Les actions européennes reculent alors que le Brent approche les 100 dollars le baril et que Novartis s'effondre après des échecs d'essais cliniques
Points clés
- •Novartis a chuté de plus de 10 %, se dirigeant vers sa pire séance de son histoire, après l'échec de son essai del-desiran contre la dystrophie myotonique, suivant l'échec un jour plus tôt de l'essai du pelacarsen, médicament expérimental contre le cholestérol.
- •Le Brent a gagné près de 2 % pour s'établir autour de 98,50 dollars le baril après que l'Iran a menacé de frapper les infrastructures énergétiques du Golfe en cas d'attaque.
- •Le STOXX 600 paneuropéen a reculé de 0,6 % à environ 646 points, le DAX, le CAC 40 et le FTSE 100 perdant chacun entre 0,4 % et 0,6 %.
- •La Banque centrale européenne devrait largement relever ses taux directeurs de 25 points de base lors de sa réunion de jeudi.
- •L'Allemagne a affiché un excédent commercial de 21,27 milliards d'euros en juillet, tandis que le déficit français s'est creusé à 6,7 milliards d'euros.

Les marchés actions européens ont reculé mardi, la hausse des prix du pétrole ravivant les craintes d'inflation et Novartis subissant l'une des pires chutes quotidiennes de son histoire.
Le STOXX 600 paneuropéen a perdu 0,6 % pour s'établir autour de 646 points en milieu de matinée. Le DAX allemand, le CAC 40 français et le FTSE 100 de Londres ont chacun reculé entre 0,4 % et 0,6 %. Ce déclin généralisé prolonge une période mouvementée pour les actions européennes, qui ont dû absorber ces dernières séances une vente obligataire et des attentes changeantes concernant les banques centrales.
Novartis frappé par deux échecs d'essais cliniques consécutifs
Novartis a été la plus forte baisse du STOXX 600, chutant de plus de 10 % et se dirigeant vers sa pire séance de son histoire. Le laboratoire suisse a annoncé que son essai de phase avancée pour le del-desiran, un traitement de la dystrophie myotonique, n'avait pas atteint son critère d'évaluation principal. La dystrophie myotonique est une maladie neuromusculaire héréditaire rare, sans traitement approuvé ciblant sa cause sous-jacente, ce qui explique l'attention particulière des investisseurs pour les programmes de phase avancée dans cette maladie.
L'annonce intervient à peine un jour après que Novartis a révélé que le pelacarsen, son médicament expérimental contre le cholestérol, avait également échoué lors d'un essai de phase avancée. Deux revers en deux jours ont poussé les investisseurs vers la sortie. Ce double coup met en lumière une réalité plus large pour les grands groupes pharmaceutiques : les candidats médicaments en essais de phase avancée, très coûteux, peuvent représenter des milliards de revenus futurs potentiels, et un seul échec peut effacer des années de dépenses de développement et de ventes attendues en une seule séance de bourse.
Fiona Cincotta, analyste marché senior chez Stone-X, a souligné que Novartis avait encore affiché des gains solides en début d'année avant ces revers.
À l'inverse, Sandoz a gagné 4,5 % après que l'entreprise pharmaceutique suisse a annoncé viser un doublement de ses ventes nettes entre 2025 et 2035. Sandoz, l'ancienne branche génériques et biosimilaires de Novartis, a été scindée et cotée séparément en bourse en 2023.
Par ailleurs, Poste Italiane a rehaussé son offre de rachat sur Telecom Italia. Les actions Telecom Italia ont gagné 2,5 % sur cette annonce, tandis que Poste Italiane restait stable. Cette offre constitue la dernière étape de la consolidation de longue date du secteur télécoms italien.
Le pétrole proche de 100 dollars alors que les tensions au Moyen-Orient montent
Les contrats à terme sur le Brent s'échangeaient autour de 98,50 dollars le baril, en hausse de près de 2 %, après que l'Iran a menacé de frapper les infrastructures énergétiques de l'ensemble du Golfe, y compris les actifs pétroliers et gaziers américains, en cas d'attaque. Cette hausse a fait gagner 0,6 % aux valeurs de l'énergie alors que le reste du marché reculait. Un dépassement durable des 100 dollars ramènerait le brut à des niveaux inédits depuis les chocs d'offre de 2022, un seuil qui a historiquement pesé sur les économies tournées vers la consommation et dépendantes des importations d'énergie, comme c'est le cas de la majeure partie de l'Europe.
La hausse des prix du pétrole accentue la pression inflationniste en Europe et dans le monde. Les marchés obligataires ont connu une vente la semaine dernière, et les banques centrales sont désormais attendues sur des taux plus élevés plus longtemps. La Banque centrale européenne devrait largement relever ses taux directeurs de 25 points de base lors de sa réunion de jeudi. Cette décision sera scrutée de près pour tout signal sur la trajectoire au-delà du mouvement de cette semaine.
Les investisseurs attendent également les données américaines sur l'inflation, attendues plus tard dans la semaine. Ce rapport fait suite à des chiffres de l'emploi américain plus forts qu'attendu, qui ont renforcé les paris sur un nouveau relèvement de taux de la Réserve fédérale ce mois-ci.
Les valeurs bancaires européennes ont chuté de 1,3 %. Selon les analystes, les banques reflètent généralement en premier les inquiétudes concernant un ralentissement économique, et la hausse des prix du pétrole alimente les craintes d'une possible récession dans la zone euro.
L'euro est resté stable autour de 1,16 dollar. Les rendements des obligations britanniques à 10 ans ont gagné 2 points de base à 5,19 %, tandis que le rendement allemand à 10 ans a légèrement progressé à 3,39 %.
Sur le front commercial, l'Allemagne a affiché un excédent de 21,27 milliards d'euros, tandis que le déficit commercial français s'est creusé à 6,7 milliards d'euros en juillet. Ces chiffres soulignent la divergence persistante entre la plus grande économie européenne, tirée par l'industrie exportatrice, et la deuxième, fortement dépendante des importations d'énergie.
La pression sur les marchés européens intervient après un lundi calme, les marchés américains ayant été fermés pour le jour férié du Labor Day.