Moderna lance l'essai de phase 1 du vaccin contre la maladie à virus Ebola Bundibugyo mRNA-1469 au Canada
Points clés
- •Moderna a lancé son premier essai humain de mRNA-1469, un candidat vaccin contre le virus Ebola Bundibugyo, incluant environ 80 adultes en bonne santé sur trois sites cliniques canadiens.
- •Aucun vaccin homologué ne protège actuellement contre la souche Bundibugyo, qui est génétiquement distincte du virus Ebola Zaïre ciblé par les vaccins approuvés existants tels qu'Ervebo de Merck et le régime Zabdeno/Mvabea de Janssen.
- •CEPI s'est engagé à hauteur de 50 millions de dollars pour soutenir les travaux précliniques et l'étude de phase 1, y compris une fabrication en parallèle conçue pour accélérer les essais à plus grande échelle si les premiers résultats sont prometteurs.
- •La flambée active de Bundibugyo en République démocratique du Congo a causé plus de 3 000 cas confirmés et plus de 1 400 décès, entraînant des déclarations d'urgence de la part de l'OMS et d'Africa CDC.
- •Moderna s'est engagée à réserver au moins 500 000 doses pour les marchés à revenu faible et intermédiaire à un prix d'accès si le candidat vaccin obtient une approbation réglementaire.

Les actions de Moderna, Inc. (MRNA) ont progressé de 4,37 % à 57,55 $ après l'annonce par l'entreprise du lancement des tests humains de son candidat vaccin contre la maladie à virus Ebola Bundibugyo, mRNA-1469, au Canada. Les premiers participants ont été vaccinés à la suite de l'autorisation accordée par Santé Canada pour l'étude de phase 1.
Premier essai humain de mRNA-1469 en cours
Moderna a initié l'étude sur trois sites cliniques canadiens. Les chercheurs évalueront l'innocuité, la tolérance et les réponses immunitaires de mRNA-1469 auprès de volontaires adultes en bonne santé. L'essai vise à inclure environ 80 participants lors de sa première étape.
Le candidat vaccin a été développé sur la même plateforme à acide ribonucléique messager que celle utilisée dans les vaccins contre la COVID-19 de Moderna, une technologie qui permet aux chercheurs de concevoir et de produire de nouveaux candidats vaccins plus rapidement que les plateformes traditionnelles une fois la séquence génétique d'un agent pathogène identifiée. L'entreprise s'est également appuyée sur des recherches antérieures menées sur les filovirus et les souches d'Ebola apparentées, ce qui a facilité la progression du candidat, du développement en laboratoire à l'évaluation clinique.
Cet essai représente la première évaluation humaine d'un vaccin de Moderna ciblant la maladie à virus Ebola Bundibugyo. Aucun vaccin homologué n'existe actuellement pour protéger contre la maladie causée par ce virus spécifique. Le seul vaccin contre Ebola approuvé par la FDA, Ervebo de Merck, ainsi que le régime à deux doses Zabdeno/Mvabea de Janssen, ciblent le virus Ebola Zaïre, qui est génétiquement distinct de la souche Bundibugyo responsable de la flambée actuelle. Cette lacune laisse aucun contre-mesure autorisé pour une protection spécifique contre Bundibugyo.
CEPI s'engage à hauteur de 50 millions de dollars
La Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI), un partenariat mondial créé en 2017 pour développer des vaccins contre les menaces de maladies infectieuses émergentes, s'est engagée à hauteur de 50 millions de dollars pour soutenir les travaux précliniques et l'étude de phase 1. Le partenariat finance également la production de doses cliniques supplémentaires au cours du développement précoce, une structure conçue pour raccourcir le temps de préparation des essais à plus grande échelle si les résultats initiaux s'avèrent favorables.
Moderna a l'intention d'utiliser les résultats de phase 1 pour orienter d'éventuels essais de phase 2 et de phase 3. Les efforts de fabrication se poursuivront en parallèle avec la recherche clinique, l'entreprise prévoit pouvoir intensifier rapidement les tests. Les phases de développement ultérieures, cependant, restent conditionnées par les données d'innocuité et de réponse immunitaire.
L'accord inclut des engagements d'approvisionnement pour les pays dont l'accès aux vaccins est limité. Moderna réservera au moins 500 000 doses pour les marchés à revenu faible et intermédiaire et prévoit de les proposer à un prix d'accès après toute approbation réglementaire.
La flambée au Congo souligne un besoin urgent
Le virus Ebola Bundibugyo est à l'origine de la flambée active en République démocratique du Congo. Les autorités sanitaires ont signalé plus de 3 000 cas confirmés et plus de 1 400 décès, ce qui place cette flambée parmi les plus grandes urgences liées aux filovirus jamais enregistrées dans le monde.
L'Organisation mondiale de la Santé a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale, et Africa CDC a déclaré une urgence de santé publique de sécurité continentale. Les deux décisions reflètent l'ampleur de la flambée, sa vitesse de transmission et le risque régional croissant.
L'essai canadien fournit aux agences sanitaires un autre outil potentiel contre la souche responsable de la flambée, bien que Moderna doive encore terminer les essais cliniques avant que les régulateurs puissent envisager une approbation. Le programme renforce également le pipeline plus large de l'entreprise en matière de maladies infectieuses, qui comprend des candidats contre le virus respiratoire syncytial, le cytomégalovirus et la grippe, alors que Moderna s'efforce d'étendre son portefeuille au-delà des vaccins contre la COVID-19.