Adam Back : les fonds de pension constituent la « troisième vague » d'adoption de Bitcoin
Points clés
- •Back identifie les particuliers, les ETF et les allocations institutionnelles comme trois vagues successives d'adoption de Bitcoin.
- •Blockstream a ouvert un bureau à Lugano et commencé à fournir des services de conseil dans le cadre de son expansion suisse.
- •Les banques suisses étudient des solutions de conservation de Bitcoin conçues pour résister aux attaques potentielles de futurs ordinateurs quantiques.
- •Les normes de Bâle, dont la mise en œuvre est prévue le 1er janvier 2026, appliquent une pondération de risque de 1 250 % aux expositions non couvertes des banques aux cryptoactifs.
- •L'interview aborde également les fonds monétaires tokenisés, les actions tokenisées sur Liquid et le choix entre conservation interne et dépositaire tiers.

Adam Back, PDG et cofondateur de l'entreprise d'infrastructure Bitcoin Blockstream, affirme que la prochaine grande phase d'adoption de Bitcoin sera portée par les portefeuilles modèles, les fonds gérés et les fonds de pension — une « troisième vague » qui, selon lui, reste encore largement à venir. Dans une interview publiée par Bitcoin Magazine le 2 novembre 2026, Back décrit également la manière dont les banques suisses se préparent à ce virage institutionnel.
Selon Back, la première vague d'adoption de Bitcoin a été celle des particuliers, tandis que la deuxième est passée par les ETF. Les ETF spot sur Bitcoin ont été approuvés aux États-Unis en janvier 2024, offrant pour la première fois aux clients des courtiers traditionnels une exposition directe à Bitcoin, cotée en bourse. La troisième vague, dans le cadre définissait par Back, intégrerait Bitcoin dans des allocations institutionnelles à plus long terme via les portefeuilles modèles, les fonds gérés et les fonds de pension. Les portefeuilles modèles sont des modèles d'allocation prédéfinis que les conseillers et les plateformes de comptes gérés appliquent à l'ensemble des portefeuilles de leurs clients, et les fonds de pension investissent des actifs de retraite sur des horizons pouvant s'étendre sur plusieurs décennies — une strate qui, selon Back, n'a pas encore véritablement engagé de relations avec Bitcoin. La question de savoir si les allocations de pension suivront le chemin qu'il décrit constitue le fil à suivre pour l'avenir de cette thèse.
La thèse des trois vagues structure une conversation large, couvrant l'expansion suisse de Blockstream, la conservation institutionnelle, la tokenisation et le coût réglementaire de la détention de Bitcoin.
Back, cryptographe surtout connu pour avoir inventé Hashcash — le système de preuve de travail cité dans le livre blanc original de Bitcoin — a cofondé Blockstream en 2014. L'entreprise construit des infrastructures Bitcoin, notamment le Liquid Network, une sidechain fédérée de Bitcoin lancée en 2018 qui prend en charge un règlement plus rapide et l'émission d'actifs tokenisés.
L'interview s'appuie sur la présence renforcée de Blockstream en Suisse. L'entreprise a ouvert un bureau à Lugano, la plus grande ville du canton suisse italophone du Tessin — une juridiction qui a promu l'adoption de Bitcoin via l'initiative Plan ₿ lancée avec l'émetteur de stablecoins Tether en 2022 — et a également commencé à proposer des services de conseil. Parmi les autres sujets abordés : les banques suisses à la recherche d'une conservation de Bitcoin à l'épreuve du quantique — une référence aux conceptions cryptographiques destinées à résister aux attaques de futurs ordinateurs quantiques — les fonds monétaires tokenisés, dont les parts sont représentées sous forme de jetons blockchain, par opposition aux stablecoins, et les actions tokenisées émises sur Liquid via Blockstream AMP, la plateforme d'émission d'actifs de l'entreprise. Back aborde également les points où les institutions restent bloquées, la question de savoir si les entreprises doivent construire leur conservation en interne ou recourir à un dépositaire tiers, et la manière dont la réglementation façonne la conservation de Bitcoin.
Sur le plan réglementaire, la conversation s'intéresse aux règles de Bâle et à leurs implications en termes de coûts pour la détention de Bitcoin. Les normes sur les cryptoactifs du Comité de Bâle sur le contrôle bancaire attribuent une pondération de risque de 1 250 % aux expositions non couvertes des banques aux cryptoactifs tels que Bitcoin, avec une mise en œuvre prévue à partir du 1er janvier 2026 — un traitement qui rend la détention de Bitcoin dans les bilans bancaires extrêmement gourmande en capital. Combinée au capital minimal de 8 % exigé par le cadre, la pondération de 1 250 % se traduit par un capital au moins égal à la valeur totale de tout Bitcoin non couvert détenu par une banque.
L'interview intégrale est disponible sur la chaîne YouTube de Bitcoin Magazine : Adam Back : les fonds de pension constituent la « troisième vague » d'adoption de Bitcoin.
Chapitres :
- 00:00 — Pourquoi Blockstream a ouvert un bureau à Lugano
- 01:20 — Pourquoi Blockstream a commencé à proposer du conseil
- 02:01 — Les banques suisses veulent une conservation de Bitcoin à l'épreuve du quantique
- 03:04 — Fonds monétaires tokenisés vs stablecoins
- 04:13 — Actions tokenisées sur Liquid et Blockstream AMP
- 05:55 — Où les institutions restent bloquées
- 07:00 — Construire en interne ou recourir à un dépositaire ?
- 08:01 — Comment la réglementation façonne la conservation de Bitcoin
- 10:01 — Règles de Bâle et coût de la détention de Bitcoin
- 10:40 — Les trois vagues de l'adoption de Bitcoin
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Cet article est d'abord paru sur Bitcoin Magazine et est écrit par Mark Mason.