Les Bourses européennes terminent la semaine en baisse alors que les rendements français grimpent ; le Brent au-dessus de 117 $, le brut dépasse 103 $
Points clés
- •Les cinq principaux indices d'actions européens ont enregistré des pertes hebdomadaires, l'FTSE MIB italien cédant 2,60 % sur la semaine malgré un gain de 0,36 % vendredi.
- •Le rendement des obligations d'État françaises à 10 ans a grimpé de 16,7 points de base sur la semaine à 5,018 %, son plus haut niveau depuis 2002, dépassant à la fois les 4,580 % de l'Italie et les 4,046 % de l'Espagne.
- •Le blocage budgétaire, un déficit important, des manifestations qui s'intensifient et le risque d'une dégradation Moody's ont poussé les investisseurs à exiger des rendements plus élevés sur la dette française, élargissant le spread de la France par rapport à l'Allemagne de 24,1 points de base.
- •Les marchés américains ont divergé, le Nasdaq Composite progressant de 0,26 % tandis que le Dow perdait 486 points, et le rendement du Trésor à 10 ans grimpait à 4,9904 %, approchant le seuil des 5 %.
- •Le pétrole brut a bondi de 3,58 % à 103,03 $, tandis que l'or et l'argent reculaient à mesure que les rendements américains progressaient.

Les principaux indices boursiers européens ont clôturé en ordre dispersé vendredi mais ont terminé la semaine en baisse sur toute la ligne, les rendements des obligations d'État françaises atteignant leur plus haut niveau depuis 2002 dans un contexte de blocage budgétaire et de manifestations qui s'intensifient.
L'Espagne et l'Italie ont engrangé des gains lors de la séance de vendredi, tandis que l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni ont terminé en baisse.
Les actions européennes terminent la semaine dans le rouge
Niveaux de clôture et variations hebdomadaires des principaux indices :
- DAX allemand : 25,.30, en baisse de 0,86 % sur la journée et de 1,84 % sur la semaine
- CAC 40 français : 7 782,83, en baisse de 0,36 % sur la journée et de 2,19 % sur la semaine
- FTSE 100 britannique : 10 690,37, en baisse de 0,32 % sur la journée et de 1,76 % sur la semaine
- IBEX 35 espagnol : 18 989,81, en hausse de 0,40 % sur la journée mais en baisse de 1,74 % sur la semaine
- FTSE MIB italien : 48 558,85, en hausse de 0,36 % sur la journée mais en baisse de 2,60 % sur la semaine
Le rebond de l'Italie vendredi n'a pas suffi à empêcher la plus forte baisse hebdomadaire parmi les cinq marchés.
La largeur de marché a souligné le caractère inégal de la séance. L'Allemagne a recensé 24 valeurs en baisse contre 14 en hausse, la France 24 contre 16, et le Royaume-Uni 53 contre 38. L'Espagne et l'Italie ont compté plus de valeurs en hausse qu'en baisse, soutenant leurs clôtures positives.
Les obligations françaises se démarquent cette semaine
Le marché obligataire européen a raconté une histoire plus contrastée. Les rendements à 10 ans allemands et britanniques ont reculé sur la semaine, tandis que les rendements français et italiens ont progressé. Les rendements espagnols sont restés inchangés.
Les rendements français ont grimpé cette semaine alors que le blocage budgétaire, un déficit important et des manifestations qui s'intensifient ont suscité des doutes sur la capacité du gouvernement à maîtriser sa dette. Les investisseurs ont exigé un rendement plus élevé pour détenir des obligations françaises, le risque d'une dégradation de la notation par Moody's venant ajouter à la pression. Le rendement de référence français à 10 ans se situe désormais à son plus haut niveau depuis 2002.
Comme les prix des obligations baissent lorsque les rendements augmentent, cette progression hebdomadaire se traduit par une perte sur la dette d'État française existante — et par un coût plus élevé pour l'État en cas de nouvelle émission à ces niveaux.
Variations hebdomadaires des rendements de référence à 10 ans :
- Allemagne : en baisse de 7,4 points de base
- France : en hausse de 16,7 points de base
- Royaume-Uni : en baisse de 3,8 points de base
- Espagne : inché
- Italie : en hausse de 7,0 points de base
La France reste la plus marquante. Son rendement à 10 ans a reculé de 6,2 points de base vendredi à 5,018 %, offrant un certain répit, mais ce repli quotidien n'a guère permis de contrebalancer la hausse hebdomadaire. À titre de comparaison, ce niveau de clôture se situe au-dessus des 4,580 % de l'Italie et des 4,046 % de l'Espagne, plaçant la France en tête des émetteurs de la zone euro couverts ici.
Avec la baisse des rendements allemands et la hausse des rendements français, la prime française par rapport à l'Allemagne s'est élargie de 24,1 points de base cette semaine. Il s'agit d'une divergence considérable, les obligations françaises sous-performant même alors que les obligations allemandes attirent des achats. Toute action de notation de Moody's et toute évolution du blocage budgétaire français — les deux pressions à l'origine de cette revalorisation hebdomadaire — constituent les points de mire les plus clairs pour le spread à partir de maintenant.
Ailleurs vendredi, le rendement à 10 ans allemand a progressé de 1,4 point de base à 3,346 %, le rendement britannique a augmenté de 2,7 points de base à 5,361 %, l'espagnol a légèrement grimpé de 0,2 point de base à 4,046 %, et l'italien a reculé de 0,2 point de base à 4,580 %.
Actions américaines mitigées alors que les rendements du Trésor rebondissent
Aux États-Unis, les valeurs technologiques ont montré une certaine reprise après les ventes de jeudi, mais les gains n'ont pas entraîné l'ensemble du marché à la hausse. Le Dow a chuté de près de 500 points, et le S&P 500 a terminé modestement en baisse.
Au moment du relevé :
- Dow Jones Industrial Average : 52 387,25, en baisse de 486,03 points, soit 0,92 %
- S&P 500 : 7 653,87, en baisse de 9,56 points, soit 0,12 %
- Nasdaq Composite : 26 077,58, en hausse de 68,72 points, soit 0,26 %
- Nasdaq 100 : 29 117,39, en hausse de 158,71 points, soit 0,55 %
- Russell 2000 : 2 777,65, en baisse de 6,38 points, soit 0,23 %
Les indices Nasdaq ont rebondi, mais le Dow et les small caps ont pris du retard. Les acheteurs ont tenté de stabiliser les valeurs technologiques, tandis que le marché au sens large avait encore du travail à faire.
Les rendements du Trésor américain ont progressé, les plus fortes hausses se situant à l'extrémité courte de la courbe :
- 2 ans : 4,6946 %, en hausse de 6,0 points de base
- 5 ans : 4,8120 %, en hausse de 4,4 points de base
- 10 ans : 4,9904 %, en hausse de 3,7 points de base
- 30 ans : 5,3114 %, en hausse de 2,4 points de base
Le rendement américain à 10 ans est de retour à moins d'un point de base de 5 %. Le 10 ans sert de taux de référence pour tout, des prêts hypothécaires aux emprunts des entreprises, ce qui explique pourquoi sa proximité avec ce chiffre rond a une importance bien au-delà du marché obligataire.
Le pétrole bondit au-dessus de 103 $ ; l'or et l'argent reculent
Le pétrole brut a livré la mouvement matières premières le plus marquant. Le contrat coté s'est échangé à 103,03 $, en hausse de 3,56 $, soit 3,58 %. Cette progression place fermement le pétrole au-dessus du seuil des 100 $ et maintient les coûts de l'énergie au centre de l'attention alors que les rendements obligataires rebondissent. Le Brent, référence internationale, s'est échangé au-dessus de 117 $.
L'or, quant à lui, s'est échangé près d'un chiffre rond important à 4 003,03 $, en baisse de 21,48 $, soit 0,53 %. L'argent était également en baisse, de 0,87 % à 54,10 $. Les deux métaux ont reculé à mesure que les rendements américainsaient.
Le Bitcoin s'est raffermi à 81 532 $, en hausse de 2 160 $, soit 2,72 %, tandis que le gaz naturel a progressé de 1,97 % à 6,524 $.
La semaine se clôture sur des pertes pour les principaux marchés d'actions européens, un net élargissement de la prime de rendement de la France par rapport à l'Allemagne, et un pétrole au-dessus de 103 $. Les gains de vendredi en Espagne, en Italie et dans les valeurs technologiques américaines ont offert un certain répit, mais les achats sont restés sélectifs.