ActualitésMatières premières et ForexLes importateurs de GNL réclament des prix plus bas et davantage de flexibilité au Qatar et aux Émirats arabes unis alors que la guerre au Moyen-Orient redessine les contrats

Les importateurs de GNL réclament des prix plus bas et davantage de flexibilité au Qatar et aux Émirats arabes unis alors que la guerre au Moyen-Orient redessine les contrats

Auteur: OilPrice.com·

Points clés

  • Le détroit d’Ormuz, par lequel transite normalement environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en GNL, connaît des difficultés de transit croissantes depuis le début de la guerre avec l’Iran en février.
  • Certains contrats de GNL signés après février ont déjà vu leurs prix ramenés des niveaux d’avant-guerre de 12,6 à 12,7 % de l’indice de référence du brut Brent à 12,3 %.
  • Les importateurs européens et asiatiques réclament des concessions sur les prix et une plus grande flexibilité contractuelle, notamment des restrictions de destination assouplies permettant de détourner des cargaisons vers des marchés à plus forte valeur.
  • La Chine cherche activement à obtenir du GNL à long terme auprès d’exportateurs dont les cargaisons n’ont pas besoin de transiter par le détroit d’Ormuz afin de réduire sa dépendance aux livraisons de gaz du golfe Persique.
  • QatarEnergy a émis une déclaration de force majeure durant les premières semaines du conflit, affectant des acheteurs dont l’énergéticien italien Edison.
Les importateurs de GNL réclament des prix plus bas et davantage de flexibilité au Qatar et aux Émirats arabes unis alors que la guerre au Moyen-Orient redessine les contrats

La guerre au Moyen-Orient a considérablement affaibli le pouvoir de négociation dont bénéficiaient depuis longtemps le Qatar et les Émirats arabes unis (EAU), deux des plus importants exportateurs mondiaux de GNL, selon des dirigeants du secteur qui se sont exprimés auprès de Reuters.

Les importateurs de GNL en Europe et en Asie se préparent désormais à demander de meilleures conditions dans les prochains contrats d’approvisionnement à long terme, en recherchant à la fois des prix plus bas et une plus grande flexibilité contractuelle auprès des fournisseurs du Golfe.

Pendant des années, le Qatar et les EAU ont tiré un important pouvoir de négociation de leur réputation de fournisseurs fiables de GNL. Toutefois, la guerre avec l’Iran a entamé cette fiabilité. Les cargaisons en provenance de la région rencontrent des difficultés croissantes pour transiter par le détroit d’Ormuz, un point de passage stratégique par lequel transite normalement environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en GNL, tandis que plusieurs projets d’expansion des capacités de GNL ont été suspendus ou retardés après des frappes directes de missiles iraniens contre des infrastructures.

Depuis le début du conflit en février, le Moyen-Orient n’est plus considéré par les acheteurs comme le partenaire d’approvisionnement stable qu’il était auparavant. Même la Chine, premier importateur mondial de GNL, serait en discussions pour sécuriser des approvisionnements de long terme auprès d’exportateurs dont les cargaisons n’ont pas besoin de passer par le détroit d’Ormuz, Pékin cherchant à réduire sa dépendance aux livraisons de gaz du golfe Persique.

Les acheteurs européens de GNL estiment désormais que le rapport de force dans les négociations a basculé en leur faveur. Les importateurs devraient exiger des concessions sur les prix et une flexibilité contractuelle accrue — notamment des restrictions de destination assouplies qui permettraient de détourner des cargaisons vers des marchés à plus forte valeur — sous l’effet notamment de la forte hausse des coûts d’assurance et de fret liés à l’expédition de gaz depuis la région touchée par le conflit.

« Toute personne concluant de nouveaux contrats dans la région du Golfe devra également tenir compte des coûts d’assurance potentiels, qui devraient augmenter », a déclaré à Reuters Nicola Monti, directeur général de l’énergéticien italien et acheteur de GNL Edison.

Edison figurait parmi les acheteurs de GNL touchés par la déclaration de force majeure émise par QatarEnergy durant les premières semaines de la guerre avec l’Iran.

Le risque accru entourant l’approvisionnement en GNL du Moyen-Orient a encouragé les acheteurs à négocier des contrats à des prix indexés sur le Brent plus bas. Selon une source du secteur citée par Reuters, les contrats de GNL à long terme du Qatar et des EAU étaient tarifés à 12,6 %–12,7 % de l’indice de référence du brut Brent avant la guerre. Certains accords signés après février ont déjà vu ce prix ramené à 12,3 %.

Par Michael Kern pour Oilprice.com