ActualitésCryptoManpreet Kohli, ex-PDG de Saitama, perd son recours contre l'extradition au Royaume-Uni face aux accusations de fraude américaines

Manpreet Kohli, ex-PDG de Saitama, perd son recours contre l'extradition au Royaume-Uni face aux accusations de fraude américaines

Auteur: Crypto Adventure·

Points clés

  • Le juge Samuel Goozee a rejeté le 19 août le recours de M. Kohli contre son extradition et a renvoyé l'affaire aux ministres britanniques ; M. Kohli reste libre sous caution de 200 000 livres sterling et peut faire appel de la décision.
  • Les procureurs américains allèguent que M. Kohli a personnellement gagné environ 20 millions de dollars en vendant secrètement des tokens SAITAMA tout en affirmant aux investisseurs qu'il les conservait, le token ayant atteint une valeur de marché d'environ 7,5 milliards de dollars.
  • L'affaire s'inscrit dans l'opération Token Mirrors du FBI, au cours de laquelle des agents ont créé le token NexFundAI, conduisant à des inculpations contre 18 personnes et entités ainsi qu'à la saisie de plus de 25 millions de dollars en cryptomonnaies.
  • Parallèlement, un juge fédéral de Boston a rejeté la demande de M. Kohli d'annuler l'acte d'accusation, fondée sur l'argument que le SAITAMA n'est légalement pas une valeur mobilière, laissant le dossier pénal intact.
  • Plusieurs prévenus liés à Saitama ont plaidé coupables, mais M. Kohli n'a pas été condamné et continue de contester les accusations américaines.
Manpreet Kohli, ex-PDG de Saitama, perd son recours contre l'extradition au Royaume-Uni face aux accusations de fraude américaines

Manpreet Kohli, ancien PDG de Saitama, a perdu le recours qu'il avait introduit devant la justice britannique contre son extradition vers les États-Unis, ce qui le rapproche d'un procès au pénal fédéral pour prétendue fraude électronique et manipulation de marché liées au token Ethereum qui a autrefois atteint une valorisation de plusieurs milliards de dollars.

Le juge Samuel Goozee a rejeté le recours contre l'extradition le 19 août et a renvoyé l'affaire aux ministres britanniques, qui doivent désormais décider d'approuver ou non la demande américaine (Reuters). M. Kohli, 45 ans, reste libre sous caution de 200 000 livres sterling et conserve le droit de faire appel de cette décision.

L'ancien dirigeant a été arrêté à Londres en octobre 2024 après avoir été inculpé par des procureurs américains aux côtés d'autres figures de Saitama, dans le cadre d'une enquête plus vaste sur des schémas présumés de pump-and-dump et de wash trading sur le marché des cryptomonnaies.

Les procureurs allèguent un profit personnel de 20 millions de dollars

À son apogée, Saitama a atteint une valeur de marché d'environ 7,5 milliards de dollars. Les procureurs allèguent que M. Kohli et d'autres dirigeants ont affirmé aux investisseurs qu'ils détenaient et achetaient des tokens SAITAMA, alors qu'ils vendaient secrètement leurs propres tokens sur le marché.

Les chefs d'accusation fédéraux retenus contre M. Kohli comprennent la fraude électronique, la manipulation de marché et la conspiration en vue de commettre une fraude électronique, une manipulation de marché ainsi que l'exploitation d'une entreprise de transfert de fonds non agréée. Les procureurs allèguent qu'il a personnellement généré environ 20 millions de dollars grâce aux ventes de tokens Saitama.

La direction de Saitama est également accusée d'avoir coordonné de petits achats répartis sur plusieurs portefeuilles afin de donner l'impression d'une demande plus large, avant de rémunérer des teneurs de marché, dont ZM Quant et Gotbit, pour générer un volume de transactions artificiel. Le token était négocié sur des plateformes d'échange, notamment BitMart, LBank et XT.com.

Plusieurs prévenus liés à Saitama ont déjà plaidé coupables pour des infractions liées au schéma présumé. M. Kohli n'a pas été condamné et continue de contester les accusations américaines.

Le FBI a créé son propre token pour cibler le wash trading

L'affaire Saitama s'inscrivait dans l'opération Token Mirrors, une enquête inhabituelle du FBI qui a créé un token Ethereum nommé NexFundAI afin de démasquer les teneurs de marché prêts à manipuler les volumes de transactions.

Ce token créé par le FBI a été proposé à des sociétés dont ZM Quant, CLS Global et MyTrade, des enquêteurs en infiltration recueillant des preuves de prétendus services de wash trading. Les autorités américaines ont initialement inculpé 18 personnes et entités et saisi plus de 25 millions de dollars en cryptomonnaies (DOJ).

L'opération s'est poursuivie en 2026, année où dix autres ressortissants étrangers ont été inculpés pour une prétendue manipulation impliquant Gotbit, Vortex, Antier et Contrarian. CLS Global a ensuite écopé d'une amende de 428 000 dollars après avoir reconnu avoir pratiqué le wash trading de NexFundAI pendant l'opération d'infiltration.

La décision d'extradition revient désormais aux ministres britanniques

Par ailleurs, M. Kohli avait demandé l'annulation de l'acte d'accusation américain, en soutenant que le SAITAMA ne pouvait légalement pas être qualifié de valeur mobilière au regard du droit américain. Un juge fédéral de Boston a rejeté ce recours début août, laissant le dossier pénal intact.

Son recours britannique portait en partie sur la question de savoir si les conditions de détention américaines permettraient de gérer adéquatement sa santé et sa sécurité. Le juge Goozee a estimé que les garanties disponibles pendant le transfèrement et l'emprisonnement étaient suffisantes pour permettre la poursuite de la procédure d'extradition.

L'affaire relève désormais des ministres britanniques, qui doivent statuer sur l'extradition, ce qui illustre comment les dossiers de répression des cryptomonnaies menés par les États-Unis peuvent dépasser le cadre de leurs tribunaux nationaux lorsque les prévenus se trouvent à l'étranger. M. Kohli reste libre sous caution de 200 000 livres sterling et conserve le droit de faire appel de la décision du 19 août.