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La version révisée du CLARITY Act ajoute un test de contrôle de la DeFi et limite les protections aux marchés au comptant

Auteur: Coindoo·

Points clés

  • Un protocole DeFi pourrait être considéré comme non décentralisé si des personnes identifiables peuvent modifier substantiellement son fonctionnement, contourner un code transparent et prédéterminé ou en restreindre l’accès.
  • La satisfaction du test de contrôle ne déclencherait pas automatiquement un enregistrement ; les autorités devraient d’abord déterminer les obligations applicables en fonction des activités du contrôleur.
  • La protection révisée de la DeFi couvre les activités au comptant et les transactions en espèces, mais pas les produits dérivés tels que les contrats événementiels utilisés sur les marchés prédictifs.
  • Les conseils de sécurité ne bénéficient d’une protection que pour des pouvoirs d’urgence temporaires, rendus publics et conçus pour empêcher tout contrôle unilatéral.
  • Le vote de procédure du Sénat prévu le 15 septembre nécessite 60 voix et ne ferait que lancer le processus législatif, sans adopter le projet de loi.
La version révisée du CLARITY Act ajoute un test de contrôle de la DeFi et limite les protections aux marchés au comptant

La version révisée du CLARITY Act conserve la structure de marché établie dans le projet de juillet, mais réécrit substantiellement la Section 20209, qui concerne les développeurs de logiciels et la finance décentralisée (DeFi). Les changements visent à distinguer les logiciels autonomes et les activités véritablement décentralisées des plateformes qui se présentent comme décentralisées alors que des personnes identifiables en conservent le contrôle opérationnel.

Le projet de loi protégerait le développement de code et les activités décentralisées admissibles, tout en permettant aux autorités de régulation d’appliquer les exigences existantes aux personnes qui contrôlent des fonctions financières. Les principaux changements comprennent un test explicite de contrôle de la DeFi administré par la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), un enregistrement fondé sur les activités exercées et une protection plus étroite de la DeFi, limitée aux espèces sur matières premières numériques et aux marchés au comptant. La révision crée également une exception limitée pour les conseils de sécurité, tout en laissant sans réponse le différend plus large concernant les marchés prédictifs.

Lummis présente la révision comme un compromis

La sénatrice Cynthia Lummis a déclaré que le texte révisé reflétait les négociations menées en août et contenait « plus de 100 changements demandés par les démocrates ». Dans une annonce, elle a indiqué que le projet précisait à quel moment les « protocoles DeFi décentralisés uniquement de nom » devraient s’enregistrer auprès de la CFTC et limitait les dispositions relatives à la DeFi aux transactions au comptant et aux espèces, en réponse aux préoccupations des peuples autochtones américains concernant les marchés prédictifs.

“This updated Clarity Act text reflects bipartisan hard work over August—specifying when “decentralized-in-name-only DeFi protocols” must register with the CFTC and limiting the DeFi provisions to spot and cash transactions, in response to Native American concerns about prediction…” — Senator Cynthia Lummis (@SenLummis), September 10, 2026

X post: https://x.com/SenLummis/status/2098124286871433416?ref_src=twsrc%5Etfw

La sénatrice a également mis en avant le traitement révisé des protocoles DeFi contrôlés et la décision de limiter les protections de la DeFi aux transactions en espèces et au comptant. Toutefois, les changements demandés ne signifient pas nécessairement que les démocrates soutiendront le texte. Le vote du 15 septembre montrera si les révisions ont obtenu suffisamment de voix pour entamer le débat.

Quatre changements substantiels par rapport au projet de juillet

Un nouveau test pour déterminer quand un protocole DeFi est contrôlé

Le projet de juillet comprenait déjà un test de contrôle dans les dispositions relatives aux valeurs mobilières et aux exigences du Bank Secrecy Act. La version révisée ajoute un cadre correspondant à la section du Commodity Exchange Act administrée par la CFTC.

Selon le nouveau texte, un protocole peut être classé comme « non décentralisé » s’il remplit au moins une de trois conditions. Une personne ou un groupe coordonné peut disposer du pouvoir de modifier substantiellement le fonctionnement du protocole ou ses règles de consensus ; le système peut ne pas fonctionner uniquement au moyen d’un code onchain prédéterminé et transparent ; ou quelqu’un peut être en mesure d’en restreindre, censurer ou interdire l’utilisation.

Ce test s’intéresse au pouvoir d’action plutôt qu’à l’image de marque. Le fait de qualifier une plateforme de décentralisée ne déterminerait pas son traitement juridique si une entreprise, une fondation ou un groupe coordonné pouvait encore modifier son fonctionnement ou empêcher les utilisateurs d’y accéder.

Le contrôle n’entraînerait pas automatiquement un enregistrement

Le fait de satisfaire au test de contrôle n’imposerait pas, à lui seul, un enregistrement. La CFTC, en consultation avec la Securities and Exchange Commission et le Treasury Department, devrait d’abord mener une procédure réglementaire publique afin de déterminer quelles obligations s’appliquent en fonction des fonctions exercées par la partie contrôlante.

Le projet cite notamment le courtage, les opérations pour compte propre ou pour compte de tiers, l’exécution des transactions, la compensation et la conservation. Une personne exerçant l’une de ces fonctions pourrait être réglementée de la même manière qu’un intermédiaire de marché comparable. Le Treasury préciserait séparément comment les exigences existantes du Bank Secrecy Act et de lutte contre le blanchiment d’argent s’appliquent lorsqu’une partie contrôlante devient soumise à l’enregistrement.

Le projet de loi ne présume pas que chaque développeur, participant à la gouvernance ou opérateur de protocole est soumis à ces règles. Il précise également que le code logiciel et les systèmes de registre distribué ne peuvent pas être tenus de s’enregistrer en leur propre qualité. Les autorités évalueraient le comportement des personnes contrôlant les activités réglementées, et non l’existence du code sous-jacent.

Les protections de la DeFi ne couvriraient que les marchés au comptant

Le rétrécissement le plus évident concerne la protection accordée aux activités liées à la DeFi. La version de juillet employait une formulation plus large du Commodity Exchange Act, même si les mesures d’application contre la fraude, la manipulation et les fausses déclarations restaient possibles.

Le projet révisé distingue le développement général de logiciels des activités impliquant un protocole de négociation DeFi. La protection accordée à la maintenance d’un protocole, à l’exploitation d’un pool de liquidité ou à la fourniture d’une interface ne s’appliquerait qu’aux règles relatives aux espèces sur matières premières numériques et aux marchés au comptant. Elle ne s’étendrait pas à l’ensemble du Commodity Exchange Act.

Cette distinction est importante pour les marchés prédictifs, car les contrats événementiels relèvent du cadre des produits dérivés et non de celui des marchés au comptant. Une plateforme DeFi de prédiction ne pourrait pas s’appuyer sur la protection accordée par la Section 20209 aux marchés au comptant pour éviter les règles régissant les contrats événementiels.

Le différend concernant les marchés prédictifs ne serait que partiellement réglé

En juillet, 12 sénateurs démocrates ont exprimé des préoccupations concernant des marchés prédictifs ressemblant à des paris sportifs ou à des jeux de casino. Ils ont soutenu que de larges protections fédérales pourraient permettre à ces plateformes de contourner la réglementation des États, les droits des tribus en matière de jeux et l’Indian Gaming Regulatory Act. Les préoccupations des sénateurs sont détaillées dans une lettre disponible à l’adresse

Limiter la disposition relative à la DeFi aux marchés au comptant répond à la possibilité précise qu’une plateforme de prédiction utilise une exemption DeFi pour éviter la surveillance des produits dérivés. Cela ne règle pas le différend juridictionnel plus large.

Le projet révisé n’inclut pas la clause de sauvegarde explicite de l’Indian Gaming Regulatory Act demandée par les sénateurs. Il n’impose pas non plus l’interdiction proposée visant les plateformes enregistrées auprès de la CFTC qui coteraient des contrats ressemblant à des paris sportifs. Le changement ferme une voie potentielle pour la DeFi sans résoudre toutes les préoccupations soulevées dans la lettre de juillet.

Les conseils de sécurité bénéficient d’une exception limitée

Le texte révisé explique dans quelles circonstances la participation à un conseil de sécurité ne suffirait pas, à elle seule, à établir le contrôle d’un protocole. L’exception s’applique aux pouvoirs d’urgence prédéterminés et temporaires utilisés en réponse à un incident de cybersécurité documenté ou à une menace imminente.

Ces pouvoirs doivent fonctionner au moyen de règles d’autorisation onchain rendues publiques, rester limités dans leur portée et leur durée, et empêcher toute personne d’exercer un contrôle unilatéral. Ils ne peuvent pas être utilisés pour des mises à niveau sans rapport avec l’urgence, des décisions de gouvernance ou des changements économiques.

Un conseil disposant d’une autorité plus large ou permanente pourrait donc toujours contribuer à conclure que le protocole est contrôlé.

La préemption fédérale n’éliminerait pas tous les pouvoirs des États

Le projet accorde à la CFTC une compétence exclusive sur les intermédiaires enregistrés de matières premières numériques pour les activités couvertes par le droit fédéral. Il préserve néanmoins certains domaines définis de contrôle par les États et les collectivités locales.

Les États pourraient poursuivre les parties enregistrées pour fraude, tromperie, manipulation et violations du Commodity Exchange Act. Ils pourraient également appliquer aux parties non enregistrées les lois d’application générale relatives à la protection des consommateurs, aux activités bancaires, aux paiements, aux biens, aux contrats et au droit pénal.

Certaines activités logicielles et DeFi protégées seraient à l’abri des lois des États relatives aux valeurs mobilières, aux matières premières et aux actifs numériques. Les pouvoirs des États en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, la fraude et la manipulation resteraient disponibles.

La structure générale du marché reste intacte

La révision ne remplace pas le cadre plus large négocié dans le projet de juillet. Le projet de loi continuerait de répartir la supervision entre la SEC et la CFTC, d’établir des catégories fédérales d’enregistrement pour les plateformes d’échange et les courtiers de matières premières numériques, et de fixer des règles en matière de conservation, d’information et de protection des clients.

Le nouveau texte se concentre sur la manière dont ce cadre s’applique aux projets DeFi ayant des contrôleurs identifiables. Il ne crée pas de système d’enregistrement distinct pour les blockchains ou les développeurs de logiciels. Le texte révisé du projet de loi est disponible à l’adresse

Le vote du 15 septembre constituera un test procédural

Le Sénat devrait tenir un vote de procédure le 15 septembre. Soixante voix sont nécessaires pour faire avancer le projet de loi, ce qui signifie que les républicains ont besoin du soutien des démocrates avant même que les sénateurs n’examinent les amendements ou l’adoption finale.

L’affirmation de Lummis selon laquelle le nouveau projet intègre plus de 100 demandes démocrates indique les domaines dans lesquels les négociateurs ont recherché un compromis, mais elle ne permet pas d’établir combien de sénateurs soutiendront la motion.

Même un vote de procédure réussi ne transformerait pas le projet en loi. Le Sénat devrait encore débattre du texte et l’adopter, tandis que la Chambre des représentants devrait approuver les modifications du Sénat ou rapprocher les deux versions.

La révision fournit aux sénateurs un texte plus précis sur la DeFi contrôlée, les marchés prédictifs et la responsabilité réglementaire. Le vote du 15 septembre déterminera si ces concessions suffiront à réunir les 60 voix nécessaires pour entamer le débat.

Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique ou financier.