Niveaux d’eau bas sur l’Amazone : risque de navigation accru pendant la saison sèche 2026
Points clés
- •Les prévisions liées à El Niño indiquent que les niveaux d’eau de l’Amazone pourraient tomber bien en dessous des moyennes saisonnières normales pendant la saison sèche 2026, augmentant le risque de navigation.
- •Les données de sinistres de Gard pour 2021–2025 montrent des échouements dans la région amazonienne environ 35 % supérieurs à la moyenne enregistrée au cours des trois années précédentes.
- •La grave sécheresse amazonienne de 2023 a obligé les navires à alléger leurs cargaisons et a retardé les expéditions fluviales, montrant l’impact opérationnel et commercial d’une intensification des conditions de saison sèche.
- •La région amazonienne connaît un risque accru de vol à main armée pendant la saison sèche, les navires transportant du carburant étant particulièrement vulnérables.
- •Les armateurs et exploitants devraient examiner attentivement les clauses des contrats d’affrètement et de logistique portant sur le chargement partiel, le transbordement, la déviation, les surestaries et la force majeure compte tenu des contraintes de tirant d’eau attendues.

Niveaux d’eau bas sur l’Amazone : risque de navigation accru pendant la saison sèche 2026
Marine Insurance P&I Club News — 11 août 2026
Variations saisonnières et prévisions
Le bassin amazonien connaît des saisons humides et sèches bien marquées, les niveaux d’eau diminuant généralement entre juin et novembre. Bien que les fluctuations saisonnières soient un aspect normal de la navigation dans la région, les prévisions liées à de possibles conditions El Niño ont accru les inquiétudes quant à une baisse des niveaux d’eau bien en dessous des moyennes saisonnières habituelles pendant la saison sèche 2026. L’Amazone et ses affluents constituent un couloir logistique essentiel pour le commerce sud-américain — transportant des cargaisons de céréales, de minerais, de carburant et de conteneurs, et reliant la zone franche de Manaus aux marchés atlantiques et mondiaux — de sorte que même des perturbations modérées de la navigabilité peuvent avoir des effets en cascade sur les chaînes d’approvisionnement régionales.
Restrictions à la navigation
La baisse des profondeurs d’eau devrait réduire les marges de tirant d’eau sous quille (UKC) et exposer des dangers auparavant submergés. L’envasement et les mouvements de sédiments peuvent également modifier la configuration des chenaux et les profondeurs navigables. À mesure que les hauts-fonds et les chenaux se déplacent, il devient de plus en plus important de s’appuyer sur des informations de navigation à jour et sur les conseils des pilotes locaux.
Expérience de sinistres de Gard
Le rapport d’analyse de Gard de 2021, Incident Hot Spots — A Global Overview of Navigation Incidents, a identifié la région amazonienne comme une zone sujette aux échouements. Conformément à ce constat, les données de sinistres de Gard sur plusieurs couvertures pour la période 2021–2025 indiquent une exposition persistante dans la région. Les cas enregistrés au cours de cette période étaient environ 35 % supérieurs à la moyenne observée sur les trois années précédentes, soulignant le risque de navigation accru associé aux faibles niveaux d’eau. Lors de la grave sécheresse amazonienne de 2023, les niveaux d’eau à des stations de mesure clés sont tombés à des niveaux records, obligeant les navires à alléger leurs cargaisons et retardant les expéditions fluviales — un épisode qui illustre les conséquences opérationnelles et commerciales lorsque les conditions de saison sèche dépassent les normes historiques.
Considérations opérationnelles
Maintenir une liaison étroite : Vérifier régulièrement les limitations locales de tirant d’eau, les mises à jour bathymétriques et les avis réglementaires auprès des agents portuaires et des exploitants de terminaux avant d’entrer dans le système fluvial, et maintenir une veille continue sur le canal VHF 16.
Vérifier les exigences de dégagement : Respecter strictement les paramètres UKC les plus récents émis par la Captaincy of the Ports locale (CFAOC).
Surveiller le confort de l’équipage : S’assurer que les systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation (HVAC) du navire sont pleinement opérationnels et régulièrement entretenus, conformément aux obligations locales en matière de gêne thermique extrême pendant le pic de la saison sèche.
Cartes à jour et équipements de navigation pleinement fonctionnels : Vérifier que les cartes marines sont à jour et que les équipements de navigation — y compris deux radars opérationnels indépendants et deux ancres en état de marche — sont testés et pleinement fonctionnels avant d’entrer ou de quitter les ports amazoniens.
Renforcer la sécurité du navire : La région amazonienne est très exposée aux vols à main armée, les incidents d’embarquement augmentant pendant la saison sèche. Les navires et convois de barges — en particulier ceux transportant des produits pétroliers — sont particulièrement vulnérables aux attaques. Les équipages doivent rester vigilants face aux convois à proximité et aux petites embarcations (telles que barges, bateaux fluviaux, radeaux miniers et canoës), dont beaucoup sont en bois et difficiles à détecter avec les radars de navigation standards embarqués.
Procéder à des examens contractuels rigoureux : Compte tenu des fortes contraintes de tirant d’eau, les armateurs et exploitants doivent examiner minutieusement les chart parties, contrats de transport et accords de services logistiques. Une attention particulière doit être portée aux clauses relatives au chargement partiel, au transbordement, à la déviation, au temps d’attente, au surestaries, à la force majeure et à la répartition stricte des coûts opérationnels supplémentaires.
Conclusion
La réduction des profondeurs navigables, l’évolution des conditions de chenal et les marges de dégagement sous quille limitées devraient accroître le risque d’échouement dans certaines parties du bassin amazonien pendant la saison sèche 2026. L’expérience de Gard en matière de sinistres rappelle les risques de navigation associés aux périodes de faibles niveaux d’eau, que les opérateurs devraient intégrer dès le départ dans la planification des voyages.
Source : Gard