Le pétrole brut progresse alors que des rapports font état d’une attaque américaine contre l’Iran ; les actions reculent
Points clés
- •Les États-Unis ont frappé l’île iranienne de Larak, et l’Iran a répondu par des attaques de missiles contre deux bases américaines en Jordanie.
- •Deux tankers transportant du brut saoudien ont été touchés près d’Oman après avoir quitté le détroit d’Ormuz, et les équipages ont été signalés en sécurité.
- •L’Iran a averti que s’il ne peut pas exporter son pétrole, les autres exportateurs du Golfe pourraient aussi être empêchés d’exporter.
- •Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a déclaré que des sanctions bancaires contre l’Iran étaient probables dans les prochaines semaines.
- •Des responsables américains ont indiqué que les discussions sur la transition du Venezuela devraient reprendre à la mi-mois, Chevron devant y विस्तारer ses activités.

Le pétrole brut progresse et les actions reculent après des informations faisant état d’une attaque américaine contre l’Iran. Des rapports locaux indiquent que des explosions ont été entendues à Chabahar et Bandar Abbas.
Un récapitulatif des dernières tensions montre :
Les échanges militaires directs ont repris : les États-Unis ont frappé l’île iranienne de Larak le dimanche 30 août. L’Iran a répondu par des attaques de missiles contre deux bases aériennes américaines en Jordanie, marquant les premiers échanges directs depuis la fin juillet. Trump a mis en garde contre une autre riposte, tout en indiquant que la situation ne constituait pas un retour à une guerre totale.
Deux tankers transportant du brut saoudien ont été attaqués lundi : des sociétés de renseignement maritime ont indiqué que le Sidr et le Senegal Prosperity ont été touchés par des projectiles non identifiés près d’Oman alors qu’ils quittaient le détroit d’Ormuz. Chacun transportait environ 2 millions de barils. La responsabilité n’a pas été établie et les équipages ont été signalés en sécurité. Le détroit d’Ormuz reste une voie essentielle pour les exportations de brut et de carburant du Golfe, de sorte que toute perturbation peut rapidement peser sur le sentiment du marché maritime avant même une réduction physique de l’offre.
L’Iran a menacé une perturbation plus large des exportations de pétrole du Golfe : le président du Parlement, Mohammad Baqer Qalibaf, a averti que si l’Iran ne peut pas exporter son pétrole, les autres exportateurs du Golfe en seraient également empêchés. Cela accroît le risque que la confrontation s’étende davantage au trafic commercial.
Washington renforce la pression économique : le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a déclaré que des sanctions bancaires étaient probables cette semaine et la suivante. Les États-Unis envisagent également des mesures contre les sociétés de leasing aérien et des entreprises liées aux Gardiens de la révolution iraniens.
Une ouverture diplomatique demeure : le président iranien Masoud Pezeshkian a déclaré mardi que Téhéran reviendrait aux engagements de cessez-le-feu de juin si Washington faisait de même. Toutefois, cela reste une offre conditionnelle, et non un nouvel accord.
Le prix du brut a atteint un plus haut de $89.85 et s’échangeait récemment à $89.72, en hausse de près de $4 sur la séance. Le plus bas de la journée était à $86.70. Le pétrole étant coté sur un marché mondial, les changements du risque au Moyen-Orient peuvent se répercuter au-delà de la région immédiate et influencer les marchés de l’énergie et des actions plus largement.
Les actions américaines ont également reculé. L’indice Nasdaq perdait 106 points, soit 0.79%, à 26,167, tout en restant au-dessus de son plus bas de 25,995.53. Le Nasdaq 100 baissait de 328 points, soit 1.11%, à 29,127, également au-dessus de son plus bas de 28,992.25.
Par ailleurs, un responsable américain a indiqué que la prochaine phase des discussions sur la transition du Venezuela devrait reprendre au milieu du mois, parallèlement à une poursuite des efforts visant à attirer des investissements du secteur privé américain. Chevron devrait annoncer une expansion de ses activités au Venezuela, tandis que le secrétaire à l’Énergie Wright se rendrait là-bas ce soir pour des signatures d’accords demain.
Pour l’administration Trump, l’idée est qu’une offre vénézuélienne supplémentaire pourrait aider à atténuer la pression liée à la hausse des prix du pétrole associée à la guerre en Iran. Mais les consommateurs américains restent exposés à ces hausses, quelle que soit l’origine de leur pétrole. Le pétrole est fixé sur un marché mondial, si bien que les perturbations au Moyen-Orient peuvent toujours se traduire par des prix plus élevés dans les stations-service américaines.
La hausse des prix du brut a bénéficié à des producteurs domestiques américains comme Chevron, offrant à l’administration une marge de manœuvre pour pousser les investissements dans des pays comme le Venezuela. Chevron, de son côté, peut dire qu’elle investira, mais le montant reste une question ouverte.
Le Venezuela n’est toutefois pas une solution rapide. Une grande partie de son brut est lourd ou extra-lourd, ce qui nécessite une manutention et un raffinage spécialisés. L’augmentation de la production et la restauration des infrastructures demanderont des investissements importants et du temps.
L’administration pousse probablement Chevron et d’autres producteurs américains à engager des capitaux, mais ces entreprises doivent toujours avoir la certitude que les conditions économiques et politiques justifient l’investissement, d’autant que ces conditions peuvent changer du jour au lendemain. Néanmoins, des annonces pourraient aider Trump à signaler qu’il agit sur les coûts de l’énergie alors que les États-Unis bombardent l’Iran. En revanche, fournir suffisamment de pétrole supplémentaire pour faire baisser sensiblement les prix reste un défi de plus long terme.