Les forces américaines frappent deux lanceurs iraniens sur l'île de Larak, près du détroit d'Ormuz
Points clés
- •Les forces américaines ont frappé deux lanceurs de missiles de la marine de l'IRGC sur l'île de Larak qui étaient préparés pour tirer des roquettes équipées de mines marines dans le détroit d'Ormuz.
- •Des sources locales non confirmées ont rapporté deux morts et deux blessés dans ce qui a été décrit comme une frappe par drone, mais les autorités iraniennes n'ont pas officiellement confirmé le bilan.
- •Cette frappe est la première action américaine contre l'Iran en plusieurs semaines, mettant fin à une accalmie qui coïncidait avec la diplomatie omanaise autour d'un couloir maritime temporaire à Ormuz, publiquement soutenu par le Qatar.
- •L'amiral Brad Cooper du Commandement central américain a déclaré que les forces américaines ont déminé les voies de navigation du détroit et supervisé le passage d'environ 1 500 navires transportant 750 millions de barils de brut depuis le début du blocus.
- •Cette frappe et toute tentative iranienne vérifiée de resemer des mines dans le détroit devraient interrompre ou inverser la baisse récente du Brent vers le milieu des années 80, maintenant élevés les coûts de fret et d'assurance des pétroliers.

Les forces américaines ont frappé dimanche deux lanceurs de missiles de la marine du Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) sur l'île de Larak, dans la province de Hormozgan, après que ces lanceurs ont été observés en préparation pour tirer des roquettes équipées de mines marines dans le détroit d'Ormuz, selon un responsable américain cité par Axios.
Les premiers rapports décrivent l'opération comme une frappe par drone, et des sources locales non confirmées font état de deux morts et deux blessés. Les autorités iraniennes n'ont pas officiellement confirmé ces chiffres, et Téhéran a auparavant restreint la couverture domestique des dégâts causés par les frappes. L'agence de presse iranienne Fars a par ailleurs rapporté qu'une explosion avait été entendue près de l'île de Larak dimanche, sans que la cause ne soit précisée au moment de ce rapport.
Plus tôt dans le week-end, le centre britannique UK Maritime Trade Operations (UKMTO) a signalé un incident à 12 milles nautiques au nord de Khasab, à Oman, dans lequel un pétrolier a été touché par un projectile inconnu lors de son transit entrant dans le détroit d'Ormuz. L'UKMTO continue de recenser des attaques contre la navigation et évalue le risque pour les navires transitant par Ormuz comme sévère.
L'île de Larak se situe dans la portion la plus étroite et la plus militarisée du détroit d'Ormuz, un point de passage stratégique qui, avant la guerre, acheminait environ un cinquième du commerce mondial du pétrole transporté par mer — la voie par laquelle la majorité des exportations de brut du Golfe atteignent les marchés mondiaux. Un responsable américain a par ailleurs déclaré au Jerusalem Post que cette frappe marquait la première action américaine contre l'Iran en plusieurs semaines, une accalmie qui avait coïncidé avec l'intensification de la diplomatie autour de la réouverture du détroit.
Cette voie diplomatique s'est articulée autour d'Oman qui, avec l'Iran, travaillait sur une proposition de route maritime temporaire à travers Ormuz — un effort que le Qatar a publiquement soutenu comme chemin de retour vers des négociations plus larges. Le commandant du Commandement central américain (CENTCOM), l'amiral Brad Cooper, a déclaré la semaine dernière que les forces américaines avaient déminé les voies de navigation internationales du détroit et supervisé le passage d'environ 1 500 navires commerciaux transportant 750 millions de barils de brut depuis le début du blocus, tout en refoulant ou neutralisant les navires tentant de le forcer.
Si elle est confirmée, la frappe de dimanche suggère que les forces iraniennes tentaient de réintroduire des mines marines dans la voie d'eau au moment même où la proposition de route médiatisée par Oman était avancée, un geste qui compliquerait considérablement toute réouverture à court terme.
Toute reprise de frappes américaines directes sur le territoire iranien près du détroit ravive la prime de risque qui soutient les marchés pétroliers depuis le début du conflit en février. Le Brent s'orientait à la baisse vers le milieu des années 80 dans l'espoir que les négociations facilitées par Oman ouvrent un couloir maritime temporaire ; une frappe visant à empêcher un nouveau minage risque donc d'interrompre ou d'inverser cette tendance. Les traders attendront la confirmation de la cible et des chiffres de victimes, ainsi que toute réaction des États du Golfe dont les exportations dépendent de cette voie d'eau. Une tentative vérifiée des forces iraniennes de semer des mines dans le détroit serait en soi haussière pour les prix, indépendamment de la réponse américaine, car elle menace les étroites voies de navigation que les groupes navals passent des mois à tenter de maintenir dégagées. Les coûts de fret et d'assurance pour les pétroliers transitant par Ormuz restent élevés et devraient le rester tant que de tels incidents se poursuivent.
Le conflit, âgé de six mois, a déjà coûté des dizaines de milliards de dollars à l'armée américaine et laissé les volumes de transport à travers Ormuz à une fraction des niveaux d'avant-guerre. Davantage de précisions sur la frappe et sur les intentions de minage de l'Iran devraient déterminer si l'actuelle fenêtre diplomatique fragile restera ouverte.
Source : Axios via InvestingLive