L3Harris écarte son PDG Chris Kubasik après une enquête sur le code de conduite, et nomme Sam Mehta pour lui succéder
Points clés
- •Le conseil a indiqué que son enquête avait conclu que Chris Kubasik avait violé le code de conduite de L3Harris, sans préciser la nature exacte des faits.
- •Kubasik a quitté ses fonctions de président et PDG, a démissionné du conseil et des conseils des filiales, et n’a reçu ni indemnité de départ ni prime dans le cadre de son accord de séparation.
- •Il a renoncé à des attributions en actions en cours d’une valeur d’au moins 45 millions de dollars, tout en conservant certaines options et actions qui représentent encore une valeur importante.
- •Sam Mehta a été nommé nouveau PDG, et Lewis Hay II exercera les fonctions de président indépendant.
- •L’action L3Harris a reculé de plus de 4 % après l’annonce, mais la société a réaffirmé ses prévisions 2026.

L’entrepreneur de défense L3Harris a écarté ce week-end son président et directeur général Chris Kubasik, 65 ans, après qu’une enquête du conseil d’administration a conclu qu’il avait violé le code de conduite de l’entreprise.
La société aérospatiale et technologique, valorisée à 50 milliards de dollars, n’a pas précisé ce que Kubasik avait fait, mais a indiqué que la violation ne concernait ni l’information financière, ni les contrôles, ni les relations clients, ni les opérations. Kubasik, qui dirigeait l’entreprise depuis 2021, a démissionné du conseil d’administration de L3Harris ainsi que de ceux de toutes ses filiales et sociétés affiliées.
Ce départ brutal intervient 14 ans après que Kubasik a été licencié par un autre grand contractant de la défense à la suite d’une enquête d’éthique ayant conclu qu’il entretenait une relation avec une employée placée sous sa supervision.
Aux termes de l’accord de séparation conclu dimanche, Kubasik ne recevra ni indemnité de départ ni prime. Dans le cadre de cet accord, il a renoncé à toutes ses attributions en actions encore en cours, y compris deux attributions d’options et d’autres récompenses qui auraient pu lui rapporter 45 millions de dollars en numéraire et en actions.
Kubasik conservera néanmoins certaines options susceptibles de lui rapporter des actions d’une valeur d’environ 23 millions de dollars, ainsi que plus de 200,000 actions L3Harris qu’il détient déjà, évaluées à près de 57 millions de dollars. L3Harris a versé à Kubasik une rémunération d’une valeur de 66.3 millions de dollars au cours des trois dernières années, dont 25.6 millions de dollars pour l’exercice 2025.
Pendant son mandat, L3Harris a entretenu des liens étroits avec le Department of War de l’administration Trump. En avril, la filiale Aerojet Rocketdyne de L3Harris a conclu un accord portant sur un investissement public de 1 milliard de dollars dans l’activité de propulsion de missiles que L3Harris prévoit d’introduire en Bourse. En juin, L3Harris a également livré un 747 à la Maison-Blanche pour servir d’Air Force One intérimaire, après avoir modifié l’avion offert par la famille royale du Qatar.
Selon la divulgation liée à la séparation, le conseil a choisi de négocier le départ de Kubasik plutôt que d’essayer de le licencier pour motif valable. Kubasik n’a reconnu aucune violation du code de conduite de l’entreprise, et l’accord interdit expressément aux parties ou à leurs représentants de faire des déclarations publiques « incompatibles » avec la divulgation de lundi.
Le conseil a nommé Sam Mehta, 53 ans, pour remplacer immédiatement Kubasik. Mehta dirigeait les segments space and mission systems ainsi que communications and spectrum dominance de L3Harris, assurant ainsi une continuité opérationnelle alors que l’entreprise traverse un changement de direction lié à des préoccupations de conduite plutôt qu’à des problèmes de performance. Lewis Hay II, ancien administrateur indépendant principal du conseil, deviendra président indépendant.
L’action L3Harris a reculé de plus de 4 % lundi après cette transition éclair à la tête de l’entreprise. L3Harris a réaffirmé ses prévisions 2026 sur l’ensemble de l’exercice pour le chiffre d’affaires, la croissance, la marge opérationnelle et d’autres indicateurs.
« Chris a supervisé une transformation importante au cours de son mandat chez L3Harris, et il a constitué une solide équipe pour faire avancer l’entreprise », a déclaré Hay dans un communiqué. « Toutefois, nos valeurs guident les actions que nous menons chaque jour en tant que The Trusted Disruptor et sont au cœur de tout ce que nous faisons. Le conseil et Chris ont convenu qu’appliquer aujourd’hui notre plan de succession était la bonne décision. Nous le remercions pour son service. »
L’éviction de Kubasik intervient 14 ans après qu’il a dû quitter Lockheed Martin à la suite d’une enquête d’éthique ayant confirmé une « close personal relationship » entre Kubasik et une employée placée sous sa supervision. À l’époque, Kubasik occupait les fonctions de vice chairman, president et chief operating officer, et avait été désigné pour succéder au poste de PDG en 2013. Quelques semaines avant de prendre ses fonctions, il a été contraint de démissionner. Marillyn Hewson lui a succédé, avant de devenir executive chairman en 2020.
Lockheed a versé à Kubasik 3.5 millions de dollars dans le cadre d’un accord de séparation lors de son départ, mais L3Harris a adopté une approche encore plus stricte, malgré le montant avec lequel il repart.
Selon les termes de son accord avec L3Harris, Kubasik a perdu sa prime 2026 et n’était pas éligible à 9.3 millions de dollars d’indemnités de départ ou de paiements de séparation en numéraire. Il a également dû abandonner des actions restreintes non acquises et des actions de performance, ainsi que 7.6 millions de dollars d’options, ce qui signifie qu’il laisse au moins 45 millions de dollars sur la table. Ce montant aurait pu atteindre 62 millions de dollars si L3Harris avait versé le maximum au titre de la performance sur les deux prochains cycles d’attribution.
Le conseil conserve également le droit de récupérer ses options si une faute non divulguée, notamment fraude, agression sexuelle, détournement de fonds, harcèlement sexuel quid pro quo, violations des lois sur les valeurs mobilières ou violations réglementaires matérielles, est ultérieurement établie par une décision de justice.
L3Harris n’a pas répondu aux demandes de commentaires. Les tentatives pour joindre Kubasik ont échoué.
Cette information a été publiée à l’origine sur Fortune.com