfèrent 86 tonnes d'or à Londres

La banque centrale néerlandaise a transféré environ 86 tonnes de ses avoirs détenus à New York et à Ottawa vers Londres. La DNB a précisé que l'or stocké à la Banque d'Angleterre est plus facilement négociable et peut donc être mobilisé plus rapidement en cas de crise. La Banque d'Angleterre est l'un des plus grands dépositaires d'or au monde, et Londres abrite le principal marché de gré à gré du métal précieux, ce qui fonde l'avantage de liquidité invoqué par la DNB.

Ce transfert modifie la répartition du stock d'or néerlandais de 612,4 tonnes. La part de Londres est passée de 18,1 % à 32,1 %, tandis que les parts détenues à New York et à Ottawa sont chacune tombées à 18,5 %. La DNB a expliqué que cette réallocation était motivée par l'instabilité géopolitique croissante et le souhait de répartir plus équitablement les risques de stockage entre les différents sites. Le reste du stock néerlandais est conservé dans les coffres de la DNB sur le territoire national.

La France a également réduit ses avoirs à New York. La Banque de France a converti 129 tonnes d'or auparavant détenues à la Federal Reserve Bank of New York en lingots modernes conformes aux normes internationales entre juillet 2025 et janvier 2026, les avoirs ainsi actualisés étant stockés à Paris. La banque centrale a précisé que cette opération relevait principalement de l'efficience de négociation et non de considérations politiques.

Le transfert allemand de 216 tonnes, souvent cité, remonte quant à lui à 2016 et non à 2026. Cette année-là, la Bundesbank avait rapatrié 111 tonnes depuis New York et 105 tonnes depuis Paris vers Francfort, dans le cadre d'un plan de stockage à plus long terme. À la fin de 2025, l'Allemagne détenait encore 1 236 tonnes à la Federal Reserve Bank of New York.

Les banques centrales maintiennent une demande d'or historiquement élevée

Cette tendance aux transferts s'inscrit dans un contexte de demande soutenue des banques centrales en or. Selon le World Gold Council, les banques centrales ont acheté 863 tonnes en 2025, en dessous du seuil de 1 000 tonnes atteint au cours de chacune des trois années précédentes, mais toujours nettement au-dessus de la moyenne annuelle de 473 tonnes enregistrée entre 2010 et 2021. La vague d'achats amorcée en 2022 a fait suite au gel des réserves de change de la Russie cette année-là, un épisode qui a conduit plusieurs banques centrales à invoquer publiquement la sécurité des réserves comme motivation pour détenir davantage d'or.

Ce schéma d'achat souligne pourquoi l'emplacement et l'accessibilité des réserves officielles d'or revêtent une importance croissante. L'or est désormais traité non seulement comme un actif de réserve, mais aussi comme une composante de stratégies plus larges de gestion de crise et de diversification.

La dernière initiative des Pays-Bas soulève ainsi une question précise pour les autres banques centrales : améliorer l'accès national ou régional aux lingots deviendra-t-il une pratique plus courante de la gestion des réserves tant que les risques géopolitiques demeurent élevés ?