ActualitésMacroLa FIFA révoque son directeur de l’exploitation Kevin Lamour après une critique publique d’Infantino

La FIFA révoque son directeur de l’exploitation Kevin Lamour après une critique publique d’Infantino

Auteur: CryptoBriefing·

Points clés

  • La FIFA a révoqué Kevin Lamour, directeur de l’exploitation, avec effet au 17 août 2026, environ neuf mois après son arrivée en provenance de l’UEFA, où il était secrétaire général adjoint.
  • Lamour a accusé publiquement le président Gianni Infantino d’avoir trompé le personnel au sujet de projets visant à vendre des recettes futures de la Coupe du monde à des fonds de private equity et à créer une filiale commerciale de 20 milliards de dollars.
  • La Coupe du monde génère l’essentiel des revenus de la FIFA, soit environ 7,5 milliards de dollars sur le cycle 2019–2022, avec près de 11 milliards de dollars projetés sur les quatre années allant jusqu’en 2026.
  • Des tensions précédaient le licenciement : un conseiller principal avait démissionné avant la déclaration de Lamour et celui-ci aurait été exclu de réunions de crise internes.
  • La FIFA n’a pas expliqué publiquement cette révocation et les projets de cession de parts et de filiale commerciale restent sans issue, le Congrès de la FIFA détenant l’autorité ultime.
La FIFA révoque son directeur de l’exploitation Kevin Lamour après une critique publique d’Infantino

La FIFA a révoqué son directeur de l’exploitation, Kevin Lamour, avec effet au 17 août 2026, après une confrontation publique au cours de laquelle il a accusé le président Gianni Infantino d’avoir induit le personnel en erreur au sujet de projets de cession de parts des droits commerciaux de la Coupe du monde à des investisseurs en private equity. Cette éviction met fin à un passage remarquablement bref pour un dirigeant qui n’avait rejoint l’organisation qu’environ neuf mois plus tôt.

Les accusations à l’origine du départ

Le 31 juillet, Lamour a publié une déclaration accusant Infantino d’un manque de transparence sur deux propositions liées : la vente de futures recettes de la Coupe du monde à des fonds de private equity, et la création d’une filiale commerciale de 20 milliards de dollars que Lamour a décrite comme « a bad deal for football ».

L’accusation allait au-delà d’un simple désaccord stratégique. Lamour a affirmé qu’Infantino avait activement trompé le personnel de la FIFA sur la nature et les implications de ces projets — une accusation nettement plus grave qu’un différend de politique entre dirigeants.

Cette accusation est particulièrement sensible à la FIFA, qui fait l’objet d’un contrôle renforcé en matière de gouvernance depuis le scandale de corruption de 2015, lorsque les procureurs américains ont inculpé des dizaines de responsables du football et que l’organisation a adopté un programme de réforme centré sur la transparence et la responsabilité. Infantino dirige la FIFA depuis 2016, après cette crise.

« If that means I lose my job, then so be it. I'll sleep well tonight, » a déclaré Lamour, selon les comptes rendus de sa déclaration. Il a présenté sa décision de parler comme un acte de solidarité avec ses collègues, laissant entendre que la poussée vers la commercialisation entraînait des conséquences dont le personnel n’avait pas été informé.

La FIFA n’a publié aucune déclaration publique expliquant cette éviction.

La stratégie commerciale au cœur du conflit

La filiale commerciale proposée, d’un montant de 20 milliards de dollars, aurait constitué une structure distincte pour loger et vendre ces droits, éloignant sur le plan structurel la gouvernance centrale de la FIFA de ses flux de revenus les plus lucratifs. Ces flux sont considérables : la Coupe du monde génère l’essentiel des revenus de la FIFA — environ 7,5 milliards de dollars sur le cycle 2019–2022, avec près de 11 milliards de dollars projetés pour les quatre années allant jusqu’en 2026 — et le tournoi 2026, le premier à réunir 48 équipes, s’est déroulé aux États-Unis, au Canada et au Mexique.

Vendre des participations dans ces droits marquerait une rupture pour la FIFA, qui s’est historiquement financée par des ventes directes, cycle par cycle, des droits de diffusion et de sponsoring de la Coupe du monde. Cela s’inscrirait toutefois dans une tendance plus large du sport de haut niveau : CVC Capital Partners a pris des participations minoritaires dans la Liga espagnole, la Ligue 1 française et le Tournoi des Six Nations de rugby international, tandis que Silver Lake a investi dans la société mère de Manchester City, City Football Group — des opérations qui ont échangé des liquidités immédiates contre une part des revenus médiatiques et commerciaux à long terme, et qui ont suscité l’opposition et des recours judiciaires de certains clubs.

La critique de Lamour n’est pas survenue de manière isolée. Un conseiller principal avait déjà démissionné avant sa déclaration, et des informations ont indiqué que Lamour avait été délibérément exclu des réunions de crise internes à mesure que les tensions s’aggravaient au sein de l’organisation.

Un mandat bref, un départ rapide

Lamour a rejoint la FIFA comme COO le 1er novembre 2024, en provenance de l’UEFA, où il occupait le poste de secrétaire général adjoint. Moins d’un an plus tard, il est parti — licencié après avoir publiquement défié le président.

La chronologie des événements correspond à cette lecture : un conseiller principal a démissionné avant que Lamour ne s’exprime ; Lamour aurait été écarté des réunions ; puis Lamour a parlé ; puis Lamour a été licencié.

Le sort des propositions commerciales sous-jacentes — la vente de parts à des investisseurs en private equity et la structure de filiale de 20 milliards de dollars — reste indéterminé. En vertu des statuts de la FIFA, l’autorité ultime sur la gouvernance de l’organisation appartient au Congrès de la FIFA, où chacune des 211 associations membres dispose d’une voix. Le départ de Lamour élimine un opposant interne vocal, mais ne règle pas les questions de fond qu’il a soulevées.