ActualitésCryptoWorld Liberty Financial, soutenue par Trump, liée à une plateforme de Hong Kong proposant des modèles d’IA chinois soumis à restrictions

World Liberty Financial, soutenue par Trump, liée à une plateforme de Hong Kong proposant des modèles d’IA chinois soumis à restrictions

Auteur: Cryptopolitan·

Points clés

  • Le catalogue de WorldClaw, d’environ 90 modèles d’IA, comprend 43 modèles issus de développeurs chinois, dont Alibaba, Baidu, Z.ai, DeepSeek et Moonshot.
  • Le Pentagone classe Alibaba et Baidu parmi les entreprises chinoises affiliées à l’armée, et Z.ai figure sur la liste des entités du Commerce Department qui restreint son accès à la technologie américaine.
  • WorldClaw accepte USD1, le stablecoin indexé sur le dollar émis par World Liberty Financial, et les transactions réglées avec ce token contribuent au maintien d’une entreprise partiellement détenue par la famille Trump.
  • Les ventes de jetons chez World Liberty ont généré plus de 1,4 milliard de dollars pour la famille Trump, sur un total d’environ 2,3 milliards de dollars gagnés grâce aux crypto-actifs.
  • WorldClaw, World Liberty Financial et la Maison Blanche nient tout conflit d’intérêts, mais des experts extérieurs avertissent que cet arrangement pourrait exposer les utilisateurs à une surveillance du gouvernement chinois et à du code malveillant.
World Liberty Financial, soutenue par Trump, liée à une plateforme de Hong Kong proposant des modèles d’IA chinois soumis à restrictions

World Liberty Financial, la société crypto soutenue par le président Donald Trump, est liée à WorldClaw, une plateforme de Hong Kong qui donne accès à des modèles d’IA chinois que le gouvernement américain a signalés comme des risques pour la sécurité, selon un rapport de Reuters publié lundi. Ce lien se situe à l’intersection de deux sujets déjà très surveillés à Washington : l’accès étranger à l’IA et l’expansion des activités crypto de la famille Trump.

Des laboratoires chinois signalés alimentent le menu d’IA de WorldClaw

WorldClaw exploite un service de routage avec un catalogue d’environ 90 modèles d’IA, et une revue de Reuters a conclu que 43 d’entre eux proviennent de développeurs chinois, notamment Alibaba, Baidu, Z.ai, DeepSeek et Moonshot. Des modèles d’OpenAI et d’Anthropic sont également disponibles sur la plateforme.

Plusieurs de ces entreprises chinoises font l’objet de désignations spécifiques de la part du gouvernement américain. Le Department of Defense a classé Alibaba et Baidu parmi les entreprises chinoises affiliées à l’armée, un statut qui interdit au Pentagone de travailler avec elles sous quelque forme que ce soit.

Z.ai, anciennement Zhipu AI, figure sur la liste des entités du Commerce Department, ce qui limite son accès à la technologie américaine et oblige les entreprises américaines à demander une licence d’exportation, présumée refusée. L’inscription gouvernementale accuse également Z.ai de renforcer les capacités militaires de la Chine grâce à l’IA avancée.

DeepSeek et Moonshot complètent la liste des entreprises d’IA signalées. Des responsables de l’administration Trump ont accusé les deux sociétés de bâtir leurs systèmes sur de la propriété intellectuelle volée à des rivaux américains. Moonshot a toutefois nié ces accusations.

Le stablecoin USD1 constitue le lien

WorldClaw accepte USD1, le stablecoin indexé sur le dollar de World Liberty, comme moyen de paiement pour ses services sur la plateforme. USD1 est adossé à plusieurs actifs, dont des bons du Trésor américain, et la famille Trump a droit à une part des intérêts générés par ces réserves. Chaque achat effectué avec le stablecoin USD1 contribue au maintien de l’entreprise WLFI, détenue en partie par la famille Trump.

Les ventes de jetons chez World Liberty ont rapporté à la famille Trump plus de 1,4 milliard de dollars, sur un total d’environ 2,3 milliards de dollars tirés des crypto-actifs. L’entreprise a récemment obtenu une approbation préliminaire aux États-Unis pour une charte de banque nationale construite autour du même stablecoin USD1.

Ryan Fang, responsable de la croissance chez World Liberty, a aussi conseillé par le passé WorldClaw dans un rôle que la plateforme d’IA a décrit comme strictement consultatif et axé sur l’adoption de USD1 et un accès élargi aux services d’IA. Donald Trump Jr. et Eric Trump ont également promu WorldClaw sur X par le passé.

Les risques vont au-delà de la politique commerciale

Daniel Remler, chercheur principal au Center for New American Security et ancien conseiller du State Department, a averti que les modèles chinois disponibles sur WorldClaw pourraient exposer les utilisateurs à une surveillance du gouvernement chinois ainsi qu’à du code malveillant susceptible de détourner des agents d’IA autonomes.

WorldClaw indique également sur son site que les informations saisies par les utilisateurs peuvent être transmises aux entreprises dont les modèles alimentent la plateforme.

La plateforme affirme compter plus de 10 000 utilisateurs et traiter plus de 50 millions de tâches demandées par jour, une demande alimentée en partie par le coût plus faible des modèles chinois. L’utilisation de ces modèles reste généralement légale pour les particuliers et les entreprises aux États-Unis.

Les deux parties nient tout « conflit d’intérêts »

Les deux entreprises ont vigoureusement rejeté l’idée que ce lien constitue un conflit d’intérêts. David Wachsman, porte-parole de World Liberty, a déclaré que WorldClaw était une société indépendante et a indiqué que de grandes entreprises américaines revendent également de l’IA développée en Chine. Un porte-parole de WorldClaw a affirmé que la plateforme « aide les entreprises américaines d’IA à toucher des utilisateurs internationaux » et que les listes de modèles sur la plateforme ne « constituent pas une approbation de son développeur ».

La Maison Blanche a tenu le même raisonnement. La porte-parole Anna Kelly a déclaré qu’il n’y avait « aucun conflit d’intérêts » dans cette relation et que « le président Trump agit uniquement dans l’intérêt du public américain ».

Les experts extérieurs restent toutefois moins convaincus. « Alors que le gouvernement américain tente de répondre à l’essor et à la menace de l’IA chinoise, il semble hypocrite de passer par WorldClaw pour utiliser ces outils venus de Chine afin d’essayer de gagner beaucoup d’argent », a déclaré Sam Bresnick, chercheur au Center for Security and Emerging Technology de l’université Georgetown.

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