Un juge nommé par Trump freine la tentative du DOJ d’annuler les condamnations de Steve Bannon pour outrage au Congrès
Points clés
- •Le juge Carl Nichols a rejeté sans préjudice la requête du Département de la Justice visant à faire classer l’affaire d’outrage au Congrès visant Steve Bannon.
- •Nichols a estimé que le gouvernement n’avait pas expliqué ses raisons pour demander le classement et n’avait pas satisfait à la règle 48(a).
- •Le juge a indiqué que le Département de la Justice peut déposer une nouvelle requête s’il respecte les exigences procédurales.
- •Les condamnations de Bannon sont liées au différend sur la supervision parlementaire né à l’époque du 6 janvier.

Un juge fédéral nommé par le président Donald Trump a bloqué, pour l’instant, l’effort du Département de la Justice visant à annuler les condamnations pénales de Steve Bannon pour outrage au Congrès, estimant que les procureurs n’avaient fourni au tribunal aucune raison substantielle de mettre fin à l’affaire.
Le juge Carl Nichols, nommé par Trump à la U.S. District Court for the District of Columbia, a rejeté mercredi la requête du gouvernement sans préjudice, jugeant qu’elle ne satisfaisait pas aux exigences procédurales de la règle 48(a), la règle fédérale qui régit le classement sans suite des actes d’accusation. "JUST IN: Surprise order from Judge Carl Nichols (Trump/DC) putting up some resistance to DOJ motion to wipe out Bannon's jury convictions for contempt of Congress," le journaliste de Politico Josh Gerstein a rapporté sur X.
Dans son ordonnance, Nichols a écrit que le dépôt du Département de la Justice n’offrait aucune explication réelle de ses motifs.
"The Government's motion does not explain its motivations for seeking dismissal of the indictment and thus fails to meet Rule 48(a)'s procedural requirement," a écrit Nichols. "The sole explanatory sentence in the motion reads: 'The government has determined in its prosecutorial discretion that dismissal of this criminal case is in the interests of justice.' ECF 207 at 1. But that is the kind of 'conclusory statement by the prosecutor' that the Court of Appeals has said is insufficient to justify a Rule 48(a) motion. Ammidown, 497 F.2d at 620; see also Adams, 777 F. Supp. 3d at 208 ('[A] district court abuses its discretion if it does not articulate its reasons for granting or denying leave, and it cannot discharge its duties properly unless the underlying motion accurately states the government's reasons for dismissal.')."
"The Court will therefore deny the Government's motion without prejudice," a-t-il poursuivi. "The Government is free to submit a renewed motion that complies with Rule 48(a)'s requirements."
Bannon, animateur d’émissions de droite radicale et l’un des plus proches conseillers informels de Trump, n’est pas étranger à la controverse — qu’il s’agisse d’être mêlé aux problèmes politiques du président ou d’être accusé de manœuvres liées aux cryptomonnaies — et il fait fréquemment face à des batailles judiciaires. La décision souligne que même un Département de la Justice dirigé par Trump doit encore franchir des obstacles procéduraux ordinaires devant un tribunal avant de pouvoir faire annuler une condamnation, en particulier dans une affaire née du conflit, à l’époque du 6 janvier, sur la supervision parlementaire. Le Département de la Justice de Trump a fait de son mieux pour le tirer d’affaire à chaque fois qu’il se retrouve en difficulté, et l’ordonnance de Nichols rend cette tâche nettement plus difficile.
L’une des raisons possibles de l’intérêt du président pour son conseiller intermittent est l’appui actif de Bannon à une candidature de Trump à un troisième mandat. Bien que le 22e amendement de la Constitution interdise strictement à Trump de servir un autre mandat, Trump et Bannon ont tous deux déclaré souhaiter que cela se produise.
Les deux hommes se sont aussi retrouvés sur leur lecture du paysage politique à l’approche des élections de mi-mandat. "With just 78 days to go before America's midterm elections," a écrit le journaliste Simon Marks dans le i Paper basé au Royaume-Uni, "Steve Bannon — Donald Trump's on-again, off-again political adviser — is suddenly a deeply worried man. On Friday, (August 14), the president's political Svengali told viewers of his daily 'War Room' broadcast that he has looked at the state of play in the midterm election campaign and fears Republicans are destined to come up short. Citing figures showing that Democratic candidates are ahead — in some cases, comfortably ahead — in several key states, Bannon insisted the party is on the brink of what he termed 'a disaster… completely, an absolute debacle.'"
"But Bannon insisted there is still a way of saving the Trump project," a ajouté Marks. "He urged Republicans in Congress to immediately double down on their support of the president, warning the party's leaders that they are now complicit in a looming electoral disaster."
"Bannon is one of several Republican strategists who believe the answer to the party's woes is more Trump, not a retreat from him," a conclu Marks. "A self-confessed 'huge advocate of President Trump's third term,' Bannon also continues to maintain that a way will be found to circumvent the Constitution and keep Trump at the helm for another four years…. In recent weeks, Trump has referenced the possibility of seeking a third term. He also sidestepped a reporter's question about whether he would rule out the prospect of trying to secure one, despite it being against the U.S. Constitution…. For now, Democrats are watching with glee."
Source: Alternet