Conflit entre les États-Unis et l’Iran : le cycle du cessez-le-feu repart alors que Trump vante un accord sur Ormuz
Points clés
- •Le premier accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran s’est effondré après trois semaines sans progrès significatif, renvoyant les deux parties vers de nouvelles négociations.
- •Le président Trump a indiqué qu’un accord sur le détroit d’Ormuz était en préparation et que des discussions nucléaires commenceraient prochainement, mais l’Associated Press a rapporté qu’aucun accord formel n’avait encore été conclu.
- •Le trafic quotidien dans le détroit d’Ormuz tourne actuellement autour de 10 à 15 navires, contre plus de 70 en temps de paix, malgré la reprise des transits de méthaniers le 29 juillet.
- •Les deux pays restent en désaccord sur des questions nucléaires essentielles, notamment l’enrichissement, les stocks et les besoins nucléaires civils, des divergences qui durent depuis plus de dix ans.
- •L’Iran conserve un levier stratégique important grâce à son contrôle du détroit d’Ormuz, ce qui alimente une stratégie de temporisation et réduit les incitations à un compromis rapide.

Il y a six semaines, les États-Unis et l’Iran ont signé un accord de cessez-le-feu — décrit par les deux parties comme un protocole d’accord — destiné à ouvrir la voie à des négociations nucléaires. Après trois semaines sans progrès, cet arrangement s’est effondré. À présent, les deux camps se retrouvent à la table des négociations pour tenter de conclure un nouveau cessez-le-feu qui rouvre, une fois encore, la voie à des discussions sur le nucléaire.
Les marchés ont réagi aux dernières informations avec un optimisme mesuré. Les prix du pétrole et les rendements obligataires ont reculé, tandis que les actions américaines ont légèrement progressé. Cette sensibilité des marchés reflète le rôle disproportionné du détroit d’Ormuz dans l’approvisionnement énergétique mondial — environ un cinquième de la consommation quotidienne mondiale de pétrole transite régulièrement par ce passage, ce qui fait de toute perturbation un facteur direct sur les prix du brut et les anticipations d’inflation. La question centrale reste toutefois de savoir si ces développements traduisent un réel progrès ou un nouveau faux départ.
Trump met en avant un accord sur le détroit d’Ormuz
Le président Trump a signalé des avancées sur deux fronts, déclarant : "There's a deal on Hormuz and there will be a deal on denuclearisation." Il a ajouté que les discussions nucléaires avec l’Iran commenceraient "tomorrow afternoon".
Selon l’Associated Press, la proposition de Trump visant à "reopening" le détroit d’Ormuz serait accompagnée de la levée par les États-Unis de leur blocus naval sur l’Iran. La situation ressemble fortement à celle dans laquelle se trouvaient les deux parties il y a deux mois, avec les mêmes enjeux de fond et les mêmes compromis à reprendre.
La source de l’AP a indiqué qu’aucun accord formel n’a encore été conclu, même si les efforts de médiation se poursuivent.
L’activité dans le détroit d’Ormuz reste modérée
Toute "reopening" du détroit ne devrait pas ramener le trafic aux niveaux d’avant-guerre. Les données de suivi maritime montrent une certaine amélioration de l’activité, mais les volumes globaux restent bien inférieurs aux normes historiques. Le 29 July, les transits de méthaniers (LNG) ont repris après une pause de deux semaines. Néanmoins, au cours des derniers jours, le nombre de navires franchissant le détroit n’a atteint en moyenne que 10–15 navires par jour — loin du niveau de plus de 70 transits quotidiens généralement observé en temps de paix. Pour les marchés du GNL, le détroit est tout aussi crucial, car il transporte presque toutes les exportations du Qatar, qui représentent environ 20 % de l’offre mondiale de gaz naturel liquéfié.
Si un accord est trouvé, les négociations devraient suivre la même structure qu’auparavant. Lors du premier cycle, les discussions s’étaient arrêtées au Stage 4/5, et une trajectoire similaire est attendue si le processus actuel suit la même logique.
Les discussions nucléaires se heurtent à des obstacles persistants
Même avec un cessez-le-feu et la reprise du dialogue, la fin du conflit plus large est loin d’être acquise. Les deux camps maintiennent des lignes rouges bien établies sur les questions nucléaires et liées à l’uranium. L’Iran a déjà précisé que les discussions nucléaires devront inclure l’enrichissement, les limites des stocks et ses besoins nucléaires civils (ForexLive). Ce sont des sujets sur lesquels les deux pays n’ont pas réussi à trouver un terrain d’entente depuis plus d’une décennie, depuis les négociations ayant conduit au Plan d’action global conjoint de 2015, dont les États-Unis se sont retirés en 2018 sous la première administration Trump.
Les États-Unis partent du principe qu’une pression suffisante peut amener l’Iran à céder. Les cinq derniers mois ont montré le contraire, et la perspective d’un accord nucléaire global demeure lointaine.
La stratégie de l’Iran, telle qu’observée durant cette période, a consisté à prolonger les négociations par des promesses progressives et non engageantes, en échange d’un allègement supplémentaire des sanctions et d’un dégel de ses avoirs. La question non résolue est de savoir si Trump acceptera un tel scénario ou si les hostilités pourraient reprendre après une longue parenthèse diplomatique.
Le principal levier de l’Iran reste son contrôle du détroit d’Ormuz. Tant que cet avantage stratégique subsiste, Téhéran a peu d’incitation à modifier son approche, et le schéma cyclique de cessez-le-feu, d’impasse et de renégociation est susceptible de perdurer. Pour suivre la suite des événements, les indicateurs à surveiller sont concrets : le nombre quotidien de navires transitant par le détroit, toute formalisation écrite des conditions du cessez-le-feu, et le fait de savoir si les obstacles de négociation au Stage 4/5 seront réellement traités plutôt que reportés une nouvelle fois.