Plat rôti

Auteur: Bworldonline·

Points clés

  • Le roasting est présenté comme une forme d’hommage qui peut amuser dans certains contextes, mais qui risque souvent d’offenser la personne visée.
  • L’article note qu’un roasting lors d’une remise de prix télévisée a été très mal reçu et a conduit l’une des personnes visées à quitter l’événement.
  • Un format d’entretien avec une légère taquinerie est proposé comme alternative moins ennuyeuse à un discours d’hommage traditionnel.
  • Le texte affirme qu’une plaisanterie bon enfant peut fonctionner lorsqu’elle crée une relation plutôt qu’une humiliation.
  • L’article se termine en soulignant que l’affection sincère demeure l’élément essentiel de tout hommage, avec ou sans paroles.
Plat rôti

On demande parfois de dire « quelques mots » sur une personne honorée lors d’une fête. Le choix d’un ami proche comme intervenant vise à susciter des anecdotes sur la générosité, la gentillesse et, peut-être, l’humour.

Y a-t-il une place pour le roasting comme forme d’hommage dans notre culture susceptible ? La provocation comme forme d’humour est-elle seulement acceptable ? Certains humoristes locaux, dans des émissions de midi, ont tenté cette approche moqueuse avec des candidats dans la partie jeu. D’une manière ou d’une autre, après les réactions du public, ces tyrans verbaux sont obligés de renoncer à ce type de divertissement.

Le roasting qui adopte une approche dépréciative comme un compliment à rebours est plus accepté en Occident. Certains événements de longue tradition aux États-Unis, comme le dîner du Président avec la presse, mettent en scène du roasting pour taquiner le chef. Cela peut devenir une affaire tendue lorsque le sujet est susceptible, sans humour et vindicatif. Il peut même ne pas se présenter à l’événement ou l’annuler avant qu’il ne commence, avec une improbable tentative d’assassinat hors site et probablement mise en scène. (Les enquêtes se poursuivent encore en coulisses.)

Lors d’une soirée internationale de remise de prix de cinéma et de télévision, diffusée à un large public il y a deux ans, le roasting de l’animateur a été très mal accueilli. Le choix de dernière minute de l’animateur a-t-il abouti à une personnalité pas tout à fait autorisée à lancer des piques à des personnalités plus lumineuses ? Le humoriste a donc livré des remarques depuis la scène qui sont tout simplement tombées à plat. Les réactions filmées d’une des personnes visées par le roasting ont montré une expression impassible, puis un départ éventuel de l’événement. (Il faut encore gravir quelques échelons dans la catégorie statut, M. J.)

Quand un collègue d’affaires est invité à prononcer quelques mots d’adieu à un retraité, il peut choisir la voie du roasting. « C’est un homme aux nombreux talents, y compris ceux qu’il prétend avoir. Il peut enseigner le pickleball aux débutants comme un maître. Et pourtant, c’est un jeu qu’il n’a regardé qu’une seule fois. »

Existe-t-il une alternative moins ennuyeuse à un hommage mièvre pour l’anniversaire d’une personne, autre que le roasting ?

Une possibilité consiste à mettre en place un format d’entretien pour l’homme du jour. Un animateur célèbre peut monter sur scène et poser des questions irrévérencieuses auxquelles l’intéressé peut répondre. (Quel est votre endroit préféré pour vous détendre ?)

L’aspect de réplique du tac au tac dans un format d’entretien entretient une joute amicale, comme une conversation entre amis. La taquinerie peut dégonfler l’euphorie d’un vainqueur par une remarque du type : « Est-ce votre premier trophée ? » Le sujet victorieux peut répondre avec grâce : « J’espère que ce sera le premier d’une longue série. » (Et vous ?)

De nombreux duos comiques, comme l’ancien tandem de Dean Martin et Jerry Lewis, exigent que l’un joue le « straight man » et l’autre le « wise guy » avec une réplique spirituelle. Dans l’entretien taquin, il est clair lequel des deux sur scène doit faire rire. Cet échange peut être légèrement scénarisé pour un effet maximal.

Même à une table où un VIP peut être placé parmi des inconnus, comme lors d’un mariage, la politesse veut qu’on ne limite pas les conversations à son voisin de table ou à son conjoint. Peut-être qu’une question générale peut être adressée au VIP qui intimide tout le monde — Monsieur, voulez-vous encore du vin ?

Un entretien peut aussi permettre la participation des invités présents. L’animateur peut demander des questions dans la salle — quelqu’un veut-il poser une question à notre patron ? N’ayez pas peur. Quelqu’un peut s’approcher du micro — Monsieur, quand prenez-vous votre retraite ? (Question suivante, s’il vous plaît.)

Les interviews sont comme des conversations en public. Un bon intervieweur peut faire ressortir le meilleur d’un sujet, du moins en matière d’excuses spirituelles.

Les sujets politiques choisissent un intervieweur amical et non conflictuel. L’échange est censé faire ressortir le meilleur angle possible dans cette photo. Des questions faciles, qui contiennent déjà la réponse, peuvent être posées. L’interviewé est simplement supposé répondre par oui ou non.

La taquinerie dans un dialogue est une manière efficace de mettre en valeur les bons côtés d’un sujet. Un échange bon enfant fait partie d’un bon théâtre. Il peut même être engageant, surtout lorsque le public voit que le but n’est pas l’humiliation, mais une relation facile et un échange plus vivant qu’un discours d’hommage ordinaire.

Quoi qu’il en soit, les hommages à quelqu’un présent dans la salle ou ailleurs sont reçus avec la sincérité qui les accompagne. Même un ami véritablement apprécié ne peut répondre qu’à une affection exprimée sincèrement… même sans mots.

Tony Samson est président-directeur général de TOUCH xda.

[email protected]