EY et le managing partner de Londres condamnés à plus de 1,3 million de livres sterling pour des défaillances d’audit
Points clés
- •Le Financial Reporting Council a infligé à EY une amende de 1,1 million de livres sterling et à Julie Carlyle une amende de 49 000 livres sterling pour des manquements dans l’audit 2021 de Made.com.
- •Le régulateur a estimé que les auditeurs n’avaient pas correctement évalué la fiabilité des modèles de prévision de la direction.
- •EY et Carlyle n’ont pas non plus obtenu suffisamment d’éléments probants pour étayer le caractère recouvrable des actifs d’impôt différé de Made.com.
- •Les sanctions ont été réduites car tous deux ont reconnu les manquements rapidement et ont coopéré à l’enquête.
- •Made.com a ensuite été placé en administration en 2022, puis racheté par Next pour 3,4 millions de livres sterling, sans reprise du personnel ni de la dette.

Le cabinet du Big Four EY et le managing partner de son bureau londonien ont été condamnés à une amende de près de 1,3 million de livres sterling par le Financial Reporting Council (FRC) pour des défaillances d’audit liées au détaillant Made.com en 2021.
Le régulateur a indiqué que cette sanction faisait suite à une enquête visant Julie Carlyle, qui dirige le bureau de la City et supervise un portefeuille de nombreux clients de la distribution cotés au FTSE, ainsi que la gestion par le cabinet de l’audit statutaire de Made.com, aujourd’hui en faillite.
Le FRC a infligé une amende de 1,1 million de livres sterling à EY et une amende de 49 000 livres sterling à Carlyle. Les deux sanctions ont été réduites, car le cabinet et Carlyle ont reconnu les manquements auprès du régulateur peu après leur survenue et ont coopéré à l’enquête.
Les manquements concernent le fait qu’EY et Carlyle n’ont pas पर्याप्तment appliqué les procédures requises pour évaluer l’exactitude et la fiabilité des modèles de prévision financière de la direction chez Made.com.
Les auditeurs du Big Four n’ont pas non plus recueilli suffisamment d’éléments probants concernant les actifs d’impôt différé de l’entreprise afin de confirmer qu’ils étaient bien recouvrables.
Par ailleurs, ils n’ont pas pris en compte de nouveaux éléments pertinents apparus entre le moment où les audits ont été préparés et la date de signature du rapport d’audit final.
Cette affaire s’inscrit dans le contexte de la chute du groupe de mobilier, coté à la Bourse de Londres jusqu’à l’effondrement de son cours après son placement en administration en 2022, à la suite d’une baisse de la demande des consommateurs après la pandémie de Covid, puis de son retrait du marché.
Made.com sauvé par Next
Le distributeur du FTSE 100 Next a acheté en novembre 2022 le nom de marque, le site internet et la propriété intellectuelle de Made.com pour 3,4 millions de livres sterling, afin de vendre les produits dans ses propres magasins.
Cependant, l’opération n’incluait ni la sauvegarde des salariés existants de Made.com ni la reprise de sa dette financière. La faillite et la vente ont entraîné environ 400 suppressions d’emplois.
« Dans ce cas, les auditeurs se sont appuyés sur les prévisions de la direction sans remettre suffisamment en cause ces hypothèses ni effectuer des tests adéquats pour obtenir des éléments probants suffisants. En l’absence d’une telle remise en cause et de tels éléments, le risque est accru que les états financiers donnent une image inexacte de la situation financière d’une entreprise », a déclaré Penrose Foss, conseiller juridique exécutif au FRC.
En réponse à la notification du FRC, un porte-parole d’EY a déclaré : « La réalisation d’audits de haute qualité reste notre priorité », et le cabinet est « déterminé à tirer les enseignements de cette affaire ».