La République centrafricaine inaugure une centrale solaire de 50 MW près de Bangui, destinée à augmenter la production d’électricité de plus de 60 %
Points clés
- •La centrale solaire de 50 MW développée par Global South Utilities devrait augmenter de plus de 60 % la capacité de production d’électricité de la RCA et alimenter plus de 300 000 foyers.
- •Le taux d’accès à l’électricité en RCA n’était que de 18,2 % en 2024, l’électrification rurale étant estimée à un niveau très faible après plus d’une décennie de conflit civil ayant gravement endommagé les infrastructures électriques.
- •Le projet comprend un stockage par batterie pour aider à stabiliser le réseau, même si la capacité annoncée a varié entre 10 MWh et 15 MWh selon les déclarations publiques de GSU.
- •Un financement concessionnel du Fonds d’Abou Dhabi pour le développement a soutenu le projet, qui fait suite à un accord de partenariat économique signé en mars 2025 entre la RCA et les Émirats arabes unis.
- •La RCA mobilise simultanément plusieurs partenaires internationaux pour le développement énergétique, notamment une demande distincte du président Touadéra au président russe Vladimir Poutine pour obtenir de l’aide face aux défis énergétiques du pays.

La République centrafricaine (RCA) a inauguré une centrale solaire de 50 mégawatts près de Bangui, environ un an après le début des travaux. Le développeur du projet, Global South Utilities (GSU), basé à Abou Dhabi, affirme que l’installation augmentera de plus de 60 % la capacité de production d’électricité du pays.
Pour un pays dont la capacité totale installée est historiquement restée inférieure à 50 MW — avec une forte dépendance à des centrales au diesel concentrées autour de la capitale — cette mise en service représente l’un des plus importants investissements dans les infrastructures électriques de l’histoire de la RCA depuis l’indépendance.
GSU, qui a à la fois construit et détient la centrale, a indiqué dans un communiqué que l’installation devrait fournir de l’électricité à plus de 300 000 foyers.
Le projet est situé à Sakaï, à environ 10 kilomètres de la capitale, et comprend un stockage par batterie destiné à stabiliser le réseau. Ce stockage est particulièrement pertinent pour la RCA, où l’instabilité chronique du réseau et les délestages ont longtemps limité même la faible électrification urbaine existante. Toutefois, la capacité de stockage annoncée par GSU a varié selon les communications publiques, passant de 10 MWh lors de la pose de la première pierre en août 2025 à 15 MWh lors de l’inauguration mercredi.
Pourquoi cela compte pour les ambitions numériques de la RCA
Seuls 18,2 % de la population de la RCA avaient accès à l’électricité en 2024, selon les données de la Banque mondiale, ce qui place le pays parmi les taux d’électrification les plus faibles du continent africain. L’indicateur masque un écart encore plus marqué entre zones urbaines et rurales, l’électrification rurale étant estimée à un niveau très faible. Plus d’une décennie de conflit civil depuis 2013 a gravement endommagé les infrastructures de transport et de distribution, décourageant les investissements et laissant de vastes zones du pays pratiquement hors réseau.
Un approvisionnement électrique fiable est considéré comme essentiel pour développer la connectivité, les services numériques et l’écosystème technologique au sens large, faisant de cette centrale solaire une avancée infrastructurelle notable pour un pays qui est largement resté en marge des discussions sur la croissance de l’économie numérique en Afrique. La RCA fait aussi partie des rares pays à avoir adopté le Bitcoin comme monnaie légale en 2022, une initiative dont le déploiement pratique a été freiné par les mêmes contraintes de connectivité et d’énergie que la nouvelle centrale pourrait en partie atténuer.
Le directeur général de GSU, Ali Alshimmari, a déclaré qu’un financement concessionnel du Fonds d’Abou Dhabi pour le développement avait contribué à la réalisation du projet. La centrale s’inscrit dans le prolongement d’un accord de partenariat économique signé entre la RCA et les Émirats arabes unis en mars 2025, couvrant le commerce et l’investissement dans des secteurs clés — dans le cadre d’une tendance plus large des investissements des États du Golfe dans les infrastructures énergétiques africaines, en particulier sur des marchés où les financements publics occidentaux traditionnels sont limités.
Le projet vient s’ajouter au portefeuille régional de GSU, qui comprend une centrale solaire de 50 MW de taille similaire que l’entreprise avait précédemment construite au Tchad, ce qui témoigne d’une présence émiratie croissante sur les marchés énergétiques d’Afrique centrale, où la dépendance au diesel et les déficits de production restent marqués.
Des responsables de la République centrafricaine ont assisté à la cérémonie d’inauguration, mais l’ampleur d’un éventuel co-investissement public ou d’une participation de l’État au projet n’a pas été précisée dans les déclarations disponibles.
Par ailleurs, le président Faustin-Arche Touadéra avait demandé en mars une aide au président russe Vladimir Poutine pour faire face aux défis énergétiques du pays lors d’une rencontre, soulignant l’éventail de partenaires internationaux avec lesquels la RCA s’engage pour répondre à ses besoins en infrastructures électriques. Les démarches parallèles auprès d’Abou Dhabi et de Moscou reflètent la stratégie de la RCA visant à diversifier ses partenariats d’infrastructure afin d’élargir l’accès à l’électricité, dont la plupart de sa population n’a jamais bénéficié.