Le rugby de Premiership a besoin d'un draft — mais pas pour ses meilleurs joueurs
Points clés
- •Le retour du rugby en Premiership a semblé sous-médiatisé après un été calme dans l'hémisphère nord, et un système de draft pourrait créer un buzz hors saison pour les supporters.
- •Les règles actuelles de formation donnent aux clubs de Premiership des zones de recrutement pour les jeunes talents, mais cette protection tombe si le joueur rejoint une université sans club affilié.
- •L'instabilité financière récente, marquée par les départs de Worcester Warriors, Wasps et London Irish de la Premiership, rend les plans de secours et les secondes filières plus importants pour les jeunes joueurs.
- •Le draft proposé reprendrait le format de la NFL, en vigueur depuis 1936, où l'équipe la moins bien classée choisit en premier, donnant au dernier club de Premiership le premier choix parmi les diplômés universitaires.
- •Le parcours d'Alex Dombrandt, de l'université de Cardiff Metropolitan aux Harlequins puis à l'équipe d'Angleterre, démontre que le rugby universitaire peut déjà former des joueurs de haut niveau.

Le rugby domestique de haut niveau fait son retour ce week-end avec la Prem Rugby Cup — l'ancienne compétition anglo-galloise, britannique et irlandaise, puis inter-Prem/Championship, devenue une sorte de championnat sans enjeu. Mais c'est un débat pour un autre jour.
Le retour du rugby en Angleterre semble sous-médiatisé. Nous avons eu un été entier de rugby international dans l'hémisphère sud — qui se poursuit avec la série de l'Afrique du Sud contre la Nouvelle-Zélande — mais dans l'hémisphère nord, il a régné un calme extrême.
Comment générer du bruit depuis le siège de la Prem Rugby à Victoria ? En instaurant un système de draft. Cela créerait un buzz au cœur de l'été et donnerait aux supporters quelque chose à attendre entre la fin d'une saison et le début de la suivante. Le rugby à XV n'a presque aucune tradition de drafts — ils sont familiers surtout dans le sport américain et dans le Hundred de cricket — de sorte qu'une version en Premiership serait une véritable nouveauté pour le jeu anglais.
Mais il ne faudrait pas s'inspirer du Hundred, où les meilleurs joueurs sont mis en balance, ni du système américain, où des contrats faramineux sont signés avec de jeunes joueurs évoluant à un niveau jeunes que le rugby ne pourrait même pas imaginer.
Une leçon personnelle sur le problème des filières
J'ai complètement raté mes A-Levels et, pour faire court, j'ai dû quitter une structure de formation des Harlequins pour rejoindre l'université de Durham — qui a vu du potentiel dans mon rugby malgré mes notes — afin d'avoir un plan B au cas où ma carrière serait écourtée.
Des centaines de jeunes joueurs de rugby se retrouveront dans la même situation ou dans une situation similaire. Un draft pour les joueurs universitaires en fin de parcours — peut-être pas tout à fait assez forts pour s'imposer sur la scène comme Henry Pollock l'a fait à 18 ans — leur permettant de revenir dans l'élite du jeu pourrait être la solution.
Les règles actuelles de formation attribuent à chaque club majeur une zone de recrutement pour les talents, mais celle-ci prend fin si les joueurs partent à l'université sans être inscrits dans un club lié à la Premiership — comme Bedford Blues et Northampton Saints, ou Hartpury College et Gloucester. La question prend un poids supplémentaire compte tenu de l'instabilité financière du jeu professionnel ces dernières années — avec des clubs comme Worcester Warriors, Wasps et London Irish quittant la Premiership — ce qui rend les plans de secours et les secondes filières plus importants que jamais pour les jeunes joueurs.
Un draft est-il une idée saugrenue ?
Un draft pour les diplômés permettrait à ceux qui partent à l'université d'investir dans leur éducation, de contribuer au très impressionnant programme universitaire Bucs — qui a fait naître d'innombrables stars du rugby, dont Alun Wyn Jones (Swansea) et Alex Dombrandt (Cardiff Metropolitan) — tout en gardant une chance de faire une carrière complète plus tard. Le parcours de Dombrandt, de Cardiff Metropolitan aux Harlequins puis à l'équipe d'Angleterre, est la preuve la plus évidente que le rugby universitaire peut déjà produire des joueurs de haut niveau lorsque les clubs y prêtent attention.
Le fonctionnement serait simple : l'équipe la moins bien classée de la saison précédente de Premiership obtiendrait le premier choix, et la sélection remonterait ensuite le classement. Ce principe — les moins bonnes équipes choisissant en premier — est directement emprunté à la draft de la NFL, qui utilise ce format depuis 1936 pour répartir les nouveaux talents dans la ligue. Il s'agirait de joueurs affamés de retour dans le sport de haut niveau, et de choix pour lesquels les clubs auraient dû recruter des scouts et trouver de la place.
La réalité, c'est que la Championship se sent mise à l'écart, et sans une meilleure coopération entre cette ligue et celle qui la surplombe, il est difficile de voir comment les joueurs pourraient être repérés en masse et testés au plus haut niveau.
Un draft dans le rugby à XV — et en Premiership en particulier — serait une évolution bienvenue, mais il devrait s'appuyer sur une partie du paysage rugbystique qui n'est pas déjà diluée. Les étudiants universitaires en sont l'exemple parfait, et le jeu devrait trouver un moyen de garantir que les talents ne soient pas perdus par ignorance ou par manque d'effort.
L'ancien capitaine de l'équipe d'Angleterre de rugby à sept Ollie Phillips est le fondateur d'Optimist Performance. Suivez Ollie @OlliePhillips11