Les démocrates du Sénat formulent de nouvelles objections au projet révisé de CLARITY Act
Points clés
- •Sept sénateurs démocrates s’opposent au CLARITY Act révisé, invoquant des dispositions insuffisantes en matière d’éthique, de protection des consommateurs, de financement illicite, de conflits d’intérêts et d’intégrité des marchés.
- •La proposition sur l’éthique interdirait au président, au vice-président, aux membres du Congrès et aux juges fédéraux d’émettre des actifs numériques sponsorisés contre rémunération jusqu’au 20 janvier 2029.
- •Le projet de loi révisé ajoute une section dédiée à l’application de la loi, qui augmente le financement des enquêtes étatiques et locales sur les cryptomonnaies et crée un centre cyber visant les menaces provenant de la Corée du Nord et de l’Iran.
- •Le texte prévoit que les actifs numériques des clients resteraient leur propriété dans les procédures de faillite, au lieu d’intégrer l’actif d’une société en faillite.
- •Des sections telles que le Blockchain Regulatory Certainty Act, l’amendement Lummis-Grassley, le Keep Your Coins Act et les dispositions sur le rendement des stablecoins restent inchangées par rapport à la version approuvée en mai par la commission bancaire du Sénat.

Les démocrates du Sénat ont formulé de nouvelles objections au CLARITY Act actualisé, estimant que le projet révisé manque toujours de garanties suffisantes en matière d’éthique, de protection des consommateurs et d’application de la loi — des complications susceptibles d’entraver l’obtention des 60 voix nécessaires à son adoption au Sénat. Le CLARITY Act constitue un pilier des efforts du Congrès visant à établir un cadre fédéral de structure de marché pour les actifs numériques, avec pour objectif de clarifier la répartition des compétences réglementaires entre la Securities and Exchange Commission et la Commodity Futures Trading Commission.
Selon la journaliste Eleanor Terrett, des sénateurs républicains ont publié le texte législatif révisé après des réunions d’information avec les parties prenantes. Des sénateurs démocrates ont répondu que plusieurs sections nécessitaient encore des protections renforcées, même si aucune date précise n’a été fournie pour la publication de la dernière version du projet.
Les démocrates ciblent l’éthique et l’application de la loi
D’après les informations rapportées par Terrett, les sénateurs Angela Alsobrooks, Cory Booker, Catherine Cortez Masto, Ruben Gallego, John Hickenlooper, Mark Warner et Raphael Warnock se sont opposés à la proposition actuelle. Les sénateurs ont évoqué des dispositions insuffisantes concernant l’éthique, la protection des consommateurs, le financement illicite, les conflits d’intérêts et l’intégrité des marchés. Ils ont indiqué que les négociations avec les parlementaires républicains se poursuivaient depuis un an, tout en soulignant qu’un travail supplémentaire était nécessaire avant que le texte puisse être présenté en séance plénière du Sénat.
Terrett a également rapporté que le paquet de mesures éthiques actualisé était issu de négociations impliquant la Maison-Blanche, la sénatrice Cynthia Lummis et le sénateur Bernie Moreno. Les démocrates n’ont pas approuvé cette section.
La proposition sur l’éthique interdirait au président, au vice-président, aux membres du Congrès, aux juges fédéraux et à d’autres responsables couverts d’émettre des actifs numériques sponsorisés contre rémunération jusqu’au 20 janvier 2029 — une date correspondant à la fin du prochain mandat présidentiel. Les responsables concernés seraient également tenus soit de céder leurs avoirs en cryptomonnaies, soit de les placer dans des trusts sans droit de regard, soit les deux.
En outre, la proposition confère au Department of Justice un pouvoir d’application civile en cas de violations des règles d’éthique. Toutefois, selon Terrett, les démocrates s’opposent à l’exclusion des procureurs généraux des États du processus d’application.
Le BRCA et les règles sur les stablecoins restent inchangés
Plusieurs sections majeures sont restées inchangées par rapport à la version approuvée en mai par la commission bancaire du Sénat. Le Blockchain Regulatory Certainty Act (BRCA) continue de protéger les développeurs de logiciels non dépositaires et les fournisseurs d’infrastructures blockchain contre une classification comme transmetteurs de fonds.
L’amendement Lummis-Grassley demeure également intact, préservant la responsabilité pénale fédérale des personnes qui facilitent sciemment des transactions illicites. Parallèlement, le Keep Your Coins Act maintient les droits individuels à l’auto-conservation.
Les dispositions relatives au rendement des stablecoins restent elles aussi inchangées. Les entreprises ne peuvent pas verser d’intérêts sur les soldes inactifs de stablecoins de paiement, bien qu’elles puissent proposer des récompenses fondées sur l’activité qui ne fonctionnent pas comme l’équivalent d’intérêts sur des dépôts bancaires.
Extension des mesures d’application de la loi et des protections en cas de faillite
Le projet de loi révisé introduit une section dédiée à l’application de la loi, qui augmente le financement des enquêtes sur les cryptomonnaies menées aux niveaux étatique et local ainsi que des outils d’analyse blockchain. Il met également en place de nouveaux programmes de formation pour les enquêteurs et les procureurs.
Un centre cyber serait créé pour contrer les menaces provenant d’acteurs étatiques, avec une mention explicite de la Corée du Nord et de l’Iran. Le texte établit en outre un groupe de travail public-privé pour lutter contre la fraude liée aux cryptomonnaies. Les émetteurs de stablecoins seraient tenus de se conformer aux ordres légaux portant sur le gel, la saisie, la destruction et la réémission de tokens.
En matière de faillite, le texte prévoit que les actifs numériques des clients resteraient leur propriété, au lieu d’intégrer l’actif d’une société en faillite — une protection répondant aux préoccupations mises en évidence par l’effondrement de grandes plateformes d’échange de cryptomonnaies où les fonds des clients étaient mélangés aux actifs de l’entreprise.