La hausse des prix du brut et du GNL pèse sur le secteur pétrolier et gazier indien
Points clés
- •Le prix spot du GNL en Asie a atteint la semaine dernière son plus haut niveau depuis 2022, en hausse de 61 % sur un an et de 22 % au cours des trois derniers mois.
- •Les taux de fret sur la route Ras Tanura-Inde ont bondi de plus de 400 % depuis le 28 février, date du début de la guerre en Iran et de la fermeture du détroit d'Ormuz.
- •La facture d'importation de brut de l'Inde a augmenté de 60 % sur un an au deuxième trimestre, et celle de juillet a progressé de 41 % par rapport à l'an dernier.
- •Les marges de commercialisation de l'essence et du diesel en Inde restent négatives, même si des marges de raffinage plus solides ont partiellement compensé la pression.
- •Les prix élevés du GNL devraient comprimer les marges du secteur gazier indien et entraîner une baisse des importations de GNL en septembre, après les arrivées abondantes d'août.

Une nouvelle embellie des prix du pétrole brut et du GNL, combinée à une forte hausse des coûts de fret, pèse sur les marges de commercialisation du secteur pétrolier et gazier indien, alors que l'industrie affronte les répercussions de la guerre en Iran sur les flux mondiaux de pétrole et de GNL.
Des marges de raffinage plus solides ont compensé une partie de la pression baissière, mais les marges de commercialisation de l'essence et du diesel demeurent négatives. Parallèlement, les prix élevés du GNL en Asie devraient comprimer les marges du secteur gazier et entraîner probablement des importations indiennes de GNL plus faibles en septembre, a indiqué le courtier indien Equirus dans une note relayée par les médias locaux.
Dans un contexte d'incertitude sur l'approvisionnement en GNL en provenance du Moyen-Orient et de concurrence croissante entre l'Europe et l'Asie pour le gaz d'hiver, le prix spot du GNL en Asie a bondi la semaine dernière à son plus haut niveau depuis 2022 — en hausse de 61 % sur un an et de 22 % au cours des trois derniers mois. En conséquence, les importations indiennes de GNL devraient diminuer ce mois-ci après les arrivées abondantes d'août, selon Equirus. Ces prix élevés pèsent sur les grands consommateurs de gaz en Inde, dont les coûts restent très élevés. Cette pression est particulièrement importante pour l'Inde, qui importe la majeure partie du gaz naturel qu'elle consomme, laissant les distributeurs de gaz urbains, les producteurs d'engrais et les générateurs d'électricité exposés aux fluctuations du marché spot lorsque l'offre nationale est insuffisante.
Côté pétrole, la facture d'importation de brut de l'Inde a fortement augmenté ces derniers mois, en raison de la réduction des flux en provenance du Moyen-Orient et des risques accrus pour la navigation dans le détroit d'Ormuz. Les taux de fret sur la route clé reliant Ras Tanura, sur la côte du golfe Persique de l'Arabie saoudite, à l'Inde ont bondi de plus de 400 % depuis le 28 février, date du début de la guerre et de la fermeture du détroit d'Ormuz par l'Iran. Cette exposition est amplifiée par le fait que l'Inde importe environ 85 % de son pétrole brut, ce qui rend sa facture d'importation et l'économie de ses carburants aval particulièrement sensibles aux évolutions des prix et des coûts de transport liés à ce point de passage stratégique du golfe Persique.
L'Inde a payé 60 % de plus pour ses importations de pétrole brut au deuxième trimestre par rapport à la même période l'an dernier, la flambée des prix ayant plus que compensé la légère baisse des volumes importés. Cette hausse s'est poursuivie au début du troisième trimestre, avec une facture d'importation de juillet en hausse de 41 % sur un an.
Par Charles Kennedy pour Oilprice.com