ActualitésMacroLe Congrès s’oppose au plan de l’administration Trump visant à construire des centres de données IA sur des bases militaires

Le Congrès s’oppose au plan de l’administration Trump visant à construire des centres de données IA sur des bases militaires

Auteur: Cryptopolitan·

Points clés

  • Des élus des deux partis s’opposent au projet du Pentagone d’installer des centres de données IA sur des terrains militaires.
  • Le Congrès utilise des amendements, des demandes de briefings et des textes législatifs pour obtenir plus d’informations ou bloquer les projets.
  • Deux sites ont déjà reçu une approbation conditionnelle : Fort Bliss au Texas et Dugway Proving Ground dans l’Utah.
  • L’Armée estime qu’une restriction sur certains composants créerait une « federal land penalty » injuste et pourrait décourager l’investissement privé.
  • Des responsables de l’Armée disent qu’ils utiliseront des plans de gestion de l’eau à émissions nettes nulles et éviteront le réseau local, mais certains démocrates affirment ne pas avoir encore reçu de briefing complet sur l’application de ces mesures.
Le Congrès s’oppose au plan de l’administration Trump visant à construire des centres de données IA sur des bases militaires

Des élus démocrates et républicains ont uni leurs efforts dans une rare initiative bipartisan pour s’opposer au plan du Pentagone visant à ouvrir des terrains militaires à des entreprises privées pour la construction de centres de données IA.

Cette opposition repose sur des inquiétudes selon lesquelles ces installations consomment de grandes quantités d’électricité et d’eau prélevées sur les réseaux et les réservoirs, ce qui accroît la pression sur les communautés qui dépendent de ces infrastructures. Le débat dépasse donc la seule question de l’usage des sols à Washington : il est devenu un test de la manière dont le gouvernement fédéral arbitre entre sécurité nationale, demande locale en services publics et rythme de déploiement des infrastructures IA.

Malgré l’examen attentif du dossier, l’Armée avance déjà sur les deux premiers accords prévus par le plan. L’Air Force chercherait également des terrains inutilisés sur de nombreuses bases.

Que veut le Congrès de l’administration Trump ?

Le Congrès explore plusieurs voies pour s’opposer au plan du Pentagone visant à installer des centres de données sur des terrains fédéraux, notamment des amendements, des études, des briefings et, dans au moins un cas, une interdiction pure et simple.

Interrogé par des journalistes sur l’opportunité d’implanter des centres de données sur des installations militaires, le représentant John Garamendi, démocrate de Californie et membre de rang de la sous-commission de préparation des forces de la commission des forces armées de la Chambre, est resté prudent, déclarant : « may be yes, may be no. » Selon des informations de presse, son amendement a été rejeté en commission.

Les objections traversent les lignes partisanes. Les républicains Ken Calvert et Cory Mills ont eux aussi exprimé des réserves afin de ralentir le projet avant le début des travaux.

Le président de la sous-commission des crédits de la défense, Calvert, a obtenu une disposition obligeant le département de la Défense à expliquer d’abord au Congrès l’impact de chaque projet sur les communautés voisines.

Le républicain de Floride Cory Mills a déposé un amendement distinct visant à interdire l’utilisation de tout composant que le Pentagone a identifié comme un risque pour la sécurité nationale. Cette proposition a déjà été adoptée par la Chambre cette semaine.

La représentante démocrate du Michigan Rashida Tlaib a présenté le 23 juillet son projet de loi No AI Data Centers on Federal Lands Act. Le texte prévoit d’interdire de façon permanente la construction et le démantèlement rétroactif de tout grand centre de données IA sur des terres publiques, y compris les bases militaires.

L’élue du Michigan a cité la « noise, light, air, and water pollution » ainsi que la hausse des coûts de l’énergie pour expliquer pourquoi sa circonscription ne veut pas accueillir ces installations.

Qui veut construire des centres de données sur des terres fédérales ?

Deux des sites proposés ont déjà reçu une attribution conditionnelle, chacun pour près de 2 milliards de dollars, selon le Financial Times. Carlyle a reçu le feu vert pour construire sur environ 1,384 acres à Fort Bliss, à El Paso, au Texas. CyrusOne, un exploitant de centres de données détenu par des fonds de KKR et BlackRock, a également obtenu l’autorisation pour 1,201 acres au Dugway Proving Ground, dans l’Utah.

À noter, cette exception ne se limite pas aux centres de données militaires. Selon un décompte de Data Center Watch, les collectivités ont retardé ou annulé près de $156 billion de projets de centres de données à travers le pays.

Politico a confirmé les précédents reportages de Cryptopolitan sur la manière dont les factures d’électricité des consommateurs ont augmenté après les déploiements de centres de données IA dans son analyse du site de Fort Bliss.

L’Armée parle d’une « federal land penalty »

Le service riposte. L’Armée a déclaré à Federal News Network que la règle de Mills sur les composants imposerait une « unworkable standard » et une « federal land penalty », car elle appliquerait aux constructeurs installés sur base des exigences auxquelles les promoteurs hors base ne sont jamais soumis, ce qui pourrait faire fuir des « world-class commercial partners » et plus de $1.3 billion de capitaux privés.

Des républicains de premier plan partagent cette position. Le président de la commission des forces armées de la Chambre, Mike Rogers, a soutenu que ces restrictions « impede the Army’s ongoing negotiations », tandis que Derrick Van Orden, du Wisconsin, a affirmé que bloquer les projets sur base ne ferait que pousser les centres de données vers des terres arables. Des responsables de l’Armée ont promis des plans de gestion de l’eau à émissions nettes nulles et une alimentation électrique qui ne solliciterait pas le réseau local, mais plusieurs démocrates disent ne pas avoir encore reçu de briefing détaillé sur les modalités d’application de ces engagements.

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