ActualitésMacroUn chroniqueur de The Hill avertit que le 119e Congrès restera dans l’histoire comme un « faible » ayant cédé son pouvoir à Trump

Un chroniqueur de The Hill avertit que le 119e Congrès restera dans l’histoire comme un « faible » ayant cédé son pouvoir à Trump

Auteur: Alternet·

Points clés

  • William S. Becker, ancien directeur régional central du département de l’Énergie, affirme dans une tribune publiée dans The Hill que le 119e Congrès a cessé de fonctionner comme une branche du gouvernement égale aux autres.
  • Selon M. Becker, la renonciation du Congrès à son autorité fiscale a permis à Trump d’imposer des droits de douane au titre des pouvoirs économiques d’urgence plutôt que par la voie législative.
  • La tribune soutient que la cession par le Congrès de son autorité sur les agences fédérales a permis à DOGE — une entité de réduction des coûts créée par décret en janvier 2025 et initialement dirigée par Elon Musk — de tailler massivement dans l’appareil fédéral.
  • Les recours contre les droits de douane imposés au titre des pouvoirs d’urgence et contre le démantèlement des agences par l’administration ont traversé les juridictions fédérales, le litige sur les tarifs douaniers étant parvenu jusqu’à la Cour suprême.
  • Certains membres de la Chambre des représentants et du Sénat défient Trump à l’approche des élections de mi-mandat de novembre 2026, alors que sa cote d’approbation décline, mais M. Becker juge ces efforts trop peu nombreux et trop tardifs.
Un chroniqueur de The Hill avertit que le 119e Congrès restera dans l’histoire comme un « faible » ayant cédé son pouvoir à Trump

Le 119e Congrès, contrôlé par des majorités républicaines dans les deux chambres, s’achemine vers un héritage de « faible » ayant cédé la quasi-totalité de ses pouvoirs constitutionnels au président Donald Trump — et ses récentes tentatives de lui tenir tête arrivent « trop tard et trop peu », selon une nouvelle tribune publiée dans The Hill. Le Congrès s’est réuni en janvier 2025, au moment où Trump retournait à la Maison-Blanche, donnant aux républicains le contrôle unifié de la présidence et des deux chambres pour la première fois depuis son premier mandat.

L’auteur, William S. Becker, a passé plus de dix ans comme directeur régional central du département de l’Énergie et a également été assistant spécial auprès du secrétaire adjoint chargé de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables au sein du département. Dans cette tribune, publiée lundi matin, M. Becker a détaillé les différentes manières dont le Congrès actuel a cédé ses responsabilités à Trump et s’est condamné, dans ses derniers mois, à un héritage de faiblesse.

« Il reste moins de cinq mois à vivre au 119e Congrès », a écrit M. Becker. « Nous ne devrions pas pleurer sa disparition. Sous contrôle républicain, il a cessé de fonctionner comme une branche du gouvernement égale aux autres. Nous pouvons critiquer son manque de productivité et être en désaccord avec sa politique, mais on se souviendra de lui pour avoir laissé les deux autres branches du gouvernement voler son pouvoir. »

« Le Congrès joue un rôle crucial pour prévenir les excès des branches exécutive et judiciaire », a-t-il ajouté. « Cependant, le 119e n’a défendu ni lui-même, ni le pays, contre les impulsions autocratiques du président Trump. Et en abandonnant son pouvoir, il a laissé un vide dans lequel le pouvoir judiciaire s’est engouffré. » Ce basculement s’est concrétisé dans les faits : les recours contre le recours par l’administration aux pouvoirs d’urgence pour imposer des droits de douane, ainsi que contre son démantèlement d’agences créées par le Congrès, ont traversé les juridictions fédérales, le litige sur les tarifs douaniers étant parvenu jusqu’à la Cour suprême.

Le constat de M. Becker intervient alors que certains membres de la Chambre des représentants et du Sénat, dans le sillage de l’effondrement de la cote d’approbation de Trump, tentent d’agir au mépris de sa volonté à l’approche des élections de mi-mandat de novembre 2026 — lors desquelles les 435 sièges de la Chambre et plus de 30 sièges du Sénat seront en jeu — afin d’éviter le courroux des électeurs pour avoir semblé se soumettre à chacun de ses caprices et désirs. Aux yeux de M. Becker, toutefois, de tels gestes ne peuvent effacer les dégâts déjà causés : pendant près de deux ans, le Congrès « a permis à Trump de causer des dommages extraordinaires à l’intégrité du gouvernement, à la confiance du public envers celui-ci, à l’État de droit et aux relations internationales du pays ».

Les fautes de ce Congrès ont été nombreuses, a écrit M. Becker. Il a cité la cession de son autorité en matière fiscale, qui a permis les droits de douane désastreux de Trump, imposés au titre des pouvoirs économiques d’urgence plutôt que par la voie législative ; la cession de son autorité de créer, modifier ou supprimer des agences fédérales, qui a permis à DOGE — une entité de réduction des coûts créée par décret en janvier 2025 et initialement dirigée par Elon Musk — d’éviscérer l’ensemble du gouvernement fédéral ; ainsi que la confirmation de nombreuses nominations du président, malgré ce qu’il décrit comme l’absence de toute compétence pertinente autre que la loyauté envers Trump.

« Certains conservateurs soutiennent l’usage agressif du pouvoir par Trump au nom de la théorie de l’exécutif unitaire. L’article II de la Constitution, rappellent-ils, dispose que “le pouvoir exécutif sera conféré à un président” », a poursuivi M. Becker. « Cependant, l’autorité d’un président doit avoir des limites, sous peine de dériver vers l’autoritarisme. Même une interprétation extensive de l’article II ne peut conférer au président des pouvoirs que l’article premier attribue au Congrès. Le Congrès est censé se défendre contre les ingérences des autres branches, en particulier contre des présidents qui voudraient se faire rois. Le 119e Congrès a échoué à le faire. Il suffit, pour que la démocratie échoue, que les représentants du peuple restent spectateurs et ne fassent rien. »