ActualitésMacroLa accalmie du week-end ne parvient pas à desserrer la pression sur le transport maritime dans le détroit d’Ormuz

La accalmie du week-end ne parvient pas à desserrer la pression sur le transport maritime dans le détroit d’Ormuz

Auteur: Splash247·

Points clés

  • Les attaques américaines et iraniennes ont été suspendues pendant le week-end après 13 nuits consécutives de frappes américaines, sans nouvelle attaque signalée.
  • Les transits de pétroliers bruts dans le détroit d’Ormuz se situent en moyenne à environ un navire par jour, pour un trafic commercial total d’environ 12 passages quotidiens.
  • La Lloyd’s Market Association a publié une clause modèle qui interdirait le remboursement des frais de transit et pourrait mettre fin à la couverture si ces frais sont payés.
  • Le CENTCOM a indiqué avoir neutralisé un pétrolier dans le golfe d’Oman, tandis que l’Inde a signalé une attaque contre le transporteur de GPL Disha, battant pavillon du Mozambique, dans les eaux territoriales iraniennes.
  • Les Houthis continuent de menacer le transport maritime lié à l’Arabie saoudite en mer Rouge et ont revendiqué la semaine dernière des attaques contre deux pétroliers saoudiens.
La accalmie du week-end ne parvient pas à desserrer la pression sur le transport maritime dans le détroit d’Ormuz

Le détroit d’Ormuz a enregistré son week-end le plus calme depuis près de deux semaines après la pause des attaques américaines et iraniennes, mais le transport commercial est resté proche de la paralysie et les tensions ont continué de s’étendre vers la mer Rouge.

Le Pentagone a mis fin à sa campagne de bombardements tard vendredi, après 13 nuits consécutives de frappes. Aucune nouvelle attaque américaine ou iranienne n’a été signalée au cours du week-end. L’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies, Mike Waltz, a déclaré que cette pause visait à laisser davantage de place aux discussions diplomatiques.

Cet apaisement ne s’est pas encore traduit par un regain de confiance chez les armateurs, car même de brèves pauses dans les combats n’ont pas rétabli les schémas de transit normaux dans l’un des goulets d’étranglement énergétiques les plus sensibles au monde. La moyenne mobile sur sept jours des transits de pétroliers transportant du brut par Ormuz est désormais d’environ un navire par jour, tandis que le trafic commercial total se situe autour de 12 passages quotidiens.

Parallèlement, les armateurs qui paient des péages ou d’autres frais pour obtenir le passage par le détroit d’Ormuz risquent de perdre leur couverture coque et machine en vertu d’une nouvelle clause modèle publiée par la Lloyd’s Market Association.

La condition LMA5708 Strait of Hormuz Transit Fee Condition stipule que les assureurs ne rembourseront pas les paiements de transit, qu’ils soient financiers ou non financiers.

Lorsque cette clause a été intégrée à une police, la couverture du navire concerné cesse également dès qu’un tel paiement a été effectué.

Cette formulation a été élaborée dans un contexte de craintes selon lesquelles des paiements liés au passage dans les eaux territoriales iraniennes pourraient enfreindre des sanctions ou des lois antiterroristes aux États-Unis, au Royaume-Uni ou dans l’Union européenne.

La LMA a souligné que cette formulation est une clause modèle et non une condition obligatoire applicable à l’ensemble du marché. Les souscripteurs et les assurés restent libres de convenir d’autres conditions.

Le commandement central américain a indiqué que ses forces avaient neutralisé vendredi un pétrolier identifié comme Lavine dans le golfe d’Oman, après que le navire aurait tenté à quatre reprises de franchir le blocus imposé par Washington aux ports iraniens. Les forces américaines ont tiré dans la salle des machines après que l’équipage aurait ignoré des avertissements répétés.

Le même jour, l’ambassade de l’Inde à Téhéran a signalé que le transporteur de GPL battant pavillon du Mozambique Disha avait été attaqué dans les eaux territoriales iraniennes. Les 28 marins indiens à bord ont été confirmés sains et saufs.

TankerTrackers.com a ensuite indiqué que le navire identifié par le CENTCOM comme Lavine était en réalité Disha, qui est sous sanctions américaines et a déjà été accusé de transporter du GPL iranien vers les Houthis.

Les bases de données commerciales répertorient toutefois aussi Lavine comme un VLCC distinct de 279,000 dwt, laissant l’identification officielle non résolue.

Une vidéo diffusée par un syndicat de marins indiens montrait des flammes près de la cheminée du navire et de la zone de la salle des machines, ce qui concorde globalement avec le récit du CENTCOM, même si les images n’établissent pas précisément l’endroit où le navire a été touché.

Le CENTCOM a mené une autre opération le 25 juillet, en arraisonnant le pétrolier de produits Charminar, battant pavillon des Comores, dans la mer d’Arabie avant de le laisser poursuivre sa route. Le navire avait été sanctionné l’an dernier pour des liens présumés avec le réseau maritime Shamkhani et pour le transport de carburant iranien vers le Yémen.

Washington a indiqué que, depuis le rétablissement du blocus, il avait détourné 12 navires commerciaux, en avait immobilisé deux et en avait arraisonné deux afin de vérifier leur conformité.

Alors qu’Ormuz a connu une accalmie temporaire, la mer Rouge est restée tendue. Les Houthis ont déclaré un embargo maritime contre l’Arabie saoudite et menacé les navires liés à l’Arabie saoudite au détroit de Bab el-Mandeb. Le groupe a revendiqué des attaques la semaine dernière contre les pétroliers saoudiens Encelia et Layla.