ActualitésCryptoMonaco soumet le projet de loi n° 1131 pour aligner la réglementation crypto sur le cadre MiCA de l'UE

Monaco soumet le projet de loi n° 1131 pour aligner la réglementation crypto sur le cadre MiCA de l'UE

Auteur: Cryptopolitan·

Points clés

  • Le projet de loi n° 1131 a été déposé début août et remplacerait le régime crypto de 2022 de Monaco par un régime basé sur MiCA.
  • Les prestataires de services sur crypto-actifs à Monaco devraient obtenir l'autorisation de la CCAF, après des examens par l'Autorité Monégasque de Sécurité Financière et l'Agence Monégasque de Sécurité Numérique.
  • La loi proposée définit les services crypto autorisés et ajoute des règles pour les opérations d'entreprise, la gestion des risques et la conduite professionnelle.
  • Le projet de loi donnerait à la CCAF des pouvoirs plus larges pour superviser et pénaliser les entreprises, ce qui, selon le gouvernement, soutiendrait les efforts de lutte contre le blanchiment d'argent.
  • Monaco reste sur la liste grise du GAFI et sur la liste des juridictions à haut risque de blanchiment d'argent de la Commission européenne, et seulement 281 des 1 343 prestataires de services crypto de l'EEE ont obtenu l'autorisation MiCA.
Monaco soumet le projet de loi n° 1131 pour aligner la réglementation crypto sur le cadre MiCA de l'UE

Le gouvernement de Monaco a introduit une législation qui abrogerait la loi crypto existante de 2022 de la Principauté et reconstruirait son cadre réglementaire pour les prestataires de services sur crypto-actifs autour du règlement de l'Union européenne sur les marchés des crypto-actifs (MiCA).

Le projet de loi n° 1131 a été déposé début août. S'il est approuvé, il réformerait en profondeur les exigences de licence pour les entreprises proposant des services crypto et accorderait aux régulateurs des pouvoirs d'exécution plus larges. Bien que Monaco ne soit pas un État membre de l'UE, elle utilise l'euro et maintient une union douanière avec la France, ce qui rend l'alignement réglementaire avec le bloc particulièrement important pour les entreprises opérant à travers les frontières.

En vertu de la loi de 2022, les activités liées aux crypto-monnaies et aux actifs numériques étaient divisées en deux catégories : les services d'émission et opérationnels, qui nécessitaient l'autorisation du Ministre d'État, et les services d'investissement liés aux cryptomonnaies, qui étaient autorisés par la Commission de Contrôle des Activités Financières (CCAF). Ce cadre exigeait également que les prestataires enregistrent une société à Monaco et interdisait aux entreprises étrangères de faire du démarchage à froid auprès des résidents.

Le projet de loi proposé exigerait de toute entreprise souhaitant offrir des services sur crypto-actifs à Monaco qu'elle obtienne l'autorisation de la CCAF. Avant d'atteindre cette étape, les candidats seraient d'abord examinés par l'Autorité Monégasque de Sécurité Financière et l'Agence Monégasque de Sécurité Numérique. La législation énumère les services crypto spécifiques autorisés à Monaco et établit des règles claires régissant les opérations des entreprises, la gestion des risques et la conduite professionnelle.

Le projet de loi élargit également le pouvoir de la CCAF de surveiller et de pénaliser les entreprises, une mesure que le gouvernement affirme renforcera les efforts pour lutter contre le blanchiment d'argent et d'autres crimes financiers.

La poussée de Monaco vers l'alignement avec le MiCA intervient alors que la Principauté subit une pression soutenue concernant son dossier de lutte contre le blanchiment d'argent. La Principauté figure sur la liste grise du Groupe d'Action Financière (GAFI) depuis l'été 2024 et a été placée sur la liste des juridictions à haut risque de blanchiment d'argent de la Commission européenne il y a plus d'un an. De telles désignations peuvent entraîner des transactions internationales plus lentes, des coûts de conformité élevés et une augmentation des coûts d'emprunt pour les entreprises locales. S'aligner sur le MiCA, qui est pleinement applicable dans toute l'UE depuis le 30 décembre 2024, pourrait témoigner de l'engagement de Monaco à respecter les normes internationales.

La société d'intelligence blockchain TRM Labs a rapporté que les entreprises de cryptomonnaies dépourvues d'autorisation MiCA sont nettement plus susceptibles de présenter un niveau de risque élevé ou grave.

Malgré l'entrée en vigueur du cadre réglementaire, l'adoption reste incomplète : seulement 281 des 1 343 prestataires de services crypto opérant dans l'Espace économique européen ont obtenu l'autorisation MiCA. Cette lenteur d'adoption souligne le fardeau de conformité imposé par MiCA, et la législation proposée par Monaco exigera des entreprises opérant actuellement sous le régime de 2022 qu'elles entreprennent un nouveau processus d'approbation si le projet de loi est adopté.