Le ministre japonais de la Défense devrait renoncer au dialogue de sécurité annuel à Séoul après sa visite à un sanctuaire de la guerre : sources
Points clés
- •Le ministre japonais de la Défense, Shinjiro Koizumi, devrait ne pas participer au Seoul Defense Dialogue, qui se tient du lundi au mercredi, un vice-ministre de la Défense devant assister à sa place.
- •Koizumi a visité le sanctuaire Yasukuni le 15 août avec d'autres parlementaires japonais, suscitant des critiques de Séoul et influençant probablement son absence.
- •Le sanctuaire Yasukuni honore les morts japonais à la guerre, dont 14 criminels de guerre de classe A, et les visites sur ce site ont longtemps tendu les relations du Japon avec la Corée du Sud et la Chine.
- •Koizumi et le ministre sud-coréen de la Défense, Ahn Gyu-back, se sont rencontrés trois fois cette année, et sa présence aurait marqué leur quatrième rencontre en un peu plus de deux mois.
- •La coordination en matière de défense entre les deux pays reflète l'expansion de la coopération sécuritaire trilatérale avec les États-Unis en réponse aux programmes nucléaires et balistiques de la Corée du Nord.

Le ministre japonais de la Défense, Shinjiro Koizumi, devrait ne pas participer à un forum annuel de sécurité à Séoul début la semaine prochaine, ont indiqué vendredi des sources proches du dossier, un geste perçu comme lié à sa récente visite à un sanctuaire de la guerre controversé à Tokyo, qui a suscité des critiques de Séoul.
Koizumi n'assistera pas au Seoul Defense Dialogue (SDD), prévu du lundi au mercredi, ont affirmé plusieurs sources à l'agence Yonhap. Un vice-ministre de la Défense de Tokyo y assistera à sa place, selon le ministère sud-coréen de la Défense.
Le SDD est un forum multilatéral de sécurité lancé en 2012 par le ministère sud-coréen de la Défense, qui réunit des hauts responsables de la défense et des experts d'Asie-Pacifique et d'Europe pour discuter de la coopération en matière de sécurité régionale.
Koizumi était largement attendu au forum de la semaine prochaine, compte tenu de l'intense diplomatie de défense de haut niveau entre les deux voisins dans un contexte de réchauffement des relations bilatérales. Son prédécesseur, Gen Kanatani, avait participé au SDD de l'année dernière.
Si la raison exacte de son absence demeure incertaine, la visite de Koizumi au sanctuaire Yasukuni le mois dernier a pu influencer cette décision. Koizumi faisait partie d'un groupe de parlementaires japonais qui se sont rendus au sanctuaire le 15 août, anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Le sanctuaire Yasukuni honore les morts japonais à la guerre, parmi lesquels 14 criminels de classe A condamnés par des tribunaux internationaux pour leur rôle dans la Seconde Guerre mondiale. Les visites de responsables japonais sur ce site sont depuis longtemps dénoncées par les pays voisins, qui y voient une glorification du passé militariste du Japon. La question du sanctuaire a à plusieurs reprises tendu les relations du Japon avec la Corée du Sud et la Chine au fil des décennies, et les visites du 15 août de politiques japonais constituent un point de friction récurrent.
Si Koizumi avait assisté au forum de la semaine prochaine, lui et le ministre de la Défense Ahn Gyu-back auraient tenu leur quatrième entretien bilatéral en un peu plus de deux mois. Les deux ministres se sont déjà rencontrés trois fois cette année, notamment lors d'un forum de sécurité à Singapour en mai et pendant la visite de retour de Koizumi à Séoul fin juin, qui avait suivi le déplacement d'Ahn au Japon en janvier. Leur étroite coordination reflète la dynamique plus large de coopération sécuritaire trilatérale entre la Corée du Sud, le Japon et les États-Unis, renforcée en réponse aux programmes nucléaires et balistiques de la Corée du Nord.