Le 21e train de sanctions de l’UE abandonne l’interdiction complète des services maritimes
Points clés
- •L’UE a abandonné une proposition d’interdiction complète des services maritimes, préservant une voie permettant aux opérateurs européens de transporter du pétrole russe sous le plafond de prix.
- •Le paquet ajoute 41 navires, portant à 632 le nombre total de navires sanctionnés, et vise également des ship managers, une agence de recrutement d’équipage, des négociants pétroliers et des intermédiaires.
- •Le Oil Price Cap sur le pétrole brut reste gelé à 44,10 $/bbl jusqu’en juillet 2027, avec des révisions prévues.
- •L’UE a précisé que l’interdiction des services de terminaux GNL, entrant en vigueur le 1 janvier, s’applique aux opérateurs liés à la Russie, y compris certaines entités de l’UE et de pays tiers contrôlées par des sociétés russes.
- •Le paquet comprend des restrictions à l’importation sur plusieurs minerais métalliques et accorde à la raffinerie de Kulevi, en Géorgie, six mois pour cesser d’utiliser du pétrole russe.

L’Union européenne a publié son 21e train de sanctions et, comme prévu, a abandonné la proposition d’une interdiction complète des services maritimes. Cette décision permet aux armateurs européens et aux prestataires de services maritimes de continuer à transporter du pétrole russe, à condition que la cargaison soit vendue en dessous du Oil Price Cap.
La plupart des éléments du paquet avaient déjà été largement évoqués, mais un désaccord sur une interdiction totale des services maritimes pour le pétrole russe et le GNL, menée par la Grèce, a retardé l’approbation finale. Environ 25 % du pétrole brut, des produits raffinés et du fuel oil russes est transporté par des armateurs européens sous le plafond de prix, ce qui souligne pourquoi les règles relatives aux services maritimes restent un levier d’application essentiel dans l’effort plus large de l’UE pour contenir les recettes énergétiques russes sans rompre complètement les arrangements de transport existants.
Les sanctions maritimes visent de plus en plus à réduire les revenus du Kremlin tirés du GNL. Le paquet apporte également davantage de clarté sur l’interdiction des services de terminaux GNL qui entre en vigueur le 1 janvier. Cette mesure a soulevé des préoccupations de conformité pour les entreprises qui avaient signé des contrats et réalisé des investissements avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, car le texte juridique doit désormais articuler les restrictions de sanctions avec des engagements commerciaux et des usages d’infrastructures préexistants.
Mesures incluses dans le paquet
- 41 navires supplémentaires ont été désignés, portant le total à 632. L’UE a indiqué que ces navires avaient été visés pour avoir soutenu le secteur énergétique russe, transporté du matériel militaire ou du grain ukrainien volé. Plusieurs petits tankers de soutage utilisés pour approvisionner les navires de la shadow fleet figuraient également sur la liste.
- Huit ship managers en Inde, à Singapour, à Oman, en Chine et aux Émirats arabes unis ont été sanctionnés.
- Aquamarine Ship Management, basée à Dubaï et décrite comme la première agence de recrutement d’équipage sanctionnée dans le cadre du paquet, a été inscrite sur la liste.
- Trois raffineries pétrolières en Russie et une au Bélarus ont été sanctionnées.
- Des restrictions à l’importation ont été introduites pour les minerais de cuivre, de nickel, de plomb et les minerais de métaux précieux.
- Des restrictions ont également été imposées sur les ventes de méthaniers appartenant à l’UE. Les armateurs doivent notifier les régulateurs avant toute vente à des pays tiers, tandis qu’une interdiction totale reste à l’étude.
- Le Oil Price Cap pour le pétrole brut a été gelé à son niveau actuel de 44,10 $/bbl jusqu’en juillet 2027, avec des révisions mentionnées.
- Des négociants et intermédiaires pétroliers, dont Redwood Global Supply, un négociant pétrolier basé aux Émirats arabes unis utilisé pour contourner les sanctions visant des producteurs de pétrole russes, notamment Rosneft et Lukoil, ont été ajoutés.
- L’exemption du Japon pour la réception de brut provenant du projet Sakalin 2 de la Russie a été prolongée.
- Une exemption temporaire de l’interdiction complète des services GNL commençant le 1 janvier a été accordée aux transporteurs de GNL appartenant à l’UE qui ont signé des contrats avant février 2022.
- L’interdiction des services de terminaux GNL introduite dans le 20e paquet et entrant en vigueur le 1 janvier a également été précisée afin de couvrir les opérateurs russes, de l’UE et de pays tiers non russes contrôlés par des sociétés russes.
- La raffinerie de Kulevi, en Géorgie, dispose de six mois pour cesser d’utiliser du pétrole russe.
Douze des 41 navires sanctionnés l’étaient déjà. Parmi les nouvelles inscriptions, 34 étaient des tankers, dont des petits tankers côtiers, six étaient des vraquiers et un était un navire de service.
Les paquets précédents se sont de plus en plus concentrés sur les facilitateurs et les agents de la contournement des sanctions dans le domaine maritime. Parmi les personnes inscrites figure Suniel Kumar, un ressortissant indien présenté comme l’architecte d’un réseau de registres maritimes frauduleux utilisés par des tankers de la shadow fleet sanctionnés pour contourner les sanctions.
Kumar est lié au registre du Guyana, décrit dans le rapport comme le plus grand registre maritime frauduleux utilisé par les tankers de la shadow fleet, ainsi qu’à au moins une douzaine d’autres.
Le texte juridique contient également une disposition autorisant les autorités à « dispose safely of Russia oil cargoes they seize and confiscate ». Au moins trois navires de la shadow fleet sont actuellement saisis par les autorités en France, en Allemagne et en Belgique.
Source: Windward