ActualitésMacroLe Canada perd 4 700 emplois en octobre contre +13 600 attendus ; le taux de chômage grimpe à 6,7 %

Le Canada perd 4 700 emplois en octobre contre +13 600 attendus ; le taux de chômage grimpe à 6,7 %

Auteur: ForexLive·

Points clés

  • •L'emploi canadien a reculé de 4 700 en octobre, manquant les attentes de +13 600 et marquant une troisième contraction mensuelle consécutive après des baisses de 68 000 en septembre et de 42 000 en août.
  • •Le taux de chômage est passé de 6,5 % à 6,7 %, dépassant la prévision de 6,5 %, alors que 33 000 personnes de plus sont entrées sur le marché du travail en quête d'un emploi.
  • •L'emploi du secteur privé a chuté de 53 000, sa première baisse depuis février, tandis que les embauches dans le secteur public, à hauteur de 50 000, ont compensé une grande partie de ce repli dans les chiffres nets.
  • •La croissance salariale plus faible de 2,2 % en glissement annuel et la contraction du secteur privé donnent à la Banque du Canada des raisons de prudence concernant une nouvelle hausse des taux, même si l'inflation tirée par l'énergie demeure un facteur compensatoire.
  • •Les données canadiennes décevantes, combinées à un rapport sur l'emploi américain plus solide, ont poussé l'USDCAD au-dessus de la zone de swing 1,4068 à 1,40828, à son plus haut niveau de la journée, avec 1,4110 cité comme objectif suivant.
Le Canada perd 4 700 emplois en octobre contre +13 600 attendus ; le taux de chômage grimpe à 6,7 %

Le rapport sur l'emploi du Canada pour octobre s'est révélé plus faible que prévu sur les deux indicateurs phares, l'emploi restant quasiment stable et le taux de chômage grimpant à 6,7 %, selon les données publiées par Statistique Canada.

L'emploi a reculé de 4 700 au cours du mois, en deçà des attentes de +13 600, après des baisses de 68 000 en septembre et de 42 000 en août, marquant une troisième contraction mensuelle consécutive. Le taux de chômage est passé de 6,5 % à 6,7 %, au-dessus des prévisions de 6,5 %, alors que 33 000 personnes de plus se sont mises en quête d'un emploi — un afflux de chercheurs d'emploi qui a accru la population active même si l'emploi se contractait.

Détails du marché du travail en octobre

  • Variation de l'emploi : -4 700 contre +13 600 attendus ; mois précédent -68 000
  • Taux de chômage : 6,7 % contre 6,5 % attendus ; mois précédent 6,5 %
  • Taux d'emploi : 60,5 %, en baisse par rapport à 60,6 % en septembre
  • Salaire horaire moyen : +2,2 % en glissement annuel, avant ajustement saisonnier, contre +2,3 % en septembre
  • Emploi à temps plein : -18 100, contre -35 400 le mois précédent
  • Emploi à temps partiel : +13 400, contre -32 900 le mois précédent

Composantes d'octobre comparées à septembre

  • Taux de chômage des jeunes : 13,7 %, en hausse par rapport à 13,0 %
  • Taux de chômage des 55 ans et plus : 5,5 %, en hausse par rapport à 5,3 %
  • Emploi dans les services d'enseignement : +15 000, contre -35 000
  • Emploi en Alberta : -24 000, contre +23 000
  • Emploi en Colombie-Britannique : +12 000, contre -20 000

Les ventilations démographiques et régionales montrent à quel point le mois a été inégal : le chômage des jeunes est resté environ deux fois supérieur au taux global de 6,7 %, tandis que l'Alberta et la Colombie-Britannique ont évolué dans des directions opposées.

Le secteur privé à l'origine de la faiblesse

Le secteur privé a constitué le point faible d'octobre. L'emploi du secteur privé a reculé de 53 000, sa première baisse depuis février, tandis que l'emploi du secteur public a progressé de 50 000. Cette répartition signifie que les embauches publiques ont compensé une grande partie du repli du secteur privé dans les chiffres nets. Le commerce de gros et de détail a perdu 29 000 emplois, tandis que la construction en a gagné 16 000 et les services d'enseignement 15 000.

Implications pour la Banque du Canada

La contraction du secteur privé et le ralentissement de la croissance des salaires donnent à la Banque du Canada des raisons de prudence quant à une nouvelle hausse des taux après le relèvement de son taux directeur à 2,50 % en octobre, notait l'analyse du rapport. Le facteur compensatoire est l'inflation tirée par l'énergie : la banque centrale a relevé ses taux par crainte que la hausse des coûts de l'énergie ne se propage aux autres prix. Prise isolément, la déception sur l'emploi pèserait normalement sur le dollar canadien et les rendements canadiens à court terme, exerçant une pression à la hausse sur l'USDCAD. L'Enquête sur la population active de novembre, prochaine publication programmée dans la série mensuelle de Statistique Canada, dira si le recul de l'emploi sur trois mois se poursuit.

L'USDCAD progresse

La combinaison d'un rapport sur l'emploi américain plus solide et de données canadiennes plus faibles a poussé l'USDCAD à un nouveau plus haut de la journée, revenant à des niveaux vus pour la dernière fois le 20 octobre. La paire a également dépassé une zone de swing comprise entre 1,4068 et 1,40828, une fourchette incluant le niveau de retracement de 38,2 % cassé, avec 1,4110 cité comme objectif suivant.

Ce que mesure ce rapport

L'Enquête sur la population active mensuelle de Statistique Canada estime combien de personnes sont employées et quelle part de la population active est au chômage. Les chiffres phares de l'emploi et du chômage sont désaisonnalisés pour faciliter les comparaisons d'un mois à l'autre. Ce mécanisme explique aussi pourquoi le taux de chômage peut augmenter lorsque davantage de personnes se mettent à chercher du travail, même si les pertes nettes d'emplois sont modestes. Les traders surveillent ce rapport pour détecter des signes de relâchement du marché du travail et de pression salariale susceptibles d'influencer la politique de la Banque du Canada.