Le pétrole progresse pour la quatrième séance consécutive alors que le différend sur le détroit d’Ormuz se poursuit
Points clés
- •Le Brent a progressé à environ 91 dollars le baril et le West Texas Intermediate à environ 85 dollars en début de séance mercredi.
- •Le président Trump a déclaré qu’aucun pourparler n’était en cours avec l’Iran et a affirmé que le détroit d’Ormuz restait ouvert, tandis que l’Iran a dit que la voie navigable était fermée au trafic maritime.
- •Le cessez-le-feu temporaire entre les deux pays a expiré lundi, et aucune nouvelle frappe n’a été signalée mardi.
- •L’Irak a approuvé un mécanisme de trois mois à compter du 1er septembre pour exporter du brut via des sociétés spécialisées utilisant plusieurs points de sortie.
- •Reuters a rapporté que deux grands armateurs chinois ont cessé d’envoyer des pétroliers par le détroit d’Ormuz et Bab al-Mandeb et chargent désormais des cargaisons en dehors du Golfe.

Le pétrole a progressé pour une quatrième séance consécutive, Washington et Téhéran continuant de publier des déclarations contradictoires sur le fait de savoir si le détroit d’Ormuz reste ouvert à la navigation.
Le Brent a légèrement monté pour atteindre environ 91 dollars le baril en début de معاملات asiatiques mercredi, tandis que le West Texas Intermediate américain a grimpé à environ 85 dollars. Les deux contrats s’inscrivaient dans le prolongement de la clôture de mardi, lorsqu’ils avaient terminé à leurs plus hauts niveaux depuis le 24 juillet, alors que les espoirs d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran continuaient de s’affaiblir.
Le président Trump a déclaré mardi qu’aucun pourparler n’était en cours avec l’Iran et a réaffirmé que le détroit d’Ormuz reste ouvert, contredisant directement l’affirmation de Téhéran selon laquelle cette voie navigable est fermée au trafic maritime. Ce différend laisse les opérateurs sans vision claire de l’état opérationnel du détroit, ce qui contribue à maintenir une prime de risque dans les prix au cours des dernières séances. Les enjeux sont particulièrement élevés car Ormuz est le principal point de passage pétrolier au monde : environ un cinquième des liquides pétroliers consommés dans le monde y transite chaque jour, et en l’absence de route maritime de contournement, les seules alternatives pour acheminer le brut du Golfe sont quelques oléoducs terrestres, principalement la ligne Est-Ouest de l’Arabie saoudite et le lien des Émirats arabes unis vers le port de Fujairah.
Un accord de cessez-le-feu temporaire entre les deux pays a expiré lundi. Un haut responsable iranien a déclaré à Reuters que l’Iran adoptait une posture plus ferme dans le contexte de l’impasse diplomatique, bien qu’aucune nouvelle frappe de part et d’autre n’ait été signalée mardi.
L’absence de nouvelles attaques n’a pas suffi à apaiser les inquiétudes du marché, car l’incertitude concernant le statut réel du transit par le détroit reste sans réponse. Les acteurs du marché physique ajustent de plus en plus leurs routes maritimes pour contourner ce risque plutôt que d’attendre des éclaircissements. Au-delà des déclarations officielles contradictoires de Washington et de Téhéran, les opérateurs surveillent les taux de fret, les coûts d’assurance et les données de transit des pétroliers pour détecter tout signe de l’impact de cette confrontation sur les flux réels.
Le cabinet irakien a approuvé un nouveau mécanisme autorisant les exportations de brut via des sociétés internationales et locales spécialisées, par l’intermédiaire de multiples points de sortie, avec des contrats d’une durée de trois mois à compter du 1er septembre. Cette mesure vise en partie à réduire l’exposition de l’Irak au détroit d’Ormuz, compte tenu de la forte dépendance du pays aux terminaux d’exportation du sud du Golfe. Contrairement à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, l’Irak ne dispose pas d’un oléoduc terrestre de contournement significatif, ce qui rend ses exportations de brut presque entièrement dépendantes de terminaux expédiant via le détroit.
Par ailleurs, Reuters a indiqué que deux grands armateurs chinois ont cessé d’envoyer des pétroliers à la fois par le détroit d’Ormuz et par le détroit de Bab al-Mandeb dans le contexte du conflit, selon des responsables du secteur, des sociétés de suivi des pétroliers et un courtier maritime. Ils récupèrent désormais leurs cargaisons depuis des sites situés en dehors du Golfe. Bab al-Mandeb, l’étroit passage reliant la mer Rouge au golfe d’Aden, constitue un deuxième point de passage majeur pour le pétrole et le transport commercial, et a été la cible d’attaques répétées depuis la fin de 2023.
Pris ensemble, ces mouvements suggèrent qu’une partie du marché pétrolier physique commence à s’adapter structurellement au risque maritime plutôt qu’à considérer cette perturbation comme un événement de courte durée susceptible de se résorber rapidement.