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Des frappes liées à l’Iran touchent des infrastructures pétrolières saoudiennes alors que les prix baissent

Auteur: GoldSeek·

Points clés

  • La raffinerie Abqaiq de Saudi Aramco a été touchée par des drones et mise hors service pour réparation après un important incendie.
  • Le pipeline Est-Ouest et les routes d’exportation associées sur la mer Rouge ont également été visés, notamment à Yanbu et Jazan.
  • L’article indique que le système de pipeline peut transporter environ 7 millions de barils par jour et soutient une part majeure de la capacité d’exportation saoudienne.
  • Le Brent a reculé de plus de 4 dollars après les attaques, malgré un risque accru de perturbation de l’offre selon l’auteur.
  • L’auteur affirme que ces attaques révèlent la vulnérabilité de la soupape de sécurité des exportations pétrolières saoudiennes et le risque d’une escalade plus large.
Des frappes liées à l’Iran touchent des infrastructures pétrolières saoudiennes alors que les prix baissent

Des frappes liées à l’Iran touchent des infrastructures pétrolières saoudiennes alors que les prix baissent

David Haggith

Les prix du pétrole ont retrouvé une évolution plus calme dans un contexte que l’auteur décrit comme une dégradation de la guerre avec l’Iran. Lors de la dernière escalade, l’Iran a repris ses attaques contre une base militaire américaine malgré la “pause” décrétée par le président Trump dans le conflit, tandis que des forces iraniennes ou des mandataires soutenus par l’Iran en Irak auraient frappé la plus grande installation de production pétrolière d’Arabie saoudite. Dans le même temps, les Houthis ont touché une raffinerie importante à l’autre extrémité de l’autre grand pipeline est-ouest saoudien.

La plus grande installation, désormais arrêtée pour réparation, alimente un itinéraire de pipeline qui transporte 7% de l’offre pétrolière mondiale. Malgré cela, les prix du pétrole ont reculé, ce que l’auteur juge incohérent au regard de l’ampleur des dégâts.

Manipulation du marché

L’auteur cite un article récent soutenant que le marché pétrolier est désormais largement piloté par des algorithmes opérés par l’IA et créés par l’IA, qui s’échangent contre eux-mêmes et tentent d’anticiper les mouvements des autres. Dans cette perspective, le marché à terme du pétrole ressemble davantage à un casino qu’à un marché traditionnel.

Que cette explication soit entièrement exacte ou non, l’auteur estime que les marchés manipulés se terminent rarement bien. Il note que le prix payé par les raffineurs pour la livraison physique de brut a oscillé autour de 150 dollars par baril pendant une grande partie du conflit, tandis que les contrats à terme sur le Brent se négociaient à environ la moitié de ce niveau. Les prix du Brent ont encore reculé de plus de 4 dollars après que les voies de contournement saoudiennes ont illuminé le ciel.

Gravité des dégâts

L’ampleur des dégâts subis par les deux installations n’est pas encore totalement claire. On ne sait pas si les attaques ont complètement interrompu les routes de contournement ou si les infrastructures restantes sont encore suffisamment intactes pour que le pétrole puisse être acheminé au-delà des installations de raffinage et de stockage, puis chargé sur des navires pour être traité ailleurs. Parallèlement, les Houthis ont fait rebrousser chemin à un certain nombre de navires en mer Rouge, perturbant le transport pétrolier de manière comparable à la perturbation plus large du trafic maritime observée l’année dernière.

Ce que l’on sait, c’est qu’un important incendie s’est déclaré à la raffinerie d’Abqaiq de Saudi Aramco après que des drones ont frappé l’installation et la station de pompage Est-Ouest en Arabie saoudite. Des images satellites NASA FIRMS ont confirmé une activité incendiaire importante sur le site, indiquant des dégâts significatifs sur l’une des installations de traitement pétrolier les plus importantes au monde. Abqaiq est la plus grande unité de stabilisation du brut au monde et traite entre 5% et 7% de l’offre mondiale de pétrole, ce qui en fait un nœud vital pour les marchés énergétiques internationaux.

Les dégâts ont été suffisamment graves pour que l’Arabie saoudite mette l’installation hors service pour réparation, même si les autorités n’ont pas précisé combien de temps les travaux prendraient. L’auteur soutient que le calendrier des réparations n’est peut-être pas le point principal, car l’enjeu le plus important est qu’Iran et ses mandataires ont démontré qu’ils peuvent frapper certaines des infrastructures pétrolières les plus cruciales au monde.

L’attaque soulève aussi un risque secondaire. L’Arabie saoudite affirme que les missiles provenaient d’un groupe soutenu par l’Iran en Irak, tandis que l’Irak dément cette affirmation. Les autorités saoudiennes ont indiqué qu’elles riposteraient contre le responsable de l’attaque. L’auteur avertit qu’une erreur d’attribution pourrait entraîner un autre pays dans la guerre et accroître le risque d’escalade.

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a demandé au gouvernement irakien de “prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher que ses territoires soient utilisés comme des bases à partir desquelles des actes d’agression sont lancés….” L’installation d’Abqaiq joue un rôle central dans les opérations de traitement pétrolier de Saudi Aramco et gère une part importante du brut du royaume avant exportation.

Malgré les dégâts, le marché pétrolier a réagi comme si la nouvelle était positive. L’auteur dit que les prix ont baissé alors même que les attaques augmentaient le risque de perturbation de l’offre et la pression supplémentaire sur les marchés mondiaux de l’énergie.

Dégâts supplémentaires

Le même système de pipeline alimente aussi le port saoudien de Yanbu sur la mer Rouge, qui a également été attaqué par les Houthis, même si les rapports indiquent qu’aucun missile ni drone n’a touché sa cible. Yanbu est plus éloigné, ce qui laisse davantage de temps aux défenses antiaériennes saoudiennes pour intercepter les armes entrantes et peut aussi rendre le ciblage précis plus difficile.

Les Houthis ont eu davantage de succès sur le port de Jazan, beaucoup plus proche, sur la mer Rouge, où ils ont déjà touché des pétroliers saoudiens et les ont mis hors service. Jazan est l’extrémité de l’autre grand pipeline est-ouest, qui fournit une route alternative contournant Hormuz.

L’auteur estime que l’opinion d’un marché à terme n’a aucun effet sur l’offre réelle. Le pétrole physique dépend toujours de l’intégrité des routes de transport, et les dégâts sur ces routes réduisent l’offre proportionnellement à la perturbation. À ses yeux, il s’agit d’une guerre d’usure, et chaque jour de dégâts aggrave la situation de Donald Trump à mesure que davantage de voies d’approvisionnement pétrolier sont touchées.

L’Arabie saoudite a construit le pipeline Est-Ouest dans les années 1980, reliant la raffinerie d’Abqaiq au port de Yanbu, dans un contexte de craintes que Téhéran ne puisse perturber le trafic via le détroit d’Hormuz pendant la guerre Iran-Irak. Le pipeline transporte le pétrole à travers le royaume, d’Abqaiq jusqu’à la ville côtière de Yanbu sur la mer Rouge, d’où les pétroliers partent soit vers le sud en direction de la mer d’Arabie, soit vers le nord en direction du canal de Suez.

L’auteur estime que la grande voie créée pour alléger la pression si l’Iran bloquait un jour Hormuz a probablement été neutralisée. Il suggère que l’Iran peut déterminer la durée de la perturbation en continuant à lancer des missiles ou des drones contre les efforts de réparation.

Un rapport de l’AGBI citait des analystes affirmant que les frappes houthis soutenues par l’Iran, menées le week-end sur le terminal saoudien de Yanbu en mer Rouge et sur la raffinerie de Jazan, comptent moins pour les dégâts physiques que pour ce qu’elles révèlent : la vulnérabilité de la soupape de sécurité des exportations pétrolières saoudiennes.

Le pipeline Est-Ouest peut transporter 7 millions de barils par jour de la Province orientale saoudienne vers la mer Rouge. Après avoir alimenté environ 2 millions de barils par jour pour les raffineries de la côte ouest destinées au marché intérieur, il reste environ 5 millions de barils par jour de capacité d’exportation via Yanbu.

L’auteur demande si les armateurs continueront à envoyer des superpétroliers vers Yanbu à travers une mer Rouge de plus en plus dangereuse si le pétrole y est déjà coupé ou peut l’être à tout moment.

Même avant les dernières frappes réussies, le trafic de navires de marchandises à Bab el-Mandeb, la porte sud de la mer Rouge, avait fortement reculé. La société de données maritimes Kpler a indiqué que seulement 11 navires de marchandises avaient franchi le détroit dimanche, le niveau quotidien le plus bas depuis des mois. Les analystes ont estimé que les attaques du week-end comptaient surtout en raison de leur localisation et de ce que représentent les installations, et non seulement en raison de l’ampleur des destructions physiques.

Cyril Widdershoven, de Blue Water Strategy, a déclaré que les Houthis semblent viser des infrastructures utilisées pour contourner la perturbation à Hormuz.

L’auteur estime qu’il est irréaliste de penser que les Houthis seraient entrés dans la guerre pour ensuite s’arrêter une fois qu’ils avaient réussi. À ses yeux, les frappes montrent que les pipelines est-ouest ont déjà été neutralisés ou seront à nouveau ciblés. Il dit que l’entrée des Houthis marque une escalade significative, à la fois du risque et des dégâts.

Il note que les Houthis ont attaqué des pétroliers liés à l’Arabie saoudite et menacé plus largement l’activité maritime saoudienne.

Les dernières grandes frappes liées aux Houthis contre les infrastructures pétrolières saoudiennes remontaient aux attaques de 2019 contre Abqaiq et Khurais. Ces attaques avaient temporairement retiré du marché 5,7 millions de barils par jour de production saoudienne, soit environ 5% de l’offre mondiale, et avaient déclenché la plus forte hausse quotidienne des prix du pétrole jamais enregistrée.

Cette fois, le même type d’action a été suivi d’une baisse du Brent, ce que l’auteur voit comme la preuve du degré de déconnexion du marché avec la réalité physique.

La menace de l’IA

L’article se tourne ensuite vers l’intelligence artificielle. L’auteur explique que Sam Altman, Elon Musk et d’autres grands développeurs d’IA ont suggéré que le second semestre de cette année marquerait l’arrivée de la singularité de l’IA, c’est-à-dire le moment où l’humanité perd le contrôle du développement de l’IA. Il dit qu’Altman a décrit l’IA comme un génie et suggéré que ce seuil a déjà été franchi.

L’auteur établit un parallèle entre cette idée et ce qu’il appelle le marché le plus irrationnel de l’histoire, estimant que l’IA pourrait jouer un rôle dans la tarification déconnectée du pétrole.

Il relève que les marchés ont largement minimisé les attaques houthis-saoudiennes, les prix du pétrole restant proches d’un plus bas d’une semaine lundi, alors que les États-Unis et l’Iran avaient interrompu leurs frappes pendant le week-end.

Le SPR a-t-il atteint sa limite fonctionnelle ?

L’article traite aussi de la réserve stratégique de pétrole des États-Unis. Un rapport a décrit le président Trump comme jouant au bras de fer avec le SPR, laissant entendre que tout nouveau prélèvement pourrait endommager les cavernes de sel qui stockent le pétrole et rendre la réserve inutilisable à l’avenir.

Un autre rapport indique que la pause de Trump ne visait pas à laisser une marge de négociation avec l’Iran, mais reflétait une pénurie de moyens défensifs aux États-Unis, alors même que les pertes au Moyen-Orient ont augmenté.

L’auteur suggère que le SPR est peut-être resté figé à son niveau actuel parce qu’un prélèvement supplémentaire risquerait d’endommager les cavernes de stockage. Il ajoute que le niveau actuel de la réserve pourrait aussi refléter un approvisionnement temporaire en pétrole expliqué dans ses écrits précédents.

Seul Trump est désespéré de conclure un accord

L’auteur affirme que l’Iran ne tient pas particulièrement à conclure un accord et qu’il est prêt à laisser l’usure imposer ses coûts au fil du temps. Il dit qu’une guerre en suspens est utile à l’Iran parce que les pauses dans les bombardements créent un espace pour des négociations qui ne sont pas réelles, ce qui lui donne plus de temps pour accroître la pression sur l’Occident.

L’Iran a affirmé que les États-Unis avaient subi une “défaite stratégique à chaque étape”. L’auteur dit que Trump est celui qui cherche sans cesse un accord, tandis que l’Iran continue d’exiger 100% de ce qu’il souhaite et de quitter les discussions.

Trump a affirmé qu’il y avait “une bonne chance” que la diplomatie débouche sur une percée et que “Nous parlons en ce moment.” Le principal négociateur iranien a toutefois nié que des discussions avec les États-Unis aient lieu.

L’auteur estime que les déclarations publiques de Trump influencent peut-être les marchés pétroliers, les algorithmes négociant sur ses paroles dans l’idée que d’autres algorithmes réagiront de la même manière. À ses yeux, ni l’IA ni Trump ne manifestent beaucoup de souci pour la vérité.

Il conclut que l’Iran profite d’une situation où Trump parle de négociations alors que l’Iran n’a même pas besoin d’y participer. Selon lui, l’Iran pense que le temps joue en sa faveur et qu’il peut supporter la douleur plus longtemps que Trump.

L’article se termine en indiquant que la tarification de marché s’est détachée de la réalité physique et que personne ne peut dire avec certitude ce que pensent les acteurs.

À propos de l’auteur

David Haggith

David Haggith est éditeur et rédacteur en chef de The Daily Doom, un site d’actualités économiques, sociales et politiques qui couvre les principaux développements mondiaux à partir de multiples sources, avec des éditoriaux quotidiens.

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