SK Hynix examine des options stratégiques pour son usine de Chongqing en Chine, valorisée à 3 milliards de dollars, dans un contexte de durcissement des contrôles américains à l’exportation
Points clés
- •SK Hynix consulte des conseillers au sujet de l’éventuelle entrée d’un nouvel investisseur dans son site de Chongqing, valorisé à environ 3 milliards de dollars, mais les discussions restent à un stade préliminaire et aucune transaction n’est garantie.
- •Le département du Commerce des États-Unis a révoqué le statut de validated end-user de SK Hynix, et les nouvelles restrictions entrant en vigueur le 31 décembre 2025 empêcheront l’entreprise de moderniser ses usines chinoises à Chongqing, Wuxi et Dalian.
- •SK Hynix s’est engagée à investir environ 13 milliards de dollars dans une nouvelle usine de packaging avancé à Cheongju, en Corée du Sud, dont la construction débutera en 2026 pour répondre à la demande croissante en puces HBM destinées à Nvidia.
- •Le site de Chongqing a été créé comme un investissement conjoint avec les autorités locales chinoises et réalise l’assemblage final, le packaging et les tests des produits DRAM et NAND, ce qui rend toute restructuration complexe sur les plans financier et diplomatique.
- •L’action SK Hynix a chuté de 4,88% après le rapport de Bloomberg, et l’entreprise n’a pas divulgué les capacités actuelles de l’usine de Chongqing ni le calendrier d’une décision finale.

SK Hynix examine des options stratégiques pour son site de semi-conducteurs à Chongqing, en Chine, valorisé à environ 3 milliards de dollars, alors que le durcissement des contrôles américains à l’exportation accroît la pression sur ses opérations en Chine et modifie l’équilibre concurrentiel des puces mémoire avancées.
Selon un rapport de Bloomberg, SK Hynix (000660) consulte des conseillers au sujet de l’éventuelle entrée d’un nouvel investisseur sur le site de Chongqing. Les parties susceptibles d’être intéressées incluent des fonds chinois et d’autres acteurs du secteur. Les discussions sont décrites comme étant à un stade très préliminaire, et rien ne garantit qu’une transaction aboutira.
L’entreprise n’envisage pas de vendre l’intégralité du site et pourrait conserver une participation minoritaire si une opération venait à se concrétiser.
Le site de Chongqing assure l’assemblage final, le packaging et les tests pour les produits mémoire DRAM et NAND. Il a été établi comme un investissement conjoint avec les autorités locales chinoises, ce qui rend toute restructuration potentielle à la fois complexe sur le plan financier et diplomatique.
Les contrôles américains à l’exportation pèsent sur la décision
Le contexte des réflexions de SK Hynix est celui d’un régime américain de contrôle des exportations de plus en plus restrictif, renforcé progressivement depuis 2022, qui affecte non seulement SK Hynix mais aussi son rival Samsung et de nombreuses autres entreprises de semi-conducteurs ayant des sites de production en Chine. Le département du Commerce des États-Unis a révoqué le statut de validated end-user (VEU), qui permettait auparavant à SK Hynix de moderniser les équipements de ses installations chinoises à Chongqing, Wuxi et Dalian sans devoir obtenir de licences d’exportation individuelles. L’installation de Dalian a été acquise à Intel en 2020 dans le cadre du rachat par SK Hynix, pour 9 milliards de dollars, de l’activité mémoires NAND d’Intel.
Les nouvelles restrictions, qui entreront en vigueur le 31 décembre 2025, empêcheront de fait l’entreprise de moderniser l’une quelconque de ses lignes de production en Chine. Sans possibilité de mise à niveau des équipements, la viabilité à long terme de ces usines pour une production de pointe devient de plus en plus limitée.
Le dispositif VEU avait à l’origine été conçu comme une solution intermédiaire, permettant à des sociétés comme SK Hynix et Samsung d’assurer la maintenance de leurs installations chinoises existantes sans devoir obtenir de licence d’exportation individuelle pour chaque équipement. La révocation de ce statut soumet ces entreprises à un régime d’autorisation plus strict, où les approbations sont plus difficiles à obtenir et moins prévisibles.
Réorientation vers l’investissement domestique
SK Hynix a répondu en accroissant nettement ses investissements en Corée du Sud. L’entreprise s’est engagée à investir environ 13 milliards de dollars dans une nouvelle usine de packaging avancé à Cheongju, en Corée du Sud, dont la construction doit débuter en 2026. Le gouvernement sud-coréen encourage ce type d’investissement domestique au moyen d’incitations fiscales et d’un soutien aux infrastructures, dans le cadre d’une stratégie nationale plus large pour les semi-conducteurs.
L’usine de Cheongju doit répondre à la hausse de la demande en puces de high-bandwidth memory (HBM), le type de mémoire que SK Hynix fournit à Nvidia. Le packaging avancé — le processus réalisé dans des sites comme Chongqing et prévu à Cheongju — est devenu un goulet d’étranglement crucial dans la chaîne d’approvisionnement des puces pour l’IA, car il détermine la manière dont les puces mémoire peuvent être intégrées aux accélérateurs d’IA. SK Hynix est le principal fournisseur mondial de puces HBM, une position qui attire particulièrement l’attention des responsables politiques américains sur son empreinte en Chine.
SK Hynix est entrée en Chine il y a plus de 20 ans avec une usine de wafers à Wuxi. Le site de Chongqing représente une expansion ultérieure vers les activités de traitement en aval.
Réaction du marché
L’action SK Hynix (000660) a reculé de 4,88% à la suite du rapport de Bloomberg sur les discussions concernant le site de Chongqing.
L’entreprise n’a pas communiqué les capacités actuelles de l’usine de Chongqing, ni fourni de calendrier pour une décision finale. La manière dont SK Hynix, Samsung et les autres sociétés concernées géreront l’échéance de décembre 2025 sera suivie de près, afin de déterminer si la chaîne mondiale d’approvisionnement en mémoire peut déplacer sa production hors de Chine sans perturbation significative.