L’Égypte et la Libye proches d’un accord de 1 milliard de dollars sur un oléoduc
Points clés
- •L’oléoduc proposé relierait Tobrouk à Alexandrie sur 800 kilomètres et coûterait plus de 1 milliard de dollars à construire.
- •L’Égypte vise à importer au moins 1 million de barils de brut libyen par mois après la suspension des livraisons koweïtiennes à la suite de la fermeture du détroit d’Ormuz.
- •La production totale de liquides de la Libye atteint environ 1,48 million de barils par jour, son plus haut niveau depuis plus d’une décennie, avec un objectif de 1,5 million bpd.
- •L’oléoduc terrestre permettrait d’alimenter les raffineries égyptiennes sans dépendre des navires-citernes ni de l’infrastructure existante du canal de Suez et du SUMED.
- •Le projet fait suite à des discussions entre le Premier ministre égyptien Mostafa Madbouly et le Premier ministre libyen Abdul Hamid Dbeibeh sur l’expansion de la coopération dans le raffinage pétrolier, le gaz naturel et l’électricité.

L’Égypte et la Libye seraient proches d’un accord pour construire un oléoduc de 800 kilomètres reliant Tobrouk à Alexandrie, créant une route directe pour que le brut libyen atteigne les raffineries égyptiennes, alors que le conflit avec l’Iran perturbe les circuits d’approvisionnement traditionnels de l’Égypte depuis le Golfe.
L’oléoduc proposé coûterait plus de 1 milliard de dollars, selon un responsable gouvernemental qui s’est entretenu avec Asharq Bloomberg sous couvert d’anonymat. Les deux pays étudient désormais les modalités de financement, la mise en œuvre et la capacité finale de l’oléoduc, laquelle dépendra des volumes exportables disponibles en Libye et des capacités de traitement des raffineries égyptiennes.
Le projet intervient alors que l’Égypte cherche à remplacer en urgence des approvisionnements en brut perturbés par la fermeture du détroit d’Ormuz. Le Caire cherche à importer au moins 1 million de barils de brut libyen par mois après la suspension des livraisons koweïtiennes, selon un responsable du gouvernement égyptien précédemment cité par Asharq Bloomberg.
Un oléoduc direct Tobrouk–Alexandrie donnerait à l’Égypte accès au brut libyen sans dépendre des expéditions par navires-citernes, tout en offrant à la Libye un débouché supplémentaire pour son pétrole, dont la production atteint son plus haut niveau depuis plus d’une décennie. Cette route terrestre contournerait également le canal de Suez et le complexe d’oléoducs SUMED, l’infrastructure égyptienne existante de transit pétrolier est-ouest, en s’approvisionnant auprès d’un voisin occidental plutôt qu’auprès du Golfe.
La Libye produit actuellement environ 1,43 million de barils par jour de brut, auxquels s’ajoutent 49 000 bpd de condensats, portant la production totale de liquides à environ 1,48 million bpd. Le président de la National Oil Corp., Masoud Suleman, a déclaré que le pays vise 1,5 million bpd. Ces chiffres sont notables étant donné que le secteur pétrolier libyen a été à plusieurs reprises perturbé par l’instabilité politique et les conflits internes depuis 2011, ce qui fait de la production soutenue proche des niveaux actuels un développement relativement récent.
Le projet d’oléoduc fait suite à des discussions entre le Premier ministre égyptien Mostafa Madbouly et le Premier ministre du حكومة d’unité nationale libyenne, Abdul Hamid Dbeibeh, axées sur l’élargissement de la coopération dans le raffinage pétrolier, le gaz naturel et l’électricité.
Pour la Libye, le projet pourrait ouvrir un nouveau marché à sa production croissante tout en permettant à une partie du brut de revenir sous forme de produits raffinés pour la consommation intérieure. Pour l’Égypte, l’accord fournirait un apport supplémentaire à son système de raffinage méditerranéen — centré sur des installations à Alexandrie et dans ses environs — à un moment où les routes d’approvisionnement du Golfe restent exposées au conflit en cours avec l’Iran.
La National Oil Corp. libyenne n’a pas répondu à la demande de commentaire d’Asharq Bloomberg.
Par Charles Kennedy pour Oilprice.com