Les actions IBM progressent après une étape majeure en informatique quantique
Points clés
- •L'action IBM a ouvert en hausse de 1,7 % à 232,74 dollars mercredi, portant la capitalisation boursière de l'entreprise à environ 219,27 milliards de dollars.
- •Les tests préliminaires ont montré que les deux modules cryogéniques intégrés atteignaient 4 kelvins en moins de cinq jours avant de descendre sous les 15 millikelvins, des températures indispensables au fonctionnement des puces quantiques.
- •IBM prévoit de déployer Starling, un superordinateur quantique tolérant aux pannes conçu pour environ 200 qubits et 100 milliards d'opérations, en 2029, suivi du système plus avancé Blue Jay en 2033.
- •Plusieurs analystes ont récemment abaissé leurs objectifs de cours sur IBM, dont Argus à 280 dollars, JPMorgan à 250 dollars et Jefferies à 260 dollars, tandis que l'objectif consensuel des 27 analystes s'établit à 265,40 dollars.
- •IBM fait l'objet d'une enquête pour fraude sur les titres menée par le cabinet Bleichmar Fonti and Auld en lien avec le ralentissement de son activité de mainframes Z, sans qu'aucune faute n'ait été établie.

Les actions IBM ont progressé à l'ouverture mercredi après que l'entreprise a annoncé avoir réussi à intégrer et à refroidir deux modules cryogéniques destinés à sa plateforme d'informatique quantique, une avancée qui fait progresser son projet de superordinateur quantique tolérant aux pannes baptisé Starling.
Les titres d'International Business Machines Corporation ont ouvert à 232,74 dollars, en hausse de 1,7 %, portant la capitalisation boursière de l'entreprise à 219,27 milliards de dollars.
Le pionnier de l'informatique a indiqué que les modules nouvellement intégrés constituent la base nécessaire pour relier des centaines de processeurs quantiques au sein d'un unique environnement de fonctionnement à ultra-basse température. IBM a précisé que cette réussite le rapproche de Starling, qu'il compte déployer d'ici la fin de la décennie.
La tolérance aux pannes permet à un système de continuer à fonctionner même lorsque certains composants tombent en panne. En informatique quantique, où les calculs reposent sur des états quantiques fragiles, cette capacité demeure depuis longtemps l'un des plus grands défis techniques du secteur. IBM n'est pas seul à s'y atteler : Google a déclaré fin 2024 que sa puce Willow avait démontré une baisse des taux d'erreur à mesure que davantage de qubits étaient reliés entre eux, et Microsoft, IonQ et PsiQuantum comptent parmi les autres acteurs travaillant à des machines à correction d'erreurs. Selon leurs partisans, de tels systèmes pourraient à terme simuler des molécules et des matériaux hors de portée des ordinateurs classiques, raison majeure pour laquelle gouvernements et entreprises ont engagé des milliards de dollars dans la recherche quantique.
« Quand nous parlons de Starling, nous parlons d'une machine à l'échelle de 200 qubits et de 100 milliards d'opérations », a déclaré Jerry Chow, responsable du supercalcul quantique chez IBM.
Cette architecture est conçue pour permettre le transfert de données entre les processeurs, ouvrant la voie à des tâches de calcul plus sophistiquées. Selon IBM, chaque module dépasse 8 pieds de haut comme de large et fonctionne actuellement dans une installation située dans le nord de l'État de New York.
Selon l'entreprise, les tests préliminaires ont montré que les modules atteignaient 4 kelvins en moins de cinq jours, avant de descendre sous les 15 millikelvins. Ces températures extrêmement basses, proches du zéro absolu et bien plus froides que l'espace profond (environ 2,7 kelvins), sont indispensables au fonctionnement des puces quantiques.
Cette annonce fait suite à la publication par IBM de trois articles techniques, en collaboration avec des partenaires de recherche, décrivant des méthodes de vérification en temps réel de l'exactitude des calculs quantiques.
Les dernières semaines ont également été marquées par une série de baisses d'objectifs de cours de la part des analystes. Argus a ramené son objectif de 360 à 280 dollars, JPMorgan de 291 à 250 dollars, et Jefferies de 320 à 260 dollars. Susquehanna a initié la couverture du titre avec un objectif de 225 dollars et une recommandation neutre.
Sur les 27 analystes couvrant IBM, 15 recommandent l'achat, 11 le maintien et un la vente. L'objectif de cours consensuel s'établit à 265,40 dollars. Au cours de l'année écoulée, les actions IBM ont évolué entre 199,19 et 332,46 dollars, tandis que la moyenne mobile sur 50 jours se situe à 249,44 dollars.
La détention institutionnelle reste élevée, à 58,96 %. Au deuxième trimestre, Merit Financial Group a accru de 6,6 % sa participation dans IBM, pour la porter à 55 171 actions d'une valeur d'environ 15,5 millions de dollars. Basepoint Wealth, Portus Wealth Advisors et Joseph Group Capital Management figurent parmi les autres sociétés ayant ouvert de nouvelles positions ces derniers trimestres.
IBM a publié un bénéfice de 2,93 dollars par action au deuxième trimestre, en ligne avec les attentes de Wall Street. Le chiffre d'affaires s'est établi à 17,16 milliards de dollars, en deçà des 17,46 milliards attendus, mais toujours en hausse de 1,1 % sur un an.
Les actionnaires recevront le 10 septembre un dividende trimestriel de 1,69 dollar par action, soit un rendement annualisé de 2,9 %.
L'entreprise fait par ailleurs l'objet d'une enquête pour fraude sur les titres menée par le cabinet d'avocats Bleichmar Fonti and Auld, liée au ralentissement de son activité de mainframes Z. Aucune conclusion quant à une faute n'a été rendue.
IBM a indiqué que Starling constituera une étape vers Blue Jay, un système quantique plus avancé que l'entreprise prévoit de lancer au début des années 2030. Selon la feuille de route publiée par IBM, Starling doit entrer en service en 2029, avant l'arrivée de Blue Jay en 2033.