Indian Oil Corp. cherche à prendre des participations dans des transporteurs de gaz pour réduire les coûts de fret du GPL américain
Points clés
- •Indian Oil Corp. cherche à prendre des participations de 50 % dans des VLGC, devenant ainsi le premier raffineur indien à viser une propriété directe de navires pour accompagner la hausse des importations de GPL américain.
- •L’Inde prévoit de s’approvisionner aux États-Unis pour jusqu’à un quart de ses importations de GPL d’ici 2027, réduisant sa forte dépendance au Moyen-Orient, qui a fourni environ 90 % des 21.85 millions de tonnes métriques importées en 2025.
- •Les coûts de fret constituent le principal obstacle à l’augmentation des achats de GPL américain, car les cargaisons de la côte américaine du Golfe parcourent une distance bien plus longue que les approvisionnements du Moyen-Orient, rendant les coûts livrés très sensibles aux taux d’affrètement volatils.
- •La guerre en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz plus tôt cette année ont déclenché la pire pénurie de GPL en Inde, mettant en évidence la vulnérabilité du pays aux perturbations du trafic de tankers dans les voies maritimes clés du Moyen-Orient.
- •Les achats d’énergie américains s’inscrivent dans l’engagement plus large de l’Inde à accroître les importations en provenance des États-Unis de $10 billion et à porter le commerce bilatéral à $500 billion d’ici 2030.

Indian Oil Corp. cherche à prendre des participations de 50 % dans de très grands transporteurs de gaz (VLGC), une première pour un raffineur indien, alors que la société se prépare à transporter des volumes croissants de gaz de pétrole liquéfié (GPL) américain. L’Inde, l’un des plus grands importateurs mondiaux de GPL, dépend largement de ce combustible pour la cuisson domestique. Cette initiative s’inscrit dans le plan de l’Inde visant à s’approvisionner d’ici 2027 aux États-Unis pour jusqu’à un quart de ses importations de GPL et à réduire son exposition aux tarifs de fret du marché de l’affrètement, selon Business Standard, mercredi.
Indian Oil accepte des offres pour des navires d’une capacité comprise entre 80,000 et 93,500 mètres cubes. Les navires éligibles ne doivent pas avoir plus de 12 ans. Les soumissionnaires peuvent proposer jusqu’à deux navires, et IndianOil LNG pourrait acquérir un ou plusieurs navires dans le cadre de l’appel d’offres, selon The Economic Times.
La société a prévu une réunion de pré-offre le August 5 et fixé au September 7 la date limite de dépôt des offres commerciales et techniques. Les navires acquis seront immatriculés sous pavillon indien.
Les coûts de fret constituent le principal obstacle à l’augmentation des achats de GPL américain. Les cargaisons expédiées depuis la côte américaine du Golfe parcourent une distance bien plus longue que les approvisionnements en provenance de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Qatar, ce qui renchérit les coûts livrés même lorsque les prix américains du propane et du butane restent compétitifs. L’Inde a acheté en 2025 environ 90 % de ses 21.85 millions de tonnes métriques d’importations de GPL au Moyen-Orient. Les importations ont représenté 66 % de la consommation intérieure, laissant l’approvisionnement en gaz de cuisine des ménages vulnérable aux perturbations du trafic de tankers dans le détroit d’Ormuz.
La guerre en Iran et la fermeture d’Ormuz ont provoqué plus tôt cette année la pire pénurie de GPL en Inde. Cette perturbation de l’approvisionnement a aussi mis en évidence le fret comme principal facteur limitant pour l’Inde. Même lorsque le GPL américain est compétitif en prix, le trajet plus long depuis la côte américaine du Golfe rend les coûts livrés très sensibles aux tarifs d’affrètement des VLGC. La propriété de navires constitue donc désormais un avantage stratégique, et non plus seulement une décision logistique.
Indian Oil, Bharat Petroleum et Hindustan Petroleum préparent des appels d’offres pour des approvisionnements américains à partir de 2027. L’Inde prévoit que ses importations de GPL atteindront environ 20 millions de tonnes métriques l’année prochaine, alors que la consommation nationale reviendra à environ 31 millions de tonnes.
Les achats d’énergie américains font aussi partie de l’engagement plus large de l’Inde à accroître les importations en provenance des États-Unis de $10 billion et à porter le commerce bilatéral à $500 billion d’ici 2030, selon Reuters. Une propriété partielle des navires donnerait à Indian Oil un contrôle direct sur une partie de la facture de fret liée à ce basculement commercial.
Par Charles Kennedy pour OilPrice.com