La Banque de Russie approuve le trading de Bitcoin pour les investisseurs particuliers
Points clés
- •La Banque de Russie a approuvé le trading de Bitcoin et d’autres grandes cryptomonnaies pour les investisseurs particuliers sur des plateformes agréées, avec un plafond annuel de 300,000 roubles ($3,632).
- •Les investisseurs qualifiés ne sont pas soumis aux limites imposées aux particuliers et peuvent accéder à une gamme plus large d’actifs numériques.
- •L’éligibilité des cryptomonnaies est déterminée par la capitalisation boursière, le volume moyen quotidien d’échanges et un historique de prix en devises d’au moins cinq ans.
- •Les cryptomonnaies restent interdites comme moyen de paiement pour les biens et services en Russie, bien qu’une exception autorise leur usage dans les transactions internationales.
- •Des entreprises russes ont utilisé le Bitcoin pour faciliter le commerce transfrontalier et contourner les sanctions occidentales imposées après l’invasion de l’Ukraine en 2022, selon le ministre des Finances.

La Banque de Russie a approuvé le trading de Bitcoin pour les investisseurs particuliers sur les plateformes de cryptomonnaies agréées du pays, selon des informations de l’agence de presse d’État TASS.
S’appuyant sur la chaîne Telegram officielle de la banque centrale, TASS a indiqué que les achats de cryptomonnaies par les particuliers sont plafonnés à 300,000 roubles ($3,632) par an. La réglementation autorise également le trading d’autres grandes cryptomonnaies, y compris le stablecoin USDT de Tether, pour les investisseurs particuliers.
« Selon la loi, la sélection des cryptomonnaies tient compte de leur capitalisation boursière, de leur volume moyen quotidien d’échanges et de leur historique de prix en devises, lequel doit couvrir au moins cinq ans pour chaque actif », a rapporté TASS en citant la chaîne Telegram de la Banque de Russie.
Les investisseurs qualifiés auront accès à une liste plus large d’actifs numériques et ne seront soumis à aucune limite de volume de trading, comme l’a indiqué un rapport publié plus tôt ce mois-ci.
Ce plafond pour les particuliers reflète la prudence de longue date de la banque centrale à l’égard des cryptomonnaies. La Banque de Russie avait proposé en janvier 2022 une interdiction totale du trading et du minage de cryptomonnaies, invoquant des risques pour la stabilité financière. Le nouveau cadre canalise désormais l’activité des particuliers vers des plateformes réglementées dans le cadre d’un régime juridique expérimental, permettant une supervision tout en limitant l’exposition individuelle.
Cette annonce intervient dans un contexte d’efforts accélérés de la Russie pour réglementer son secteur des cryptomonnaies. Le président Vladimir Putin a récemment signé une loi visant à encadrer les monnaies numériques et les droits numériques dans le pays. Les régulateurs russes, les législateurs et la banque centrale travaillent depuis des années à clarifier le statut juridique des actifs numériques.
Putin a déjà évoqué les avantages du Bitcoin et mis en avant les atouts de la Russie en matière de minage de cryptomonnaies.
Cependant, l’utilisation des cryptomonnaies comme moyen de paiement pour des biens et services en Russie reste interdite. Cette interdiction est en vigueur depuis des années, malgré les propos apparemment favorables de Putin à l’égard du Bitcoin.
Les législateurs russes ont prévu une exception pour les paiements internationaux, largement perçue comme un moyen de contourner les sanctions occidentales. Les États-Unis et les gouvernements européens ont coupé l’accès de la Russie au système de paiements international SWIFT à la suite de l’invasion de l’Ukraine en 2022. Depuis lors, des entreprises russes utilisent le Bitcoin pour contourner ces restrictions, selon des déclarations du ministre des Finances du pays, a rapporté Reuters. Cette approche à deux niveaux — autoriser le trading réglementé des investissements au niveau national tout en permettant l’usage des cryptomonnaies pour le règlement transfrontalier — place la Russie aux côtés de juridictions telles que les Émirats arabes unis et Hong Kong dans la mise en place de cadres structurés pour le commerce des actifs numériques sous supervision de l’État.