Les FII remanient leur portefeuille bancaire au T1, en privilégiant les prêteurs privés de taille intermédiaire
Points clés
- •Les investisseurs institutionnels étrangers ont réduit leurs participations dans les plus grandes banques privées indiennes — HDFC Bank, ICICI Bank, Axis Bank et Kotak Mahindra Bank — au cours du trimestre de juin de l’exercice 2025.
- •Les FII ont augmenté leurs positions dans des prêteurs privés de taille intermédiaire et plus petits, notamment Federal Bank, IndusInd Bank, IDFC First Bank, YES Bank, RBL Bank et plusieurs small finance banks.
- •La rotation a été portée par la préférence des investisseurs pour des banques ayant achevé l’assainissement de leur bilan et ciblant des segments à forte croissance comme la banque de détail, la microfinance et le financement des PME.
- •Le secteur bancaire indien est resté, au cours du trimestre, la plus grande composante des indices boursiers de référence par pondération, ce qui accentue l’importance des changements de positionnement des FII dans ce groupe.
- •La future répartition des FII entre grandes banques et banques de taille intermédiaire dépendra probablement des résultats trimestriels, des marges nettes d’intérêt, de la croissance des dépôts par rapport au crédit et des ratios d’actifs non performants.

Les investisseurs institutionnels étrangers (FII) ont nettement ajusté leurs positions dans le secteur bancaire au cours du trimestre de juin, réduisant leur exposition aux grandes banques privées tout en augmentant simultanément leurs participations dans plusieurs prêteurs privés de taille intermédiaire et plus petits. Le trimestre de juin, qui couvre les trois premiers mois de l’exercice 2025, s’est inscrit dans une période où le secteur bancaire indien restait, par pondération, la plus grande composante des principaux indices boursiers, ce qui signifie que les positions des FII dans ce groupe ont des implications au-delà des seules actions concernées.
Les banques qui semblent attirer l’intérêt des FII comprennent Federal Bank, IndusInd Bank, IDFC First Bank, YES Bank et RBL Bank. Parmi les prêteurs plus petits mentionnés dans le cadre de cette rotation figurent Karnataka Bank, South Indian Bank, Equitas Small Finance Bank, DCB Bank, Tamilnad Mercantile Bank, Utkarsh Small Finance Bank, ESAF Small Finance Bank et Suryoday Small Finance Bank.
Facteurs à l’origine de la rotation
Ce mouvement traduit une préférence des investisseurs étrangers pour des banques offrant des catalyseurs de croissance spécifiques et des fondamentaux améliorés. Dans plusieurs cas, les prêteurs privés de taille intermédiaire et plus petits ont procédé à une amélioration de leur bilan, renforcé la qualité de leurs actifs et adopté des stratégies de crédit ciblées dans des segments à forte croissance tels que la banque de détail, la microfinance et le financement des petites et moyennes entreprises (PME). La croissance globale du crédit en Inde est restée à deux chiffres selon la Reserve Bank of India, et les plus petits prêteurs appliquant des stratégies ciblées dans des segments mal desservis ont cherché à capter une part de cette expansion.
Les grandes banques privées dont l’exposition des FII a diminué comprennent HDFC Bank, ICICI Bank, Axis Bank et Kotak Mahindra Bank. Ces institutions demeurent parmi les composantes les plus importantes des indices de référence indiens, le Sensex et le Nifty 50. HDFC Bank, à la suite de sa fusion en juillet 2023 avec sa maison mère HDFC Ltd, est la plus grande banque privée indienne par les actifs, tandis qu’ICICI Bank et Axis Bank figurent parmi les trois premières.
Les grandes banques offrent toujours de la valeur
Malgré la rotation trimestrielle, les grandes banques privées continuent d’offrir des franchises solides, des bases de dépôts établies et des valorisations raisonnables pour les investisseurs. Leurs vastes réseaux d’agences, leurs infrastructures numériques et leurs portefeuilles de prêts diversifiés restent des atouts concurrentiels dans le paysage bancaire indien, dominé à la fois par les grandes banques privées et par les établissements publics comme la State Bank of India. Le secteur bancaire indien est également encadré par des normes prudentielles définies par la RBI, notamment des exigences de ratio de fonds propres et des examens de la qualité des actifs, applicables à toutes les catégories de prêteurs.
Les perspectives dépendent des bénéfices et des valorisations
La capacité des grandes banques privées à regagner la faveur des FII dépendra probablement de la trajectoire des bénéfices futurs et de l’évolution des valorisations dans l’ensemble du secteur bancaire. Alors que les investisseurs étrangers continuent d’évaluer les perspectives de croissance, les tendances de la qualité des actifs et les coûts du crédit, l’équilibre des allocations entre grandes capitalisations et prêteurs de taille intermédiaire pourrait continuer à évoluer au cours des prochains trimestres. Les indicateurs clés à surveiller comprennent les résultats trimestriels, l’évolution des marges nettes d’intérêt, la croissance des dépôts par rapport à celle du crédit, ainsi que les ratios bruts et nets des actifs non performants.
Le contexte plus large de cette rotation inclut également l’activité des FII dans d’autres secteurs. Une couverture récente a noté que les FII avaient réduit leurs participations dans sept actions IT du Nifty avant que l’indice ne progresse en juillet, et que les investisseurs étrangers avaient renforcé leur pari sur une action liée à l’IA qui avait gagné environ 200% depuis le début de l’année. Par ailleurs, des rapports ont indiqué que les entrées de FII ont amélioré les perspectives d’août pour les actions indiennes.
Source : Economic Times Markets